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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:41

Vu sur : composer-sa-musique.fr

Il est vrai qu’il est courant de critiquer et de qualifier de médiocre la musique de David Guetta et Lady Gaga. Mais de là à dire qu’ils tuent la musique ! N’est ce pas à un peu exagéré ? A vous de le découvrir dans la suite de l’article !


Avertissement : Avant d’émettre une quelconque critique ou un quelconque jugement, je vous invite tout d’abord à lire l’intégralité de ce billet (un peu long je vous l’accorde ) au titre volontairement polémique.


Serais-je devenu fou pour m’attaquer au DJ le plus populaire de la planète et à la « diva de la pop » ayant vendu plus de 103 millions de disques à travers le monde ? (Je vais m’en faire des amis tiens ). N’est-ce pas paradoxal pour un site traitant de composition musicale que de critiquer ce qui se fait de mieux en termes de ventes dans l’industrie musicale actuelle ? Car après tout, si ça se vend si bien, c’est que ça ne doit pas être si mauvais non ? Et puis franchement, tous les goûts sont dans la nature pas vrai ? Alors qui suis-je pour prétendre que telle musique est bonne et que telle autre ne l’est pas ? C’est clair qu’il est possible que je n’apprécie pas ces artistes à titre personnel, mais de là à dire qu’ils tuent la musique et d’en faire un article c’est franchement exagéré non ?


Eh bien je dirai que non. Bien entendu, je comprends que certaines personnes puissent apprécier leurs titres. Et bien sûr, je sais pertinemment que la perception de la musique est quelque chose de totalement subjectif, et qu’il m’est à ce titre difficile d’émettre une critique envers un genre musical particulier. Mais au-delà de leur musique, il existe quelque chose de profondément dérangeant chez ce genre « d’artistes » dont j’aimerais vous parler.


L’avènement d’une musique-marketing


Afin d’éviter toutes confusions, j’aimerais tout d’abord définir le sujet de ma critique et le courant musical que je pointe à travers cet article. Que ce soit clair : je n’ai rien contre Lady Gaga et David Guetta en particulier (ce billet aurait très bien pu s’appeler « Pourquoi LMFAO ou Pitbull tuent la musique »), mais si j’ai choisi ces deux-là pour le titre de l’article, c’est parce qu’ils représentent parfaitement une dérive que je hais au plus haut point : celle de la musique marketing.


La musique marketing, c’est le fait de faire de la musique dans l’unique but d’engendrer un profit. Autrement dit, faire de la musique marketing, c’est considérer que la musique n’est pas une fin en soi, mais un moyen permettant d’atteindre un autre but : celui de faire de l’argent.


Il est important de ne pas confondre ce concept avec celui de musique commerciale : la musique commerciale étant pour moi une musique populaire passant régulièrement à la radio. Même si la musique commerciale peut être musique marketing, ce n’est pas systématiquement le cas. Il existe en effet des chansons ayant connu leur succès, passant régulièrement sur les ondes, mais créées dans un but purement artistique.


Et attention aux autres amalgames: je ne dis pas non plus que le marketing est une mauvaise chose pour la musique (c’est même essentiel), ni que les artistes ne devraient pas faire d’argent grâce à leur musique (encore heureux ), non, tout ce que je dis, c’est que la création d’une musique dont le but premier est le profit (ce que font clairement Lady Gaga et David Guetta) peut avoir des conséquences désastreuses sur la musique en général. Et je vais vous montrer pourquoi dans la suite de cet article.


4 accords pour une chanson


Outre le fait de reléguer la musique au simple rang d’outil et donc de dénaturer sa véritable nature (celle d’être un art), la musique marketing est une aberration par définition. En effet, si le but et la raison d’être de la musique marketing est de générer le plus grand profit, alors elle se doit de toucher le plus de monde possible. Plus l’entreprise à de clients, et plus elle génèrera de bénéfices, logique. Or, si on continue notre petit parallèle avec l’économie : quel est le moyen le plus sûr de toucher le plus grand nombre de prospects ? Facile : proposer un produit qui plait et qui correspond à tous types de publics. Et selon vous, quel genre de produits s’adapte le plus à la masse ? Bingo, vous l’avez mis dans le mille : les produits basiques.


La musique marketing est donc taillée pour plaire aux masses, et si cette dernière est si lisse, répétitive, et sans intérêt, ce n’est pas par défaut mais par choix : statistiquement elle aura ainsi plus de chance d’être appréciée par un nombre important d’individus, et donc de générer d’avantage de profits.


C’est pourquoi les producteurs n’hésitent pas à utiliser sans scrupules et de façon incessante la même recette pour générer des « tubes » à la chaine. Vous vous souvenez de mon article consacré aux 4 accords magiques ? C’est exactement ce dont il s’agit. Il n’existe aucun élan de création artistique dans ce genre de musique. Une matrice efficace a été trouvée, et il suffit simplement de l’appliquer pour que l’affaire soit pliée. Vous ne me croyez pas ? Alors je vous invite à regarder cette excellente vidéo de PV Nova qui prouve que 45 des 60 meilleurs chansons club de ces deux dernières années ont été composées à l’aide des 4 mêmes accords : Fa, Sol, Lam et Do. Ce qui veut dire que 75% des chansons que l’on vous propose aux hits parades possèdent strictement la même structure. Sérieux, vous ne trouvez pas qu’on se moque un peu de vous ?






Alors oui, bien sûr il n’est pas donné à tout le monde de faire des tubes. Ces chansons possèdent d’ailleurs un travail de production formidable, mais si on regarde l’aspect composition dans son sens le plus pur, toutes ces musiques sont d’une pauvreté incroyable.


Un DJ qui mixe sans les mains, une chanteuse qui vend son image plus que sa musique


En creusant un peu, on se rend compte que Lady Gaga et David Guetta (pour ne citer qu’eux), sont vraiment forts pour faire entrer leur musique dans une dimension purement économique, et pour accentuer le processus d’industrialisation musicale. Même s’ils utilisent des stratégies bien distinctes, ces deux « artistes » ont chacun mis en place des techniques dignes des plus grands chefs d’entreprises pour faire tourner leur business.


