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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 11:43

Vu sur Ecrans :

 

 

 


Depuis la fin de l’année dernière, et suite au toilettage de la loi dite Lang de 1985, la copie privée n’est plus autorisée en France qu’à partir de sources « licites », c’est-à-dire acquises légalement (la loi demande même que cette origine légale soit prouvée).

 

Une modification introduite suite à une décision du Conseil d’Etat datant de 2008, qui estime que « la rémunération pour copie privée a pour unique objet de compenser, pour les auteurs, artistes-interprètes et producteurs, la perte de revenus engendrée par l’usage qui est fait licitement et sans leur autorisation de copies d’œuvres fixées sur des phonogrammes ou des vidéogrammes à des fins strictement privées ».

 

La disposition a depuis fait bondir la Quadrature du Net, mais elle fait aussi gamberger les bibliothécaires et conservateurs qui militent pour la libre circulation de la culture, qui en tirent aujourd’hui une conséquence indirecte plus qu’intéressante.

 

Comme l’explique Lionel Maurel, en poste à la Bibliothèque nationale de France, la loi parle désormais « de copies “réalisées à partir d’une source licite”. Or, le prêt en bibliothèque ou la consultation de documents sur place constituent bien une manière licite d’accéder aux œuvres et donc des “sources licites”.

Du coup, la nouvelle définition de la copie privée semble étendre avec davantage de certitude le bénéfice de cette exception aux usagers des bibliothèques [ce qui faisait débat auparavant, ndlr]. Concrètement, cela signifie que des usagers de bibliothèques, à condition qu’ils réalisent des copies avec leur propre matériel (leur appareil photo, leur téléphone portable, leur PC chez eux, etc.) et réservent ces copies à leur usage personnel, pourraient réaliser des reproductions à partir de documents consultés ou empruntés en bibliothèque sans tomber sous l’accusation de contrefaçon, y compris lorsque les œuvres en question sont toujours protégées par le droit d’auteur. »

 

Lionel Maurel précise que dans certains cas, la copie restera illégale, notamment en ce qui concerne les disques, à cause d’un vide juridique qui concerne la légalité même du prêt de CD par les bibliothèques et médiathèques, et qui n’a jamais été comblé. Mais sa réflexion inspire surtout certains de ses collègues. Ainsi, le site Bibliobsession propose désormais de pousser cette logique de libre copie (à usage privé) pour organiser des copy parties.

 

« Une copy party consisterait à organiser un événement permettant aux usagers équipés de scanners, de téléphone ou d’ordinateurs portables de les amener et d’aller se servir dans les collections des bibliothèques ! Voilà qui pourrait être un événement assez fabuleux pour sensibiliser le public aux problématiques du partage des œuvres aujourd’hui.

 

 On pourrait même imaginer d’associer à la copy party une conférence sur les nouveaux modèles de rémunération des créateurs, histoire de resituer les vrais enjeux… »

 

Bon, pas sûr que la BNF ou la Bibliothèque Pablo-Neruda de Pessac voient d’un bon œil des hordes d’abonnés en train de prendre en photo ou de scanner des ouvrages... Mais le débat est posé, et on espère bien être convié à la première copy party.

 

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:12

Vu sur CultureBox

 

Tous les musiciens vénéraient la noblesse et enviaient le feu intérieur que Gustav Leonhardt cachait sous une austère apparence de protestant, comme s'il était sorti d’un film d'Ingmar Bergman.

"Il est décédé lundi soir", a déclaré à l'AFP Kim van Niftrik, une porte-parole de "De Nieuwe Kerk", une église du centre d'Amsterdam reconvertie en centre culturel, où Gustav Leonhardt était, selon l'agence de presse néerlandaise ANP, organiste.

Gustav Leonhardt a toujours occupé une place à part dans le monde de la musique baroque : autant par la science que par le talent, il avait retrouvé l’art de jouer le répertoire de clavier d’avant Mozart (Couperin, Rameau, Bach, Scarlatti), qui s’était presque totalement perdu depuis un siècle.

Maître de l'interprétation sur instruments anciens, Gustav Leonhardt a enregistré près de 300 albums. Son nom est notamment associé à l'enregistrement intégral, entre 1971 et 1990, de près de 200 cantates sacrées de Bach avec l'Autrichien Nikolaus Harnoncourt.

Le claveciniste avait lui-même incarné Bach au cinéma dans la "Chronique d'Anna Magdalena Bach" (1967) de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.

En décembre, Gustav Leonhardt avait donné son dernier récital au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris. Le musicien était apparu extrêmement faible et amaigri. Le théâtre était comble. Certains spectateurs avaient été installés à même le sol sur des coussins, et l’auditoire comptait un nombre impressionnant de musiciens, surtout des clavecinistes, tous plus ou moins ses élèves.

 

En voici un extrait :

 

 


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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 18:38

Vu sur Arte TV : 

 

Quiconque a été bouleversé par une mélodie de Bach, ému par un chœur d'enfants ou électrisé par un rythme rock connaît ce pouvoir primaire de la musique, cette faculté qu'elle a de nous "toucher". Comment cet assemblage de sons, cet océan de vibrations peut-il avoir autant d'effets sur l'organisme humain ? Prenant pour guides le musicien Bobby McFerrin et le neuroscientifique Daniel Levitin, Elena Mannes part en quête de l'essence de la musique. Une extraordinaire aventure scientifique et musicale qui nous entraîne des laboratoires aux salles de concert, des unités de soins utilisant la musique comme thérapie aux villages camerounais où se perpétuent des pratiques ancestrales.

(France, 2009, 101mn)
ARTE F

 

Dans la foulée de ce documentaire la plupart des protagonistes se sont retrouvés au colloque "Notes & Neurons: In Search of the Common Chorus" en 2009.
Pour se mettre de bonne humeur, il ne faut pas manquer la démonstration de Bobby Mc Ferrin sur le pouvoir des échelles pentatoniques. 
Jubilatoire.
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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:56

Vu sur Frenchweb.fr :

 

Il semblerait que l’industrie musicale ne fasse plus depuis longtemps la pluie et le beau temps, constamment devancée par la technologie, et en perpétuel examen de rattrapage quant aux usages en terme de consommation de musique.

 

Le Cloud musical face à la grande dépression industrielle

 

Depuis l’apparition du MP3 jusqu’au développement des services de streaming, la technologie a quelque part toujours été plus vite que la musique, à l’heure des débats essentiellement juridiques autour de la dématérialisation des contenus, l’accès à la musique, les copyrights ou encore le piratage. Une nouvelle petite (r)évolution musicale est pourtant en train de s’imposer et  pourrait à terme accorder les violons des plus sceptiques : les services de musique basées sur le Cloud.

 

Le Cloud, c’est un peu le « It-Bag » du moment, le sac à main en vogue aux bras des people spotted dans les magazines de mode. Sauf que le Cloud, au centre de toute l’attention numérique, ne devrait pas se démoder de sitôt. Que se cache-t-il derrière ce « nuage musical » ?

 

Rappelons que le Cloud, à l’instar d’autres contenus comme la vidéo, l’image ou les e-books, permet aux utilisateurs de stocker sur un serveur distant leurs propres MP3 et d’y accéder en streaming depuis n’importe quel endroit (sous réserve d’une connexion Internet) sur leurs ordinateurs, tablettes ou encore téléphones mobiles.

Petit topo météo sur ce nuage virtuel, qui cache un orage pour certains et une belle éclaircie pour d’autres.

 

Le Cloud musical : une évolution logique du marché de la musique en ligne ?

 

Selon une étude du cabinet Gartner parue récemment sur MusiqueInfo , le marché mondial de la musique en ligne progressera de 31% d’ici 2015 pour atteindre un chiffre d’affaires de 7,7 Md$, contre 5,9 Md$ en 2010. Alors que les ventes physiques continuent de chuter, et que le téléchargement devrait connaître une progression moins forte, Gartner estime que la croissance de la musique sur abonnement devrait quadrupler en quatre ans (le chiffre d’affaires devrait passer de 532 M$ en 2011 à 2,21 Md$ en 2015, soit près du tiers des ventes en ligne).

 

Si, comme l’indique ces projections, la consommation des abonnements aux services de streaming tend à une croissance exponentielle, il y a donc fort à parier que les services d’abonnements au Cloud suivent le même chemin et deviennent prochainement un des enjeux stratégiques majeurs des plateformes digitales.
L’Observatoire de la Musique, dans une étude parue fin octobre, semble aussi confirmer cette tendance : « (à propos de Google Music et d’Amazon Player) des alternatives spécieuses se mettent en place par l’intermédiaire du cloud, qui permet de légaliser une acquisition, quelle que soit son origine ».

 

Le Cloud musical, par sa nature hybride, deviendrait ainsi l’aboutissement total de la musique numérique et de la dématérialisation de ses supports de stockage en donnant la possibilité aux utilisateurs, en contrepartie d’un abonnement, de conserver la propriété des titres achetés tout en ayant accès à ces derniers partout et tout le temps.
Un nouveau « nirvana » consumériste où l’utilisateur jouirait d’une liberté « no limits » ?

 

La guerre des titans : Amazon vs. Google vs. Apple

 

Outre les rois du streaming Deezer, Spotify, Grooveshark ou encore Soundcloud, trois leaders se partagent l’essentiel du marché : Amazon fut le premier en mai dernier à proposer aux Etats-Unis son service CloudDrive / CloudPlayer, suivi par Apple et son ICloud / ITunes Match et enfin Google Music , tout récemment lancé dans la course après des retards considérables.

Ces services, disponibles seulement sur le territoire américain, ne devraient pas tarder à s’implanter en Europe et à se développer, comme le souligne justement un récent article paru sur Europe1.fr .

 

Reste que d’un point de vue légal, le Cloud se heurte à un vide juridique sur la question des DRM (Digital Rights Management) et des utilisations sur différents supports (Iphone, Blackberry, Amazon) : les Majors considèrent la « musique dans le nuage » comme du piratage (violation du copyright), alors que les services de clouding comme Amazon se déclarent comme hébergeur et revendiquent donc le régime de la copie privée. Un casse-tête juridique dont seul Itunes et Google (sans Warner Music) se serait pour le moment préservé en ayant négocié des licences avec les Majors.

 

Mais au fond, l’enjeu du Cloud, dans la bataille féroce que se livrent les géants du web (Apple, Amazon, et Google en tête), ne serait-il pas matériel ? Si le support en lui-même se dématérialise, le Cloud remet quand à lui les lecteurs de musique au centre du business : un retour aux sources qui montre que la révolution sera surtout dans la forme plutôt que dans le fond.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 18:18

                  Compte-rendu CBR Musique St Chinian 24                                             novembre 2011

Etaient présents : Fabrice Bernarda (St Jean de Védas), Héloïse Charasse (CCVH), Caroline Gamel (Lodève), Carine Magnoni (St Chinian), Christine Martinez (Bédarieux), Bernadette Virenque (Le Pouget), Cédric Libuda (MD 34).

Tournées de concerts dans le réseau.

Il a été décidé d’ouvrir l’offre à d’autres médiathèques.

Pour l’instant sont prévus :

               Panorajazz  :

Sont prévus : Marseillan (un samedi d’avril 2012), St Jean de Védas (vendredi 30 mars 2012) Montarnaud (fiche technique ?) et Le Pouget.

Il a été demandé s’il était possible de panacher Panorajazz avec d’autres formules.

Sinon, la formule choisie est Jazz & cinéma.

              Brigitte Menon :

Nous saurons bientôt s’il est possible de proposer un concept soirée indienne (concert, film, buffet indien avec une association.)

Sont prévus : St Chinian (24 novembre 2012)

Peut être Agde, St Jean de Védas : à confirmer rapidement

             Concerts déjà réalisés dans le réseau :

Farid Benameur de Lodève nous recommande ces artistes :

Scotch et Sofa (chanson Francaise/ folk urbaine/ Jazz)
myspace.com/scotchetsofa

Les Ballyshannons
(folk rock trad Irlandais)
www.lesballyshanons.com

Michel Prandi (Experimental/ Fusion/ Jazz)
myspace.com/michelprandi

Kava Bar (Musique Klezmer et d'Europe Centrale)
myspace.com/zanatik
www.kava-bar.com

Olivier l'Hôte (Chanson Française)
myspace.com/olivierlhote
www.olivierlhote.com

Dunya (Chants traditionnels Kalbelyas/ Chants traditionnels Roms/ Ghazals/ Rumbas Flamencas)
myspace.com/dunyamonde
www.dunya.free.fr/

Autres artistes recommandables : Rasims de luna spectacle Max Rouquette, Michel Prandi

Valises Thématiques :

Cédric Libuda se chargera de produire un texte court sur la guitare et tenter de contacter l’organisation des Internationales de la guitare.