Pour le premier, son cas devrait être un modèle pour toutes les grandes écoles de commerces qui se respectent. En effet, les chansons connues dans le monde entier et signées « David Guetta » sont dans la grande majorité des cas composées par les autres. Devinette : Qui a composé la grande majorité des titres de David Guetta sur ces trois premiers albums ? David Guetta ? Perdu ! C’est Joachim Garraud ! Pas mal non ? Un mec qui se fait aduler et payer des millions d’euros pour des titres qui ne sont pas les siens… Sur ce point-là, je tire mon chapeau. Autant en tant que musicien, je trouve qu’il ne vaut pas grand-chose, mais en tant que businessman, c’est un très grand monsieur. Big-up David


Dans l’économie, c’est ce qu’on appelle l’externalisation : l’entreprise délègue à des prestataires extérieurs des tâches qui ne relèvent pas de son cœur de métier. David Guetta lui, n’est donc que le producteur, autrement dit l’investisseur : il apporte les fonds permettant de financer le projet musical. Mais puisqu’il finance l’opération, les droits de la chanson lui appartiennent, ce qui lui permet de poser légitiment son nom (euh, sa marque pardon) dessus. Vous comprenez donc maintenant pourquoi chaque fois que quelqu’un me soutient que « David Guetta fait de la bonne musique », ça me fait doucement sourire.


Pour Lady Gaga, c’est un peu différent. Je reconnais que la miss joue du piano, et qu’elle participe à la composition de ces titres. Cependant, tout comme notre ami David, la Lady possède la fâcheuse tendance de faire entrer sa musique dans une logique d’efficacité économique. Et son arme à elle, c’est le marketing et la communication. Tout est bon pour faire parler de soi, et à posteriori seulement, de sa musique. Je ne critique pas cette stratégie, elle est même très efficace. Ce que je trouve dommage, c’est que son cas prouve qu’il est parfaitement possible qu’un musicien accède aujourd’hui à une notoriété durable par l’intermédiaire d’autre chose que de sa musique. Certains parleront de génie artistique et de création d’univers, moi je parle plutôt d’artifices et de provocations incessantes dans le but de masquer des compositions creuses. Je ne remets pas en cause le fait de créer un univers : David Bowie, Kiss, Klaus Nomi l’ont d’ailleurs fait à merveille. Mais eux au moins, ils avaient aussi la musique. Et surtout, ils n’étaient pas obligés d’aller dans la surenchère pour pouvoir exister au fil du temps.


Cette stratégie du marketing de choc et de la provocation est très répandue dans le monde économique. Elle est notamment utilisée avec succès par Michael O’Leary, le PDG de Ryanair.



Avez-vous le choix de ce que vous écoutez ?


Vous allez seulement me dire que j’exagère, que je tire des conclusions hâtives et qu’au final Lady Gaga, David Guetta et tous les artistes de ce genre ne font de mal à personne. Certes ils font de la musique pour s’enrichir mais après tout, ça les regarde non ? Ok, ce sont des businessmans plus que des musiciens, mais ensuite ? Quel mal y’a-t-il à cela ?


J’aurai surement partagé ce point de vu si le matraquage médiatique de leurs chansons n’était pas si important. Je comprends parfaitement qu’un artiste ait à communiquer pour attirer vers lui de nouveaux auditeurs, mais entre communiquer pour faire connaître un produit, et communiquer pour l’imposer, il y a une énorme différence. Chaînes musicales, radio, presse, Top 50, ce sont toujours les mêmes chansons qui y sont représentées. Comment pouvez-vous me faire croire que j’ai la liberté d’écouter ce que je souhaite si 75% des musiques diffusées dans les lieux publiques et dans les médias de masses sont les mêmes ?


Et c’est ça qui me dérange et que je trouve destructeur : leur musique est tellement diffusée, que les gens finissent par l’accepter, et surtout, finissent par accepter qu’une musique aussi pauvre puisse devenir la norme musicale. Pourquoi croyez-vous qu’il y ait autant de chansons pourries années après années ? Si Sofiane à bien réussi à faire un hit avec Nabila, pourquoi les autres iraient se fouler à créer de la musique recherchée ?


Pour que vous vous rendiez bien compte de la puissance et de la raison d’être de ce matraquage médiatique, je vous invite à imaginer la situation suivante :


Imaginez un monde où les médias ne feraient l’éloge que d’une seule et unique marque de pâtes. Imaginez ensuite que ces pâtes soient présentes en immense majorité dans votre magasin. Vers quelle marque de pâtes vous dirigeriez vous spontanément une fois en magasin ? Vers les pâtes inconnues du fond du rayon ? Ou plutôt vers les pâtes constamment présentées à la télé et magnifiquement exposées en têtes de gondoles ? En analysant à postériori cette situation, pensez-vous réellement que vous avez été libre de choisir la marque de pâtes de votre choix ? Bien sûr, fondamentalement vous avez toujours le choix de choisir la marque que vous voulez, mais pensez-vous sincèrement que les chances de choisir la marque de votre choix soient égales au départ? (Et si vous rajoutez à cela le fait que le goût de ces pâtes ait été étudié pour s’adapter au plus grand nombre, vous comprendrez alors la raison du succès de ces pâtes et donc de la musique marketing en général).






Et c’est là l’autre danger de la musique-marketing : elle rétrécie nos choix et nos perspectives musicales en nous imposant un type de musique unique. De plus, cette pratique a pour autre conséquence d’occulter les artistes méritant réellement de figurer en haut des charts. Trouvez-vous normal de devoir fouiller des heures sur internet pour trouver de la musique qui vous plaise quand Sexion d’Assaut et Colonel Reyel passent en boucle à la radio ? (A ce sujet, je vous invite également à relire mon article : 10 façons d’enrichir votre culture musicale). Et à votre avis, pourquoi ce type d’artistes passent constamment sur les ondes ? Parce que leur musique vaut la peine d’être diffusée ? Bien sûr que non ! Encore une fois, c’est la logique commerciale qui prime. Saviez-vous par exemple que Fun Radio était l’un des plus importants partenaires commerciaux de David Guetta ?