Fonds Thématiques :

Sujet choisi pour 2012 : L’opéra en une centaine de documents CD & DVD + conférence.

Document d’accompagnement : catalogue des oeuvres, présentation chronologique de l’histoire de l’opéra.

 

CD écoutés :

Jolly Boys : Great expections

Kabbalah : Boxes, bagels & elephants

Compil Tradi-mods vs rockers Crammed

Juju : In trance

Alex Winston : Sister wife

Zola Jesus : Conatus

Azafran : Douces créatures

France de Griessen : Electric ballerina

Stutzmann – Vivaldi : Prima donna

Fdeluxe – Gaslight

Girls – Father, son, holy ghost

General Elektriks – Parker street

Tori Amos – Night of hunters

El Hijo de la cumbia – Freestyle de ritmos

Timber Timbre – Creep on creepin’ on

Pour la prochaine réunion : chercher discographie, sites Internet sur l’opéra.

Prochaines dates de CBR : 2 Février 2012 au Pouget, 10 mai 2012 à St Jean de Védas.

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 14:00
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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 15:32

 

Vu surle site de  l'ACIM

 

Table ronde autour des webzines et blog musicaux avec Benoit Richard et Sébastien Radiguet (Autres Directions, Benzine, Hop Blog, Pop Revue Express, Onde Fixe, des Chips et du Rosé)

Les webzines et blogs Benzine, Hop Blog, Autres Directions, Pop revue Express, Des Chips et du Rosé, Onde Fixe en quelques mots...

Benoît Richard a créé Benzine (http://www.benzinemag.net/) en 2001. Ce blog est devenu rapidement un webzine collaboratif, donc collectif. Pour trouver un espace plus personnel, Benoît Richard a créé Hop Blog (http://hop.over-blog.com/) en 2005 (dont la ligne éditoriale est proche de Benzine : disque, cinéma, livres, bande dessinée... le blog recense chaque semaine les sorties CD dans une playlist qui compte 74 abonnés, les critiques sont éditées en fonction des dates de sortie des disques). Puis Pop Revue Express (http://poprevuexpress.blogspot.com/) qui traite uniquement de la musique avec des articles en format court et plus récemment Des Chips et du Rosé (http://chipsetrose.blogspot.com/) axé spécifiquement sur la musique digitale et écoutable en ligne (sur des sites comme Spotify http://www.spotify.com/fr/, Soundcloud http://soundcloud.com/, Deezer http://www.deezer.com/fr/ ou Bandcamphttp://bandcamp.com/).

Sébastien Radiguet est collaborateur au webzine Autres Directions (http://www.autresdirections.net/) depuis 2009. Il a créé avec Benoît Richard le blog Onde Fixe (http://ondefixe.over-blog.com/) en 2004 qui était plutôt orienté vers des musiques post rock, electronica, ambient... Le webzine Autres Directions a existé sous forme papier avant de devenir un site en 2001. Le webzine compte 5 personnes en tout, 1 webmaster plus 4 chroniqueurs. Sébastien Radiguet délaisse un peu les chroniques actuellement pour se recentrer sur la création de mix ou podcast écoutables sur le webzine.

Parlons de « l’audimat » des sites...

Autres Directions, Benzine et Hop Blog comptent entre 200 et 600 visiteurs par jour. Google est la principale porte d’entrée pour la plupart des visiteurs. Le bon référencement des sites tient à la mise à jour régulière et à la fréquence importante des nouvelles publications. Il est indispensable de s’inscrire dans la durée. Les sites se sont fait repérés par les maisons de disques qui envoient 10 à 20 nouveautés par mois aux chroniqueurs. Actuellement les sites collaboratifs connaissent un essoufflement (c’est le cas de Benzine) faute de chroniqueurs, ceux ci préférant créer leur propre blog (donc dans une démarche plus personnelle). Il n’y a pas de publicité sur les sites ni de liens vers de gros sites marchands malgré les demandes de Amazon et la Fnac. Au plus le lien vers le site d’un disquaire indépendant, le but n’étant pas de faire de l’argent.

Et des outils numériques pour suivre l’actualité discographique...

Les outils utilisés pour suivre l’actualité discographique et écouter les albums sont Spotify, Soundcloud, Deezer, Bandcamp avec une prédilection pour Spotify et Soundcloud. Les CD promos et les liens vers les serveurs par les éditeurs constituent l’autre source. L’élément essentiel pour tenir ce type de blog ou webzine est le temps disponible parce que cette activité est très chronophage. La ligne éditoriale des sites correspond avant tout aux goûts musicaux personnels et à l’obligation de se centrer sur un style face à la quantité énorme de sorties d’albums. Le travail critique nécessite des chroniques pas seulement positives mais aussi négatives des albums.

Le Top des Blogueurs késako ?

Les réseaux sociaux (facebook, twitter) constituent un outil promotionnel indispensable pour capter l’attention et du public. Le Top des Blogueurs (qui liste un top 20 des albums de l’année : http://www.topdesblogueurs.fr/) s’est constitué dans ce sillage et par le besoin de partager, d’avoir des avis, ainsi que sur l’exemple des tops de fin d’année de la presse musicale. Le Top des Blogueurs s’étoffe d’année en année (20 blogueurs pour la première année, 30 la suivante, 50 pour 2010). Ce top repose sur un fichier excel mis en ligne rentrant les albums écoutés et chroniqués avec une note sur 10. Le top de fin d’année est publié par une agence de promotion (WAA dans laquelle travaille un des blogueur) et l’info est relayée sur les radio Le Mouv et France Info, par webmail ainsi que dans la presse (Inrocks, Magic !).

L’avenir du disque et des médiathèques ?

Face à de nouveaux outils comme Soundcloud, Deezer, Spotify ou Bandcamp (dont le modèle économique n’est pas encore avéré) et la réalité technologique, le support physique paraît condamné à devenir une niche dans l’édition musicale. Cette réalité technologique peut être une chance pour les petits labels qui pourront se passer d’intermédiaires coûteux comme les distributeurs par exemple. Quoi qu’il en soit, les bibliothécaires musicaux resteront des défricheurs et des intermédiaires privilégiés avec les usagers par leurs relations, de plus tout le monde n’a pas fait le pas des outils numériques.

Présentation d’outils autour des webzines et blogs musicaux pour les discothécaires par Jonathan Garry (Bibliothèque de Caen, secrétaire de l’ACIM, membre du groupe ABF Hybrides)

Face au temps que demande la veille documentaire et le suivi de l’actualité discographique, de nombreux outils existent.