Voilà donc un autre paradoxe et une autre dérive de ce type de musique : dans un monde ou la musique est normalement considérée comme un art, les valeurs définissant la popularité d’une chanson sont très très loin d’être artistiques.


Vers une uniformisation et une régression de la culture


Il existe une autre conséquence néfaste liée au fait de considérer la musique comme pur outil de performance économique. En effet, créer en masse les mêmes musiques, favorise l’uniformisation culturelle, et ce phénomène peut-être relativement dangereux. D’une part parce que sans diversité il n’y a pas de richesse, et d’autre part parce que sans évolution, une entité est forcément condamnée à mourir sur le long terme.


Vous n’êtes pas sans savoir que les différents courants musicaux proviennent d’une évolution des genres du passé grâce à une innovation qui a eu lieu à un certain moment. Par exemple, le blues a donné naissance au rock’n’roll grâce à une accélération du tempo général, et le reggae provient quant à lui de l’utilisation de l’écho dans la structure rythmique du Rhythm’n’blues. Or, comment faire évoluer un genre musical ne présentant aucune originalité et restant constamment fixe au cours du temps ? Comment engendrer une évolution et de nouveaux courants musicaux avec une musique qui se répète ? Quel est donc l’avenir de cette musique ? Et quel est donc l’avenir de la musique en générale, puisque malheureusement ce courant musical devient majoritaire et normé ?






Et plus que la musique en elle-même, on touche ici directement à la régression de la culture au sens large, la musique étant pour moi un élément essentiel de la culture. Chaque type de musique a en effet permis d’exprimer un message, ou représenter une idéologie à travers l’histoire : Le blues à par exemple porté le message de la condition du noir américain du 19ème siècle, le rock psychédélique celui du mouvement hippie des années 70, le rap celui du soulèvement du Bronx, et le jazz à quant à lui permis la rencontre et la fusion des cultures occidentales et africaines. Vous voyez donc bien que chaque courant musical est intimement lié à l’Histoire. Au fil des siècles, la musique a ainsi contribué à participer ou à exprimer des évènements importants de l’histoire de l’Homme.


Mais dites-moi, que peut bien raconter une musique ne portant aucun message ? Quel aspect culturel peut bien revendiquer une musique qui n’a pas d’autre raison d’être que celle de créer de l’argent ? Créer de la musique pré-formatée, n’exprimant rien, et n’ayant aucun but propre, participe donc à priver la musique de sa dimension sociale et culturelle.


Conclusion


J’ai volontairement poussé certaines réflexions afin de vous inciter à réfléchir sur ce genre musical de plus en plus envahissant. Je reste personnellement convaincu que la musique est moyen d’expression extraordinaire et qu’il est consternant de voir qu’elle en soit réduit à devenir de plus en plus un simple outil économique. Certains diront que le succès attire la convoitise et que je suis jaloux. Peut-être. En attendant, je suis très bien comme je suis à écouter des musiques qui me font vibrer, et qui au moins ne sont pas vides comme des coquilles.


Ps : J’aurai très bien pu évoquer les cas de plagiats gravitant autour de toutes ces musiques et de tous ces artistes. Des exemples, j’en ai des tonnes, mais je m’en suis abstenu par soucis de longueur d’article.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 16:18
Conférence "Musique et société brésilienne"

20 juin 2013 - Médiathèque de pierresvives - Montpellier


Journée de formation "Musique et société brésilienne" par Olivier Cathus


Le Brésil sera à l'honneur avec la Coupe du Monde de Football 2014 et les Jeux Olympiques 2016 à Rio mais les musiques de ce géant d'Amérique du Sud sont encore méconnues, réduites à quelques stéréotypes : la samba aux danseuses de carnaval et la bossa nova aux langueurs d'un chant feutré.

Pourtant, même en France, des milliers de passionnés, de plus en plus nombreux, découvrent par la pratique des formes d'expression aussi riches que la capoeira et les batucadas.


L'objectif de cette formation est de faire découvrir la richesse et la diversité des musiques brésiliennes, qu'elles soient traditionnelles ou urbaines, en les inscrivant dans leur contexte socio- historique. Pour que le propos soit léger et vivant, en nous appuyant sur de nombreux extraits de chansons et documentaires, ce sont les artistes eux-mêmes qui, à travers leurs œuvres, raconteront la société brésilienne, ses inégalités héritées de fondations esclavagistes, les racines africaines des religions syncrétiques, son mythe d'une démocratie raciale, les luttes politiques à l'époque de la dictature, ou encore la place qu'occupe le sport...

Olivier Cathus, docteur en sociologie avec une thèse sur le funk et les musiques populaires, a choisi une voie plus vivante pour parler des musiques qu'il aime. Outre ses activités d'enseignant et de formateur sur les musiques actuelles, il est un collaborateur du magazine Vibrations, pour lequel il est le spécialiste du Brésil. Après avoir publié pendant trois ans le blog L'Elixir du Dr. Funkathus, il a lancé le site Afro-Sambas.fr, exclusivement dédié aux musiques brésiliennes.

Auteur du livre L'Âme-Sueur (1998), il a aussi collaboré au Guide Totem des Musiques du Monde (Larousse).

http://pierresvives.herault.fr

Informations & inscriptions : Isabelle Sentis - isentis@cg34.fr et Cédric Libuda - clibuda@cg34.fr

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 10:50

 

Le Téléphone (en version française) est une œuvre permettant de découvrir un compositeur malheureusement trop rarement programmé par nos maisons d’opéra européennes. Bien que composé en 1949, l’intrigue est d’une brûlante modernité.

Vincent Billier (Ben) tente de poser une demande en mariage à Isabelle Fallot (Lucie). Continuellement interrompu par la sonnerie du téléphone, sa compagne se perdant en d’interminables et futiles conversations, Ben quitte la pièce de guerre lasse…

 Alors que l’amour semble perdu, le prétendant se ravise et juge plus efficace de capter l’attention de sa fiancée à travers l’engin même de leur séparation. Tout est bien qui finit bien, il exposera avec succès sa démarche amoureuse au téléphone !

 

Les artistes :

 

Isabelle Fallot : Soprano. Premier prix de chant classique au Conservatoire Supérieur de Lyon, la soprano Isabelle Fallot est depuis quelques années soliste et chante dans toutes les maisons d'Opéra françaises. Mozartienne par prédilection, elle s'intéresse aussi depuis peu à la musique baroque et se perfectionne auprès d'Yvon Repérant , Gérard Lesne, Jérôme Corréas et Guillemette Laurens.


Vincent Billier : Baryton. Premier prix de chant du CNSM de Paris en 1998, le baryton Vincent Billier a été choriste d’Accentus, de l’Ensemble Baroque de Limoges mais a entamé sa carrière de soliste dès 2000.

En 2012 , il chante Bartolo des Noces de Figaro à l'opéra de Rennes. En 2011, il est invité au festival d'opéra comique de Pékin pour chanter Ben dans Le Téléphone de Gian carlo Menotti et les rôles des peintres dans Kiki de Montparnasse de Andrea Manucci.

On l'entend aussi à l'Opéra de Limoges dans le rôle de Siroco dans L'Etoile de Chabrier.




Florestan Boutin : Lauréat de plusieurs concours internationaux, il se produit seul et en formation, sur les scènes reconnues du monde musical ( la Roque d'Anthéron , le festival Berlioz etc...), notamment au sein du trio Boutin, constitué avec son frère violoniste Julian et sa sœur violoncelliste Noémi.

Portrait-Isa.jpg                                PHOTO2-de-VB_edited.jpg

                                                 http://www.remouleurs.com/images/stories/flo.png

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:49

                               Emmanuel Bex, 15 février 2013, Maison des Savoirs

 

Mardi Graves, c'est le festival dédiés aux instruments graves qui a lieu à Mardi gras... Et au delà !

Pour la quatrième année consécutive, une des soirées a été programmée à la Maison des Savoirs : ce fut le concert d'Emmanuel Bex en trio.  Alors, oui  ce n'était pas un mardi, oui l'orgue Hammond est un instrument au registre complet, mais il faut reconnaître qu'il a des graves particulièrement sonores et ronflants, et ne pas bouder son plaisir d'avoir ici l'un de ses plus brillants virtuoses. Accompagné par l'excellent Frédéric Monino à la basse, un habitué du festival déjà vu sous notre verrière en 2012, et de François Laizeau à la batterie, la soirée s'annonçait très « fusion ».


Et on ne fut pas déçu : Bex  attaquant son concert cash par une impro mettant un public, enfin présent pour ce festival dans la médiathèque, dans l'ambiance hot de ce qu'allait être ce concert.

De l'improvisation, il y en aura tout au long du show, la basse de Monino répondant aux myriades de notes du B3, soutenu sans faille par la batterie de Laizeau. L'orgue Hammond donc, faisait sa première apparition dans la Maison des Savoirs, ici donc modèle B3 (pour les connaisseurs) accompagné de ses deux imposantes cabines Leslie (ibidem) qui occupaient pas mal l'espace étroit dévolu aux musiciens dans notre médiathèque.

Une apparition qui préfigure celles qui auront lieu le mois prochain pour notre printemps des claviers... Heureusement la musique ne fut pas à l'étroit, Bex jouant, outre ses compositions, quelques standards, et même une composition de Fred Monino, occasion d'une amicale battle...

Cette soirée jazzistique où ça a joué « grave », comme disent les musiciens, s'est achevée, trop tôt au goût de certains, autour d'un pot aimablement offert par nos amis organisateurs de l'association Mardi Graves : Philippe Kermarc et Jean Ané, que nous remercions de nous avoir renouvelé leur confiance encore cette année.

Eric Druart
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:26

Deux spectacles sont recommandés par des collègues :

- Les Zbroufs : spectacle jazzy autour de Nougaro

- Zorozora : Homocordus est un grand voyage musical à travers le temps. Des premières découvertes par les hommes des cavernes, jusqu’au musiques électroniques actuelles, on découvre l’évolution de la musique et des instruments avec comme personnage principal le violon. Les différents tableaux sont enrichis de la touche d’humour et de virtuosité chère à zOrozora. On découvre le jeune Mozart, légèrement alcoolisé, tentant d’exécuter correctement son concerto, Jean Sebastien Bach en pleine séance hypnotique de ses étudiant à l’aide de sa chaconne, ou un grand Battle musical dont le gagnant est évidemment le grand Paganini. Homocordus est un spectacle historico-musical délirant d’un genre nouveau.

 

Valise thématique : le jazz vocal

Jimmy Scott Holding back the years

Médéric Collignon Shangri tunkashi la

Al Jarreau  Glow

Gregory Porter Be good

Bobby McFerrin The voice

Cab Calloway American jazz

Jaimie Collum Twenty something

Nat King Cole After midnight

Fats Waller The quintessence

Frank Sinatra Sinatra at the Sands

Sachal Vansandani We move

Mark Murphy Midnight mood

Chet Baker Sings

Louis Armstrong   My funny Valentine

David Linx Changing faces

Eddie Jefferson The jazz singles

André Minvielle La vie d'içi-bas

Babs Gonzales Weird lullaby

Mel Tormé Art Pepper Mel Tormé sessions

Tony Bennett The Tony Bennett Bill Evans album

Harry Connick Jr She

 

Rosemary Clooney Best of

Rose Murphy Busy line

Somi If the rain comes first

Lorez Alexandria Early in the morning / Deep roots

Carmen McRae Sings Monk

Claudia Solal Room service

Virginie Teychené I feel so good

Clotilde Rullaud In extremis

Helen Merrill With Gil Evans & Clifford Brown

Rachel Ferrell Individuality

Rigmor Gustafsson Alone with you

Nicole Croisille Jazzy

Les Double Six Double Six

Elise Caron A thin sea of flesh

Youn Sun Nah Same girl

Björk Gling glo

Viktoria Tolstoy Shine on you

Cassandra Wilson Blue light 'till dawn

Carla Marcotulli How can I get to Mars

Terez Montcalm Voodoo

Roberta Gambarini Easy to love

Petra Magoni Musica nuda

Robin McKelle Introducing

China Moses Crazy blues

Dee Alexander Wild is the wind

Fay Claassen Sing !