Les outils :

Facebook Twitter Myspace Wikipedia YouTube Google

Permettent de : récupérer / valoriser / diffuser / partager / commenter

Les pistes :

blogs spécialisés (blogs musicaux comme mowno.com, chroniquemusicale.com..., The Hype Machine, Zeitgeist, blogs professionnels comme Baisse d’un ton, Discobloguons, blogs de médiathèques comme BMOL ou Tuner de Brest...)

signets et favoris (Delicious, Diigo...)

agrégateurs (Netvibes de la BDP de la Manche, de la Médiathèque d’Argentan, de Dole, de Saint Fons, Discolab...)

réseaux sociaux (Myspace, Twitter, Facebook)

bases de données musicales / cartographies interactives synthétiques (moteur de recherche discographique, Allmusic, wikipedia, mapofmetal.com...)

associations professionnelles (ACIM...)

sites ressources : Bibliopedia rubrique Bibliothèques Musicales Hybrides

 

Introduction aux Netlabels par Benoît Richard, créateur du blog Netlabel Revue.

 

Les netlabels…

Un netlabel est un label musical sur internet qui généralement ne distribue que des albums en format numérique. Ces labels proposent donc le téléchargement d’albums en format mp3 ou ogg vorbis et compressés en .zip ou .rar, la plupart du temps gratuitement (avec notamment des licences artistiques libres de type Creative Commons) dans un souci de partage et de respect des droits des musiciens. Les Creative Commons : sont des licences permettant la libre diffusion d’œuvres avec une attribution de paternité et certaines conditions d’utilisation (http://fr.creativecommons.org/).

Historiquement, les netlabels sont apparus en même temps que le haut débit, c’est à dire fin des années 90. Les créateurs en MAO (Musique Assisté par Ordinateur) ont pu grâce au haut-débit diffuser leur musique par internet. Les netlabels, qui sont généralement de petites structures, ont souvent une durée de vie limitée dans le temps, cette activité demandant beaucoup de temps et d’implication personnelle et un gros travail de défrichage. On trouve beaucoup de styles musicaux au sein des netlabels : electro, pop, folk, ambiant, black metal, hip hop, dub... avec une prédilection quand même pour l’ambient, la techno et l’electronica. On retrouve via le site internet en anglais Netlabel.org (http://netlabels.org/) un index des netlabels classés par genre, ce qui peut être une bonne porte d’entrée. On retrouve également la plupart des netlabels sur le site Archive.org (http://www.archive.org/, organisation à but non lucratif consacrée à l’archivage du Web, située à San Francisco, en Californie. Le projet sert aussi de bibliothèque numérique. Cette archive est constituée de copies de pages prises à différents moments d’Internet, de logiciels, de films, de livres et d’enregistrements audio) qui archive tous les contenus internet (rubrique : Netlabels)

En France, l’un des premiers à avoir créé un netlabel est l’artiste La Fresto (http://www.lafresto.com/). Dernière signature du label Lithium avant que celui ci ne disparaisse, La Fresto a créé en 2005 le netlabel Off & Green (http://offandgreen.com/) pour sortir ses propres disques. Benoît Richard y a publié un album sous le nom de Hop Sounds. Son intérêt pour les netlabels date de ce jour là.

On peut se faire une idée de la variété des styles musicaux des netlabels à travers une petite sélection subjective de 10 netlabels :

Error lo fi : netlabel espagnol créé en 2006, 28 réalisation, dominante folk, pop, toy music, univers très coloré. http://error-lofi.com/

Zymogen : netlabel italien basé à Modène, spécialisé dans l’ambient. 24 réalisations pour 5 ans d’existence, pochettes soignées évocatrices de la nature. Style : Ambient, electronica, glitch... http://www.zymogen.net

Ideology : netlabel allemand existe depuis 10 ans à dominante musique électronique déclinée dans divers styles Downbeat Hiphop Lounge Drum’n’bass… Influence Ninja Tune. http://www.ideology.de/

Resting Bell : Netlabel allemand, berlinois. Electro, ambiant, experimental, acoustique...http://www.restingbell.net/

Test Tube : netlabel portugais créé en 2004, grosse activité plus de 200 sorties, dans tous les styles, pochettes superbes, très variées, interface complète, une référence !http://www.monocromatica.com/netlabel/

Laridae : Netlabel autrichien et allemand né en 2004, avec un peu plus de 50 sorties dans des genres post-rock, ambient et electronica, pop. Belle régularité et derniers albums très bons. http://www.laridae.at/

Aaaahh-records : est un petit netlabel allemand ayant recueilli sur son catalogue les albums notamment de Entertainment for the Braindead (qui étaient parus chez le feu netlabel Aerotone) et les très bons albums indie rock des canadiens de The Wind Whistles ou encore le folk rock de la suédoise Emilie Lund. Des débuts très prometteurs.http://www.aaahh-records.net/

Rack & Ruin Records : est un netlabel hollandais rassemblant un paquet d’albums allant de l’indie pop à électronicienne, l’ambient ou l’expérimental. On retrouve pas mal d’albums pop bricolo lo-fi. http://www.rackandruinrecords.com/

Budabeast : Netlabel hongrois, deux ans d’existence, musique électronique cool, downtempo, easy listening, break beat…. Influence Ninja Tune. Sa dernière sortie, Crookram, est impeccable (jazzy beat, hip hop). http://www.budabeats.com/

8bit People : 8-bit est un style de musique électronique inspiré du son des anciennes consoles de jeu 8 bit. Les musiques 8-bit sont composées de sonorités rappelant une ère technologique pouvant être vue aujourd’hui comme primitive et "dépassée" (sons de Game Boy et consoles Atari). http://www.8bitpeoples.com/

Une petite sélection côté netlabels français :

IOD : sous division du label SEM Sem est un netlabel spécialisé dans l’electro ambient. Magnifique album de remix de Montero + Navarro. http://semlabel.com

Petite & Jolie : était un netlabel français assez récent musique électronique electronica, influence WARP, design kitch. http://www.petitejolie.com/

Freshpoulp : est un netlabel français plutôt orienté vers l’electro dub mais avec aussi beaucoup d’autres choses. http://www.fresh-poulp.net/

Rain Music : était un netlabel orienté musiques lo-fi, acoustiques et intimistes bricolés (dont le musicien GoGooo). http://rainmusic.free.fr/