Peggy Lee Black coffee

Si on ajoute la pré-liste de Lattes, on est à peu prêt bon : à voir...


 

 


Prochains CBR : 

30 mai : matin à St Jean et 14h à l'Opéra de Montpellier (préparation + répétition Don Giovanni)

10 octobre & 12 décembre 2013.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 11:33

Après la venue récente de Mathieu Boogaerts, le réseau des médiathèques de l'Hérault ainsi que l'auditorium de Pierres-Vives accueilleront le compositeur des "Ronchonchons" et des "Affranchis" pour 4 concerts.

Un peu de patience, tout de même puisque la tournée est prévue en mars 2014...

D'ici-là, d'autres concerts et animations musicales en perspective à suivre....

- 27 février 2013 : projection du fabuleux documentaire sur l'enregistrement de "Dark side of the moon" des Pink Floyd, 40 ans en 2013 !

 

- 5 avril 2013 :  Un opéra-comique en direct : "Le téléphone ou l'amour à trois" de Menotti, avec de vrais chanteurs sans micros ! 

                           http://www.cafedeladanse.com/wp-content/uploads/2012/12/Affiche-Alexis-HK_BD.jpg

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CBR Musique Hérault
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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 11:12

Vu sur Numerama :

 

Invité du magazine Envoyé Spécial, le patron d'Universal Music France a tenu à défendre le rôle des maisons de disques, face au phénomène croissant d'auto-production chez les artistes qui utilisent Internet pour se faire connaître et gagner de l'argent. Une défense évidemment orientée...

 

 

http://www.numerama.com/media/attach/pascalnegre-envoyespecial.png

 

Pascal Nègre, le président d'Universal Music, était samedi l'invité sur France 2 du magazine Envoyé Spécial, qui consacrait un long reportage au phénomène de l'auto-production permise par Internet. Le patron de la plus grande maison de disques française en a bien sûr profité pour défendre le rôle des labels, qu'il juge toujours indispensables.

 

"Ce n'est pas parce qu'il y a 350 millions de comptes Myspace avec des musiques qu'il y a 350 millions de David Bowie ou de Jacques Brel", a-t-il tout d'abord recadré, en nous rappelant au passage l'existence de MySpace que beaucoup avaient oublié. "Qu'est-ce qui fait qu'on va passer tout d'un coup d'un artiste amateur et le fait qu'il va être autre chose ? Je pense que c'est le moment où il va rencontrer des professionnels. La très grande majorité des artistes qui commencent à créer un buzz sur internet n'ont qu'un objectif, c'est de signer avec une maison de disques".

 

"Etre sur Internet, c'est bien, c'est nécessaire, mais c'est pas suffisant. A un moment donné, si vous voulez vous faire connaître, vous allez avoir besoin d'aller sur les télévisions, de passer à la radio, d'avoir des articles dans la presse, etc. C'est ce travail, accompagner l'artiste", qui justifie le travail d'une maison comme Universal Music, justifie Pascal Nègre.

 

Jusque là, c'est un point de vue que l'on peut entendre, même si Pascal Nègre continue de ne pas vouloir voir l'immanquable fin de l'industrialisation de la musique enregistrée.

 

Mais la journaliste Guilaine Chenu prend alors l'exemple de Wu Lyf, un groupe britannique qui revendique ne pas avoir de maison de disques et tout faire lui-même, de la création jusqu'à à la promotion, avec l'aide de sa "tribu" de soutiens sur Internet. Pascal Nègre minimise alors le réalisme économique d'une telle aventure, pourtant de plus en plus courante, avec son sens habituel de l'ironie. "Il y a un certain nombre de groupes qui ont essayé", reconnaît-il, en citant en exemple Radiohead. "Alors eux c'était mieux, vous donniez ce que voulez. Vous téléchargez l'album et vous donnez ce que vous voulez. Le problème c'est que les trois quarts des gens donnaient rien. C'est une tribu un peu sauvage".

 

Or Pascal Nègre "oublie" de rappeler que l'expérience de Radiohead a été extrêmement juteuse, même avec une vaste majorité de téléchargements gratuits. Le groupe a vendu 3 millions d'albums, dont 1,75 millions sous forme de coffrets physiques. Selon des estimations réalisées à l'époque, Radiohead aurait gagné en une semaine 4 millions d'euros, représentant pour lui un record de gains. 

 

Car ce qu'oublie de dire Pascal Nègre, c'est qu'une maison de disques ne reverse aux artistes qu'elle signe que 7 ou 8 % du prix du net hors-taxe des chansons qu'elle vend. Peut-être 10 % pour les artistes qui ont le plus de renommée. Or en s'auto-produisant, les groupes conservent l'essentiel du chiffre d'affaires. Une différence de taille qui leur permet de gagner au moins autant, en vendant beaucoup moins. Ou de gagner largement plus, en vendant autant.

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CBR Musique Hérault - dans Music Business
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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 13:47

Vu sur Slate

 

Glou glou glou glou glou... Rien n'y fait, le marché de la musique enregistrée coule toujours vers les abysses de l'économie en crise. En France, il a perdu 7,8% entre les neuf premiers mois de 2011 et la même période de 2012, d'après le dernier rapport du Snep.

 

Le CD se fait rare sur les étagères murales. Le DVD musical aussi. Quant au bon vieux CD-2 titres, le fossoyeur se tient près de la tombe qu'il vient de lui creuser.

 

Mais comme dans la vraie vie, quand un homme se noie, malgré la panique, son regard et ses bras se dirigent toujours vers sa bouée Snoopy qui flotte tranquillement à la surface. Pour l'industrie musicale, cette bouée, c'est le marché numérique: +13,8% sur un an.

 

Tous en choeur, les principaux acteurs de l'industrie saluent cette progression, et en particulier celle du streaming et des abonnements (des services comme Spotify, Deezer, Pandora...), qui séduisent de plus en plus de consommateurs de musique. Le business change, s'adapte aux nouvelles envies des consommateurs de musiques, grossit: 100 millions d'euros de levée de fonds pour Deezer, Microsoft qui se lance dans le streaming avec Xbox Music, et même Radio France qui s'apprête à tenter l'aventure. 

 

Si le CD reste encore le support le plus utilisé, ce n'est qu'une question de temps pour que la tendance s'inverse. Le futur de la musique enregistrée, c'est la mobilité: tout le monde se rejoint pour dire que l'écoute payante se fera sur téléphone mobile ou sur tablettes un jour prochain. Mais pour l'heure, il reste encore quelques obstacles à franchir.

 

1. Une pratique pas automatique

Pour un jeune, écouter de la musique en streaming, c'est comme bien choisir sa paire de baskets: il sait faire. La musique dématérialisée, soit il est né avec, soit il a eu le temps de s'y adapter.

 

Les jeunes sont les plus gros utilisateurs et les meilleurs clients des plates-formes de téléchargement et de streaming, en particulier de streaming mobile. Petit à petit, le téléphone remplace le ringard lecteur MP3. Avec eux, le streaming payant a de l'avenir.

 

Par contre, pour tous les autres, la transition numérique n'est pas aussi évidente, la transition vers un modèle numérique payant encore moins. Le streaming, payant ou non, doit clairement faire face à une barrière générationnelle.

 

Difficile de convaincre le consommateur de CD, le propriétaire de lecteur MP3 ou tout simplement celui qui considère encore que la musique s'écoute sur une chaîne hi-fi de payer 10 euros par mois pour écouter, sur son ordinateur ou sur son téléphone, des chansons qu'il possède peut-être déjà.

 

Sans oublier un autre détail important: avec le streaming, on n'est pas propriétaire du support, on est locataire. Arrêter de payer son abonnement revient à faire une croix sur sa discographie ou, dans le meilleur des cas, à ne pouvoir en jouir que de façon limitée.

 

Certes, l'écoute en ligne et l'écoute payante gagnent de plus en plus d'adeptes, mais pour l'instant, faute d'utilisateurs suffisants, le streaming ne compense même pas encore les pertes du marché physique. De plus, le CD est encore loin d'être mort et les ventes de vinyles, elles, restent minoritaires mais progressent chaque année, pour atteindre un niveau qui fait dire que ce n'est pas juste dans le but de mettre l'objet dans un cadre pour décorer ses murs.

 

2. Mon royaume pour de la mobilité

Pour que le streaming se développe, il est indispensable que la population soit équipée: elle doit avoir un ordinateur avec une connexion haut débit, un smartphone ou une tablette avec une très bonne couverture réseau.

 

En France, on compte 40 millions d'internautes, mais seulement les 3/5ème ont une connexion en haut débit. Pour ce qui est de l'Internet mobile, 45% de la population possède un smartphone, et ce chiffre augmente tous les ans.

 

L'Internet mobile prend clairement le pas sur l'Internet fixe, mais tout cela à un coût pour l'utilisateur et la mobilité est limitée par les capacités techniques des appareils. Pour l'instant, celui qui n'emporte pas partout avec lui son chargeur se retrouve bien souvent, en fin de journée, à faire un choix entre écouter de la musique, surfer ou jouer sur son appareil.

 

A terme, le Wi-Fi sera disponible partout, mais ce n'est pas encore le cas. La couverture réseau est un obstacle au développement du streaming: les utilisateurs du métro parisien, par exemple, sont les premiers à râler de ne pas pouvoir tweeter ou écouter de la musique en ligne pendant le trajet.

 

Les plates-formes de streaming y voient pour l'instant un avantage, car ces conditions poussent les utilisateurs à choisir un abonnement «offline», plus cher, qui permet d'écouter sans être connecté. Mais le développement du Wi-Fi partout pourrait entraîner un revers pour elles: pourquoi payer un abonnement «offline» si, partout où je vais, je peux écouter de la musique gratuitement depuis mon mobile? Il est toujours bon de rappeler que, chez les moins de 25 ans, YouTube est le premier canal de découverte de musique.

 

3. Abonnement premium = offre premium

C'était là l'enjeu du passage aux premières offres payantes, juste après l'instauration de la limitation de l'écoute gratuite: pour que les internautes habitués au gratuit fassent la démarche de lâcher un petit billet pour écouter tranquillement, les plates-formes de streaming se sont rapidement mises à bichonner leur offre de service.

 

Top-départ de la course à la quantité. Chacun se vantait d'avoir tant de milliers d'artistes, tant de millions d'albums, tant d'accords avec des maisons de disques.

 

Sauf que dans la précipitation, tout avait un peu été fait à la va-vite: discographies incomplètes, plusieurs occurrences d'un même artiste (avec des orthographes différentes ou des particules manquantes, comme par exemple «The Black Keys» et «Black Keys») ou encore noms de chansons oubliés (remplacés par «Track 1», etc...). Depuis, un gros travail a été fait dans ces domaines, mais malgré tout, la quantité de données à traiter étant titanesque, il faudra encore beaucoup de temps pour que le confort d'utilisation soit parfait.

 

Après la course à la quantité, on pouvait aussi s'attendre à une course à la qualité sonore, mais elle n'a finalement pas eu lieu. Et sauf implication (peu probable) des maisons de disques et les constructeurs de téléphones (seuls responsables de la limitation de qualité, puisqu'ils fournissent le fichier son et le support pour l'écouter), la qualité du son ne risque pas d'évoluer. De quoi refroidir à jamais les mélomanes.

 

Enfin, qui dit offre premium dit service en plus, et le plus important d'entre eux: la prescription. Guider, aider l'utilisateur à trouver ce qui correspond à ses goûts, ce qui pourrait attiser sa curiosité.