Les Diks qui sautent / Et mon cul c’est du tofu ? : esprit BD avec le dessinateur David Snug musicien dans Snug trio (humour, dérision, second degré…)http://lesdiksquisautent.free.fr/ http://etmonculcestdutofu.free.fr/

Vaatican Records : était un netlabel dans l’esprit des 2 suscités.http://gestroco.club.free.fr/

Jamendo : Il s’agit pas d’un netlabel mais d’une plateforme de distribution de musique libre grand public avec un grand panel de genre musicaux à son catalogue : pop, folk, country, jazz vocal, punk, électro... Jamendo est un site Web qui propose des albums de musique en téléchargement gratuit. Mais c’est une structure qui génère aussi des bénéfices à travers les dons des internautes ou la vente de licence libres ou de services. http://www.jamendo.com/fr/

Dogmazic : Site créé par l’Association bordelaise Musique Libre ! qui milite sur le web et dans le réel depuis 2004, pour que la musique soit accessible à tous, dans le respect des droits d’auteurs. Elle accueille chaque jour sur son site http://www.dogmazic.netdes artistes et labels de tous pays, qui ont choisi d’autoriser le public à télécharger leurs créations grâce à des licences dites ouvertes, comme les Creative Commons ou la licence Art Libre. Outre sa documentation, l’Association Musique Libre ! propose des formations ou des conférences sur les licences ouvertes et leur écosystème culturel.

Le blog Netlabel Revue (http://netlabelsrevue.blogspot.com/) a donc été créé en 2006. On y trouve une chronique par semaine environ avec généralement 2 titres en écoute, des interviews ainsi que des liens. En fin d’année Benoît Richard propose également son top album.

Les Netlabels connaissent un certain essoufflement depuis 2 ans, face à l’apparition de nouveaux outils comme Bandcamp ou Souncloud vers lesquels se tournent plus facilement les musiciens. Là aussi la démarche individuelle prend le dessus face au projet collectif.

 

Compte rendu d’expérience autour de l’offre de streaming de Calice68 & MusicMe par Bruno Neveux (Médiathèque de Guebwiller, réseau de la Médiathèque Départementale du Haut Rhin)

 

Xavier Galaup est à l’initiative de ce partenariat, grâce notamment au catalogue en ligne centralisé des médiathèques du Haut Rhin, sous l’égide du Département du Haut Rhin. Dans un contexte de baisse de prêts depuis quelques années des disques compact et l’ouverture de 5 bibliothèques sans collections de CD, une réflexion s’est ouverte sur la possibilité pour les bibliothèques de proposer une offre de streaming aux usagers. Le choix s’est porté sur MusicMe : par rapport au large panorama de styles musicaux proposés notamment (sur la base d’un comparatif statistique avec d’autres sites de streaming) et au nombre de références en écoute (4 millions de titres). MusicMe a accepté d’offrir un accès au Conseil Général sur son site.

Le site (http://calice68.mt.musicme.com/) propose donc aux abonnés des médiathèques du Haut Rhin, via un compte par leur abonnement une écoute illimitée et une sélection d’écoutes. Cette plateforme connaît un franc succès auprès des usagers et compte 380 abonnés.

Concernant le coût, la licence plus l’hébergement des radios s’élève à 6000 euros. Le Conseil Général a pour le moment pris l’intégralité du coût en charge. L’expérimentation prendra fin en 2011. A partir de 2012 une nouvelle grille tarifaire sera introduite par tranche d’abonnés de 1 à 500.

Pour lancer ce service, il y a eu une communication auprès des usagers, notamment à l’aide de marques pages. La gratuité, l’absence de publicité et la présence de nouveautés ont été avancées pour attirer le public.

Concernant la gestion administrative, chaque bibliothèque a un accès pour inscrire et activer ses adhérents. Cela nécessite une gestion régulière (vérification tous les deux jours environ pour les demandes d’ouverture de compte et pour la mise à jour des inscriptions).

Pour les fonctionnalités, les playlists ne sont pas participatives. Il faudrait envisager un travail en réseau pour des playlists participatives pour les professionnels. Accès par genre musical ou par recommandation (musicmix). Possibilité de créer des radio, c’est à dire une playlist de plus de 20 titres. Le contrôle de l’accueil du site se travaille en réseau.

Les usagers veulent généralement savoir s’il s’agit du fonds CD de la médiathèque numérisé ou non et s’il y a possibilité de télécharger les titres. Les retours sont dans l’ensemble très positifs.

Quelques remarques : les disques en rayons dans les médiathèques ne sont pas signalés sur le site. La richesse du catalogue trouve ses limites dans la recherche de références plus pointues ou plus anciennes. L’évolution prévoit la possibilité de donner accès aux musiciens locaux ceux ci devant envoyer leur disque à MusicMe et remplir une charte les liant au service.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 09:21

Vu sur Fluctuat :

 

Depuis quelques années, la réédition de grands classiques - ou d’œuvres oubliées de la musique - est la grande tendance de l'industrie du disque. Alors que le CD agonise et que les labels semblent jouer leur va-tout, impossible de passer à côté de ce phénomène. Dernier exemple en date, l'incontournable Nevermind de Nirvana, réédité en fanfare à l'occasion du 20ième anniversaire de sa sortie initiale. Alors les rééditions, pourquoi, pour qui et avec quels moyens ? Stratégie du music business ou véritable engouement du public et des décideurs ? Et surtout, est-ce que ça vend ? Enquête pour y voir plus clair.

Voilà bientôt 7 ans qu'il est impossible d'acheter un classique du rock, ou de la musique en général, sans se voir proposer sa version rééditée, remasterisée, accompagnée de 4 CD remplis de bonus, de posters et tee-shirt, ainsi que d'un volumineux livret dédié à la gloire de ce disque incontournable des années 50, 60, 70, 80, ou 90 (rayez les mentions inutiles).

A côté des nouvelles stars de la musique que l'industrie de l'entertainment tente de lancer chaque année, un marché prend doucement de l'ampleur, celui de la mise en valeur d'albums cultes, d'artistes qui ont marqué leur époque, ou d'autres, plus modestes et underground, mais qui furent importants pour toute une génération. Ce phénomène que le critique britannique Simon Reynolds appelle "la dépendance de la culture pop à son propre passé" dans son dernier ouvrage, Retromania, est-il l'aveu douloureux de l'incompétence actuelle des musiciens à nous faire autant vibrer que leur glorieux aïeux, une simple stratégie "de plus" du business de la musique pour nous revendre des disques que nous avons déjà, ou une vraie mise en valeur d'un patrimoine musical estimable ? Un peu de tout ça évidemment, et beaucoup d'autres choses aussi, les goûts, les tendances et les engouements d'un public proverbialement versatile étant de plus en plus difficiles à cerner aujourd'hui.

Les rééditions, pour quoi faire ?


La réédition d'un album peut tomber à point nommé pour des raisons circonstancielles, un effet d'actu, la biographie d'un artiste qui sort au même moment (exemple, la sortie d'un Best Of de Patti Smith par Legacy Recordings une division du catalogue de Sony BMG Music Entertainment) ou tout simplement un anniversaire (les 20 ans du Nevermind de Nirvana, du Screamadelica de Primal Scream, ou encore les 40 ans du What's Going On de Marvin Gaye). Selon Olivier Lamm, journaliste spécialisé (Chronic'art, France Culture), les rééditions "servent à remettre sur le marché des disques qui étaient fatalement ou momentanément indisponibles, parfois mus par des médias philanthropes qui lancent des modes autour de niches hyper spécialisées comme récemment la musique congolaise des années 70. Mais il y a surtout une tendance générale à l'auto-archivation, qui va bien au delà du seul marché de la musique (voir les coffrets de dvd d'émissions de télévision du passé qui pullulent). Les raisons culturelles, historiques et anthropologiques sont nombreuses et emmêlées les unes dans les autres : une tendance exponentielle à la nostalgie en général, une envie de fixer un peu les flux qui nous traversent… ".

Plus concrètement, les raisons de l'omniprésence d’œuvres du passé dans les bacs, peuvent aussi être économiques, comme l'explique Eric Pol, chef de produit chez Wagram : "Il y a de moins en moins d'espace pour le CD en magasin et de moins en moins de références. On cherche donc à valoriser le passé par le biais de la réédition du back catalogue d'un label. Cela permet d'être toujours présent sur le marché, sans vraiment sortir de nouveautés, qui, de toutes façons ont de moins en moins de place dans les points de vente, la stratégie principale étant aujourd'hui axée sur le téléchargement en digital". Une vision lucide, mais un peu pessimiste sur l'état actuel de la production musicale, que contredit Christophe Langris, directeur du catalogue chez Legacy Recordings (Johnny Cash, Marvin Gaye, Jimi Hendrix, Pearl Jam, Phil Spector, autant dire la Rolls-Royce des catalogues de rééditions), pour qui la transmission de l'héritage reste une part importante : "Personnellement je vois le business des rééditions comme ce qui se passe dans l'édition littéraire : on réédite des œuvres clés de la musique pour transmettre un patrimoine pour les générations futures. Ce n'est pas parce qu'une musique n'est pas actuelle, qu'elle n'est pas intéressante. Elle aide à comprendre la musique d'aujourd'hui. Et ça, c'est très important."

Rééditer des chefs-d’œuvre et revaloriser un répertoire méconnu


Dans le flot de rééditions auxquelles nous devons faire face chaque année, il est parfois difficile de s'y retrouver. Quels sont les disques importants et surtout, comment les labels définissent-t-ils leurs priorités ? "Il s'agit d'un véritable travail de direction artistique, indique Christophe Langris, chez Legacy par exemple, nous choisissons des albums ou des artistes que nous pensons véritablement importants dans l'histoire du rock et de la pop. Nous incluons des albums comme le Raw Power des Stooges sur lequel nous avons travaillé l'an dernier, mais avec tout le respect que j'ai pour lui, nous ne sortirons pas les œuvres de Joe Dassin." Parmi ce vaste choix, une priorité est donc donnée aux classiques choisis de façon circonstanciée, ou subjective, qui par la même occasion, referont surface chez les disquaires, à la radio, et dans les pages des magazines. C'est le cas de la réédition spectaculaire du catalogue de Pink Floyd par EMI, de l'album de la célébration des 20 ans du Bad de Michael Jackson par Sony, ou, bien sûr, du Nevermind, qui toutes firent grand bruit dans les médias.

Cela n'empêche pas d'autres groupes et albums, plus obscurs, de bénéficier d'un engouement pour un genre ou une scène (c'est le cas du Bakesale de Sebadoh dernièrement, du Deserter's Songs de Mercury Rev, ou encore de l'intégrale de Pavement). "Il y a rééditions et rééditions.", insiste Olivier Drago, rédacteur en chef du magazine New Noise, "quand des labels de moyenne envergure comme DFA réédite Pylon, ou quand Relapse réédite Disembowelment, on peut (peut-être) naïvement croire que l'intention est de faire connaître cette musique aux générations qui n'étaient pas nées quand elle est apparue. En ce qui concerne les rééditions par les majors, j'avoue que je doute de leur philanthropie. Certains labels indépendants se sont donnés pour mission de ne sortir que des œuvres du passé. C'est le cas de Soul Jazz, Strut ou Soundway." "Il existe de gros labels qui sont entièrement dédiés aux rééditions à l'international", explique Eric Pol, "cela reste des labels d'aficionados, mais ils sont incontournables si on aime vraiment la musique. Quand on met le nez dans un catalogue, ou un genre musical oublié, ou encore la discographie d'un artiste, forcément, ça ne s'arrête plus, c'est sans fin. Et c'est le but, rendre le public captif. Au final, on suit un label, une marque. Les fans achètent Soul Jazz, parce que c'est Soul Jazz par exemple."

Le soldat réédition sauvera-t-il le disque ?


Aujourd'hui il faudrait être autiste pour ignorer les difficultés du music business. Le CD n'en finit plus d'agonir, le marché du vinyle reste confidentiel (même si, comme le signal Oliver Lamm "les rééditions sont justement l'occasion de luxueuses et pléthoriques éditions vinyles"), les ventes au digital n'atteignent pas les sommets promis (ou imaginés). La promotion autour d'anniversaires et de rééditions seraient-elles la manne tant espérée ? Les disques sont là, les fans et la presse semblent suivre, mais concrètement, est-ce que ça marche ? Le soldat réédition sauvera-t-il le disque ? Pour Eric Pol, la réponse est clairement non : "Cela reste un marché de niche. C'est de l'épicerie fine en quelque sorte. On touche à l'esprit collectionneur. Quand – et si - c'est bien fait, même ceux qui avaient déjà le disque ont l'envie compulsive de le racheter, mais cela ne représente qu'une toute petite part du marché." Un avis que partage Christophe Langris : "Chez Sony Music, la priorité est encore et toujours le développement et la recherche de l'artiste qui fera un carton demain. Le catalogue Legacy, aussi prestigieux soit-il, reste une exception dans l'ensemble de nos activités. Même quand un artiste participe à la réalisation d'une réédition, comme ce fut le cas sur le back catalogue de Jimi Hendrix, les ventes ne sont jamais phénoménales. Pour un Nevermind ou un Bad qui vont bien se vendre, il y aura toujours un Pacific Ocean Blues de Dennis Wilson, qui lui, ne vendra que 5 000 exemplaires dans le monde entier."