 

Sur ce point, la mission est à moitié accomplie. La plate-forme n'est pas vraiment prescriptrice, elle donne surtout des outils aux utilisateurs pour être prescripteurs les uns avec les autres: partage de playlists, partage des goûts à travers les réseaux sociaux, etc... Un système pratique, certes, mais incomplet et plus ou moins efficace en fonction des plates-formes.

 

4. Un modèle économique pas si économique

Bancal, même! Pendant les premières années, les services de streaming faisaient les fanfarons en promettant le gratuit financé par la publicité. Un modèle rapidement oublié face à la colère des majors du disque pour laisser place à la limitation de l'écoute gratuite et la mise en avant d'abonnements payants.

 

Le problème majeur reste qu'il s'agit là d'une stratégie qui prend du temps et surtout, de l'argent: attirer les utilisateurs vers le gratuit pour ensuite espérer les convertir au payant. A voir les chiffres du nombre d'abonnés de plates-formes telles que Deezer ou Spotify, on voit qu'il faut plusieurs années pour convertir les utilisateurs «freemium» en «premium» et donc commencer à être rentable.

 

Si Deezer a atteint l'équilibre, ce n'est visiblement pas le cas de Spotify. D'après le cabinet PrivCo, qui aurait épluché les documents financiers de l'entreprise, le succès du service fait que ses revenus ont augmenté (+151% en 2011), sauf qu'en même temps, les coûts de gestion et de fonctionnement de l'entreprise ont eux aussi augmenté.

 

Une des raisons de cette augmentation: la majorité des utilisateurs de Spotify ne payent pas. Le taux de conversion freemium/premium est trop faible, les abonnés et la publicité ne suffisent pas à financer le gratuit —car il ne faut pas oublier qu'à la fin de l'affaire, service gratuit ou payant, dans les deux cas, il faut payer les ayants-droit. 

 

De fait, d'après PrivCo, en 2011, le géant suédois enregistrait une perte de près de 59 millions de dollars. D'après les chiffres de Spotify révélés par le Wall Street Journal, la perte ne serait «que» d'environ 45 millions d'euros.

 

5. Tout le monde y gagne?

En l'état actuel des choses, celui qui paye pour écouter de la musique en streaming fait une bonne affaire: des millions d'albums à portée de main, utilisables n'importe quand et n'importe où, avec ou sans connexion Internet. Désormais, l'acheteur compulsif de CD peut se réjouir de ne plus devoir, tous les trois mois, arpenter les allées d'une grande enseigne suédoise (encore eux) pour s'acheter une étagère de rangement. Tout tient dans un téléphone, à jamais s'il le souhaite.

 

Pour les services de streaming, à terme, le modèle économique devrait se stabiliser pour certains d'entre eux. Les autres subiront la loi du marché et mourront.

 

Reste une inconnue de taille: les artistes. Concrètement, quel que soit le support, ils gagnent à chaque écoute un chiffre à virgule qui commence par zéro: dans une tribune publiée par Pitchfork, Damon Krukowski, de Galaxie 500 et Damon & Naomi, estimait récemment que «presser 1.000 singles en 1988 donnait le même potentiel commercial que plus de 13 millions de streams en 2012».

 

Autant dire que ce n'est pas grand chose et que seuls quelques-uns arrivent à en tirer vraiment quelque chose. Réforme des droits d'auteur, commerce musical équitable: tout est possible, mais rien ne bouge pour l'instant.

 

La précarité des artistes a toujours existé, mais aujourd'hui elle gagne du terrain. A ce rythme, le futur John Lennon sera certainement plombier ou boulanger toute l'année, et artiste pendant les vacances.

 

Adrien Toffolet

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 15:54

Vu sur La Muse Baroque :

 

"Le disque, cette femme fatale"

 

Septembre. Opora. Chez les Grecs, il s'agissait de la saison de la maturité des fruits où le soleil après la canicule commençait à décroître, la saison de la fin de l'été. Les pessimistes nous décrivent l'opora du disque, sa longue agonie, la fin d'un âge d'or.

Et pourtant, dans notre segment baroque bien particulier, où les risques de téléchargement illégal sont bien réduits, et où le passionné aisé ne rechigne pas à débourser quelques euros pour lire les notes de programme d'un musicologue germanique, le disque, contrairement à une idée reçu, le disque baroque donc se porte plutôt bien.

Alors, oui, comme nous le déplorions dans notre spleen baroque de l'été, le secteur est en proie à un phénomène de concentration, derrière l'apparente multitudes de labels souvent regroupés au sein d'une seule entité. Mais tant que cela ne nuit pas à leur direction artistique, à leur spécificité et à la qualité des parutions (bien que certaines majors ont choisi des sentiers bien commerciaux, manquant de curiosité et d'audace), faut-il réellement s'en plaindre ?

Sans le groupe Swatch, Omega, Blancpain, Breguet ou Jaquet Droz auraient-ils survécu ? Voici 40 ans, que était l'état de la discographie d'un Fux, Biber ou Schmelzer, pour prendre comme exemples des compositeurs des débuts du Concentus Musicus Wien ?

Vous, lecteurs, serez les premiers surpris de l'abondante discographie qui leur est désormais dédiée (même l'Arminio de Biber a trouvé preneur depuis 1995 avec une honnête restitution chez CPO)... Et à la vue des caisses de disques que nous enjambons dans nos locaux et qui font le désespoir de nos postiers qui chaque semaine apportent un nouveau cru, l'on serait presque amené à voir dans la vitalité discographique actuelle un art florissant.

http://www.franceinter.fr/sites/default/files/imagecache/scald_image_max_size/2012/11/13/500605/images/philippe_jaroussky_voix_des_reves_visuel.jpg

Philippe Jaroussky, meilleure vente de disques classiques actuellement.

 

Cet insolent triomphe est-il si peu explicable ? Sans verser dans une analyse sociologique qui dépasserait nos humbles compétences, et nécessiterait l'étude approfondie d'un échantillon représentatif, notre XXIe siècle, dans sa glorification de la perfection, sa recherche quasi-maladive du beau, sa farouche quête du contrôle intégral ne trouve t-il pas en le CD un outil qui correspond à ses attentes ?