On le voit, le marché de la réédition comme stratégie survivaliste de l'industrie musicale est une chimère. D'un côté l'objet réédité, souvent aussi onéreux que volumineux (voir l'énorme, et inabordable, coffret de l'intégrale de The Smiths parue début octobre 2011) reste un luxe que peu d'entre nous peuvent acquérir, de l'autre, les œuvres ainsi fixées pour l'éternité n'intéressent qu'une minorité d'amateurs : les fans, et ceux qui achètent encore des disques. Autant dire une tranche de la population ayant dépassé la trentaine. La place offerte au numérique étant de plus en plus importante, même pour des œuvres ne s'y prêtant pas a priori (comme ce fut le cas pour la discographie des Beatles, remasterisée et proposée sur iTunes et les autres plateformes de téléchargement), on imagine mal le même engouement pour la rééditions digitales, donc sans l'attrait "physique" de l'objet qui en fait tout l'intérêt. Reste donc l'héritage, dans lequel finalement, tout le monde trouve son compte. En guise de conclusion laissons parler Olivier Lamm : "Certains labels (Honest Jon's, Rush Hour, Now Again, Trunk, Finders Keepers…) ne se contentent pas de remettre à disposition des œuvres indisponibles, elles les font aussi connaître. Quand Lenny Kaye et le label Rhino ont sorti le premier coffret Nuggets (qui annonçait avec une décennie d'avance le tsunami industriel dans lequel on trempe jusqu'au cou aujourd'hui), ils ont certes bâti une "pierre tombale" pour le garage et la British Invasion ; mais ils ont également œuvré pour l'émergence du rock viscéral et érudit du début des années 2000."

La réédition, du bon et du mauvais donc, comme tout phénomène. Un syndrome "retromania" d'un côté, une culture musicale à laquelle nous n'aurions même pas pu rêver 10 ans plus tôt, mais certainement pas une vraie manne pour le music business qui prend inexorablement le bouillon années après années. Reste qu'aujourd'hui tout est disponible, et même votre petit frère de 13 ans fan de Limp Bizkit peut tomber par hasard un jour sur un chef-d’œuvre qui changera sa vie. Un disque impérissable comme l'ultime album de Dennis Wilson, par exemple, et ça, on ne peut le nier, c'est quand même drôlement bien !

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 15:59

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Proposer une expérience sensorielle unique, en mettre plein les mirettes des spectateurs tout en leur saturant les oreilles de décibels. Pour beaucoup, un concert se doit d’être un show inoubliable. Pour cela, les arts numériques sont appelés à la rescousse, en particulier dans le champ des musiques électroniques. Un grand mix où son et image finissent par se confondre.

Les collaborations entre artistes et musiciens ne datent pas d’hier. Pensons à l’opéra et au concept de Gesamtkunstwerk (œuvre d’art totale) employé par Richard Wagner au XIXe siècle pour ses productions de Bayreuth : l’expérience scénique s’y devait de combiner tous les arts, plongeant le spectateur dans un environnement extra-ordinaire. Mais dans la musique populaire, on en est bien longtemps resté à la simple confrontation musiciens-public, sans plus d’apprêt que l’habillage lumineux de la scène. Jusqu’à ce que des groupes comme Pink Floyd, dans les années 1970, ne produisent des concerts conçus comme de réels spectacles sons et lumières — avec parfois une certaine surenchère ( à voir) .
A contrario, dans le domaine des musiques électroniques, la solitude du DJ, derrière sa console ou son laptop, peut se révéler rapidement assez déprimante pour le spectateur. Les mains et les yeux rivés aux manettes, le musicien électro, contrairement au chanteur rock haranguant la foule, interagit peu avec ses auditeurs. Opinant du chef, c’est à peine s’il a le loisir de balancer un bras de temps à autre pour chauffer un peu la salle.

Environnements technologiques immersifs

Mais au concert on ne fait pas qu’écouter. Aussi faut-il donner au spectateur quelque chose à regarder, quitte à détourner son attention du musicien en train de jouer. L’arrivée sur scène des arts numériques, qui permettent de créer de vastes installations au fort impact visuel, a changé la donne, en particulier dans le domaine de la musique électronique, avec laquelle ils se marient idéalement pour créer de véritables environnements technologiques immersifs. Dans ce registre, les premiers concerts de Daft Punk, à la fin des années 1990, font un peu figure de modèles du genre — même s’ils doivent beaucoup aux pionniers de Kraftwerk et à l’esthétique du premier Tron. Le duo Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, habillé en costumes futuristes (dessinés par Hedi Slimane), y officie dans des sortes de grands-messes savamment mises en scène. Ça clignote de partout comme dans un flipper géant, mais on n’y dénote pas de réelle invention formelle.

Que peuvent (réellement) apporter les arts numériques aux musiciens sur scène ? A titre d’exemple parmi de nombreux autres possibles, on citera celui d’Amon Tobin, DJ brésilien qui a travaillé avec Alex Lazarus, directeur artistique de Blasthaus, afin de développer pour sa dernière tournée une structure de cubes sur lesquels sont projetées des animations en mapping (projection vidéo dynamique en 3D), nouveau procédé visuel à la mode (voir ISAM live, spectacle graphique d'Amon Tobin). Celle-ci a été réalisée en collaboration avec The Creators Project, nouvel acteur dans le secteur des interactions entre musique et arts numériques, auquel on doit notamment la production récente de shows spectaculaires, comme Richie Hawtin au Grand Palais, dans le cadre de Monumenta, ou les concerts du festival Coachella, en Californie.