Au-delà de la possibilité de ce que Nikolaus Harnoncourt (encore lui, décidément, nous ne pouvons celer notre admiration pour ce pionnier) la ratiocination, c'est-à-dire le phénomène d'écoute répétitive tout à fait différent de l'expérience du concert où la musique disparaît sitôt jouée, le disque a ouvert la porte de la musique qui paradoxalement n'est pas. Car tout enregistrement, quelque soit la simplicité talentueuse de la captation technique (même avec un bidirectionnel) est artificiel : artificiel de part le filtre technique qui s'interpose entre l'orchestre et l'auditeur, artificiel de par la conception même du disque avec ses multiples prises de son, ses ajustements et sa phase de montage qui fait que le résultat est un amalgame qui n'a souvent jamais été joué comme tel.

Artificiel enfin par les conditions et le lieu et l'espace de l'écoute, par ce plaisir solitaire, où engoncé dans son fauteuil ou dans son canapé, le mélomane peut par la magie de cette galette argentée convoquer à toute heure un vaste répertoire et les effectifs de la Chapelle Royale.

 

Parce que le son du disque, son équilibre, sa construction sont des fantasmes aussi irréels qu'un mannequin anorexique passé sous les griffes de Photos**p, le risque est de modifier les réflexes de l'auditeur et ses attentes par rapport au concert, où par effet de bord, ce dernier pourrait vouloir retrouver cette femme fatale, à la perfection parfois si glacée et consensuelle qu'elle en devient vide d'émotion.

Le "semi-live", rustine économique permettant de mettre en boîte à moindre frais un nouveau titre avec une captation sur le vif doublée de quelques raccords serait-il une solution de compromis ? Nous ne le pensons pas. Car le concert et le disque sont complémentaires, et répondent à des logiques bien distinctes : celle de l'expérimentation de l'instant, du don imparfait et mouvant d'un moment contre une image étudiée, soigneusement pensée et sélectionnée, destinée aux tourments d'une appréciation répétée et de la postérité.

Et nous continuerons donc - sans même mentionner le DVD qui ajoute à la dimension archivistique celle de l'image, essentielle pour les œuvres mises en scène - à disséquer avec passion sur nos pages ces deux frères ennemis.

 

Viet-Linh Nguyen

 

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:12

Vu sur nouvelobs

 

Certains albums, une fois écoutés, ne vous quittent plus jamais. Et certaines chansons, une fois la première écoute installée, vous hantent à tout jamais. Terry Callier, comme peu d’autres, a réussi à composer trois albums si parfaits qu’ils sont impossibles à oublier. Autre tour de force, il a réussi, aussi, à reprendre le thème d’un film pour en donner une version si belle qu’elle ne peut qu’habiter celui qui la découvre pour ne plus jamais le lâcher.

 

 

 

Ses trois albums indépassables, d’abord, sont aussi ses trois premiers : New Folk Sound, Occasional Rain et What Colour Is Love. Sur le premier, qui date de 1964, Callier chante en s’accompagnant d’une guitare et de deux basses. « C’est une idée que j’ai prise à John Coltrane » nous racontait-il il y a quelques années dans un hôtel de Londres, la veille d’un concert. Terry Callier, en effet, était tombé foudroyé par la puissance d’une des formations de Coltrane, qui employait deux bassistes pour surélever sa musique et en dynamiter le son.

Premier album composé de classiques, aux accents post-blues, New Folk Sound a laissé la place à deux autres disques, sortis 8 ans plus tard en 1972, produits par Charles Stepney, producteur de soul psychédélique, spécialiste des arrangements singuliers. Avec lui, Callier atteint une autre dimension, à la fois très personnelle, intime, mélancolique et très hypnotique aussi. Sa voix, si bien servie par les productions luxuriantes de Stepney, atteint là des sommets, notamment sur What Colour Is Love, chef d’œuvre de la soul des seventies, qui se cherchait une identité plus politique, plus sociale, plus réaliste aussi. Face à cet album mirifique, on ne voit guère que le What’s Going On de Marvin Gaye, voire le premier Curtis Mayfield ou le Check Out Your Mind des Impressions pour tenir la comparaison, à la même époque, entre 1970 et 1972.

 

 

 

Dans les années 80, après une poignée de disques qui n’ont jamais connu le succès commercial, Callier a laissé la musique de côté, pour élever sa fille, prendre des cours d’informatique et de sociologie, travailler anonymement. Mais, avec une voix comme la sienne, il est difficile de se faire oublier et les DJ anglais des années 90, ses premiers et plus grands fans, l’ont vite remis en scène et en studio. Ce qui lui a donné l’occasion d’enregistrer en 1998 un classique : sa reprise de Love Theme From Spartacus, c’est à dire le thème d’amour du film Spartacus de Stanley Kubrick, qui avait été joué par plusieurs musiciens de jazz dès les années 60. On se souvient avec émotion de la version de Yusef Lateef sur l’album Oriental Sounds. Celle de Callier est millémsimée d’époque, avec ses tonalités aux frontières entre le trip-hop et la jungle.

 

 

 

Par la suite, dans les années 2000, Callier jouera souvent, notamment en Angleterre et en France – on l’a vu par exemple au New Morning, lors d’un set renversant de spiritualité, quasi cosmique, au début des années 2000. Rencontré à Londres à cette époque, il avait quelque chose de très apaisé dans le regard, habitué désormais à raconter son histoire, ses heures de gloire et de misère. Sa voix, elle, était immuable, qui portait toujours en elle quelque chose de profondément magique et spectral, d’immédiatement touchant et hantant. Personne ne chantait comme lui et savoir que son chant est désormais celui d’un fantôme, n’en est que plus troublant. L’écouter risque de devenir une religion. RIP.


 

 

Youtube comment :" Has there ever been a more underrated artist than the great Terry Callier? Amazing the number of people who just havent heard of him at all. Such an injustice as he is a towering talent. Such soul and integrity to his music. Wonderful."

So true, RIP Terry

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