 

 

 

Trailer d'ISAM live

Musiciens-artistes

Dans le cas de l’électro, le véritable show a donc désormais lieu en retrait de la scène, la présence du musicien devenant quasi secondaire. La vidéo, autant que l’animation numérique, y joue un rôle majeur, comme dans les méga-shows à l’américaine d'artistes pop comme Lady Gaga, Beyoncé ou Gorillaz. Pour le collectif AntiVJ, il est indispensable, cependant, de "sortir du format écran" pour "modifier la perception du réel". Une conception qui donne au concert traditionnel une forme radicalement nouvelle, synesthésique, où son et image se fondent littéralement l’un dans l’autre. Des artistes plus mainstream expérimentent également de plus en plus l’usage du numérique dans leurs mises en scène, comme le chanteur Stromae, qui lors de sa tournée 2011, utilise lui aussi le mapping, avec la collaboration d’AntiVJ, pour créer sur scène un environnement, des personnages et même un orchestre virtuels.

Certains musiciens tendent même à devenir eux-mêmes artistes, comme c’est le cas du collectif Black Dice, qui a offert à ses collègues d’Animal Collective un environnement vidéo spécifique pour leur concert à Coachella, ou encore Jeff Mills, pionnier de la techno made in Detroit qui offre régulièrement à ses fans des Cine mix et réalise des vidéos où il sample les images de films muets (en particulier ceux de Buster Keaton).

 

 

 

 

En France, la Gaîté Lyrique (Paris) ou le Cube (Issy-les-Moulineaux), les festivals Marsatac (Marseille), N.A.M.E. (Tourcoing) ou Nuits sonores (Lyon) sont les lieux où aller écouter de la musique électronique mixée aux arts numériques. Et vivre des expériences sensorielles uniques.


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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 11:12

Bonjour à tous,

 

nous évoquions lors de notre dernier CBR à Montpellier la chronique Musiques Contemporaines de David Jisse le jeudi à 8h40 sur France Musique.

 

Voici le lien pour écouter et podcaster

 

Je joins d'autre part le texte de la première émission qui parle d'elle-même. Peut-être allons-nous nous réconcilier avec les compositeurs vivants !

 

Cédric Libuda

 

 

 

Alors Bonjour mon cher Christophe
Oui merci de m’accueillir pour venir parler chaque semaine de musique contemporaine.
Le programme est vaste, les résistances nombreuses, mais ma conviction reste intacte.

Il faut d’abord savoir ce qui se cache derrière ce vocable ?
Pourquoi cette musique, si tant est qu’il s’agisse d’un seul genre de musique, suscite autant d’à priori chez certain de ceux qui l’écoutent ?
Pourquoi autant d’incompréhension ou de confusions parfois ?
C’est à toutes ces questions auxquelles j’essaierai, modestement, de répondre.

J’ai tendance à penser que les auditeurs qui ferment leur radio dès qu’ils croient reconnaître de la musique contemporaine sont ceux qui n’ont jamais eu l’opportunité la chance ou la simple curiosité de pousser résolument la porte de ce genre.
Et puis on le sait bien certains auditeurs cherchent avant tout dans la musique, l’écho de leur propre nostalgie ou de celle de leurs parents, avant celui de l’innovation ?
C’est vrai que pour aller vers la modernité, il faut faire un petit pas de côté et oser s’aventurer dans des espaces acoustiques inouïs. C’est un effort j’en conviens
Mais nous allons essayer de le faire et même d’avoir du plaisir.

Et puis à la décharge des anti-musique contemporaine, il faut reconnaître que les occasions pour la rencontrer même par hasard, sont de plus en plus rares d’où l’importance de ces cinq minutes matutinales.
Mais reconnaissez le cher Christophe, la programmation de votre émission est majoritairement classique.
Alors l’exercice est d’autant plus périlleux. Tenter de convaincre ceux pour qui Ravel est un dangereux moderne, Stravinsky tout juste écoutable et Ligéti, Berio Xénakis …Je n’en parle même pas…Quelle gageure le matin au réveil !
Mais je m’y risque cependant.

Alors il me faut rappeler deux fondamentaux :
D’abord que la musique contemporaine n’est pas un bloc uniforme fait d’une seule une esthétique Elle peut être sérielle,post sérielle.spectrale, répétitive, minimaliste, post moderne, voire néoclassique…et j’en passe
Et puis que l’appellation musique contemporaine renvoie souvent comme par réflexe à Webern et Schoenberg dont les compositions datent maintenant de presque cent ans…
Mais le temps a passé ! Nous vivons aujourd’hui au vingt et unième siècle ! La musique contemporaine est comme la vie d’aujourd’hui, mouvante contrastée, pleine de bruit et de fureur mais aussi de sensualité et d’émotion.Elle est portée par des compositeurs qui pourraient être les arrières petits-enfants de ces pionniers de la modernité.
Ce sont des jeunes gens et des jeunes filles qui en plus d’avoir fait de belles études dans de beaux conservatoires ont fait du rock-and-roll de la guitare électrique, même fumé peut-être des substances illicites et j’en passe. Ils sont donc en prise directe avec les musiques populaires tout en ayant choisi le langage de l’écriture dite savante.
Yann Robin est un de ceux-là, trentenaire talentueux dont on va créer demain à Paris dans le cadre du, hélas, dernier festival des Serres d’Auteuil une pièce intitulée Con Fuoco pour Piano et violoncelle (Firens Vizi et Ophélie gaillard).
Yann Robin Fait donc partie de cette génération d’aujourd’hui qui mélange, filtre et recompose toutes les sources de son histoire musicale.
Le Jazz d’abord avec ce sens de la pulsation explicite ou implicite
L’électronique ensuite puisqu’ayant travaillé sur les outils sophistiqués d’aujourd’hui il réinjecte cette jouissance du sonore dans son écriture instrumentale
Même les DJ font partie de son bagage, puisqu’il écrit pour les instrumentistes des boucles et des glissandi saturés, comme les sons obtenus souvent par les platinistes avec le jeux sur la vitesse des disques.

C’est bien joli tout ça vous allez me dire mais ça donne quoi !
Comme il s’agit d’une création, nous ne pourrons pas l’entendre mais j’ai choisi un extrait de la création de son quatuor N2 auquel j’ai eu la chance d’assister le 16 juillet dernier dans la cour magnifique de l’Hôtel Maynier d’Oppède à Aix en provence dans le cadre de l’académie d’été de du festival, concert organisé avec la SACEM.
Il m’a suggéré ce choix car dit-il, son écriture est dans le même esprit.
Alors guettez, les boucles, les saturations, les rythme dans cet extrait de Crescent Scratches.de Yann Robin interprété par le quatuor Tercéa.


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