Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 09:35

Vu sur Slate.fr :

 

Un an presque jour pour jour après la sortie de son premier single, la chanteuse affirme vouloir arrêter sa carrière. La fin d'un parcours révélateur des nouveaux moyens de monétiser le travail d'artiste et de l'impuissance de l'industrie du disque à retrouver un modèle économique?

Lana Del Rey en concert au Festival de Jazz de Montreux, le 4 juillet 2012. REUTERS/Dominic Favre/Pool.

- Lana Del Rey en concert au Festival de Jazz de Montreux, le 4 juillet 2012. REUTERS/Dominic Favre/Pool. -

«Lana Del Rey va mettre un terme à sa carrière.» On connaît la chanson, c'est la deuxième fois que la diva la pousse. La première fois en mars, seulement quelques semaines après la sortie de son premier album, Born to Die, et la seconde au début du mois de septembre, dans une interview donnée à l'édition australienne de Vogue.

«Quand j'ai commencé, je m'imaginais écrire un jour pour des films et c'est ce que je vais faire maintenant. Avec un peu de chance, j'arriverai à me faire une place dans le monde du cinéma et j'y resterai.» Et si on la croyait? Il lui reste encore la réédition de son disque, Born to Die – The Paradise Edition, programmée pour novembre.

Le point final d'une carrière musicale courte mais surtout rentable pour la jeune femme, qui en dit long sur sa personne, mais aussi sur la façon de gérer son parcours d'artiste dans une industrie musicale moribonde, faute de modèle économique stable. Le cas Lana Del Rey est révélateur d'une situation qui existe depuis plusieurs années mais qui tend à se généraliser: pour gagner de l'argent, il ne faut pas vendre des disques, il faut surtout se vendre.

Artiste et auto-entrepreneur

Depuis le début, la baby doll, en fine stratège, a su profiter de toutes les opportunités à sa disposition pour bien vivre de son métier d'artiste, et on ne peut pas lui jeter la pierre de l'avoir fait. Première étape: se créer une existence publique rapidement, en suscitant l'intérêt par le mystère (peu d'informations sur elle, les vidéoclips de ses chansons qu'elle aurait fait elle même, etc...), et le manque par la rareté (présence médiatique extrêmement maîtrisée).

L'effet a été direct. La Toile se déchirait alors en deux: les majoritaires défenseurs, et futurs potentiels acheteurs, de la nouvelle incarnation d'une pop lynchienne; et les minoritaires, assassins, pour qui le succès de la «bête maléfique» ne pouvait être que l'oeuvre de supposées manipulations des majors du disque.

En réalité, au fil des interviews accordées aux différents médias, force est de constater que Lana Del Rey ne se révèle pas une innocente et fragile artiste. En plus de ses talents artistiques, la jeune femme est une businesswoman qui maîtrise totalement son image, qui sait ce qu'elle veut, qui sait comment l'avoir et qui n'a pas attendu l'aide d'une industrie musicale hésitante sur ses investissements pour se prendre en main, comme en témoigne les propos qu'elle tenait au magazine Voxpop en novembre dernier:

«On est en 2011. Tu as toutes les nouvelles technologies à ta portée pour te créer un nouveau travail, un nouvel environnement, une nouvelle vie. Il faut juste savoir saisir l'occasion, tu peux sortir de chez toi et te réinventer entrepreneur.»

C'est cette maîtrise de son image intelligente, qui a eu pour effet un buzz gigantesque, et ses qualités de chanteuse qui expliquent le succès fulgurant de son premier album: 360.000 exemplaires vendus en France et, en tout, 2,5 millions dans le monde.

Elle n'est pas la seule, ces dernières années, dans le monde de la musique, à avoir géré son début de carrière de la sorte. La même stratégie avait été appliquée par les anglais de Wu Lyf courant 2011, pour la sortie de leur premier album. Et encore une fois, les majors n'y étaient pour rien.

La crise du disque a fabriqué des artistes qui, dès le départ, sont conscients du fait que les méthodes de promotion classiques encore utilisées par les maisons de disques ne sont plus autant adaptées à notre époque connectée, et qui donc agissent en conséquence. Ils y trouvent leur compte, et les labels aussi: cela n'empêche pas ces derniers d'user des bonnes vieilles méthodes marketing, comme celle de la réédition quelques mois après la sortie de l'album —la fameuse «version digipack deluxe» agrémentée de titres bonus, généralement des rebuts de la session d'enregistrement de l'album jugés trop insignifiants sur le moment pour y figurer.

Parfois, la réédition permet de donner une seconde chance à un album qui, faute de promotion efficace, n'a pas réussi à rencontrer un public à sa sortie. Mais le plus souvent, elle s'avère être un moyen simple et efficace pour un label de sortir un disque avec un investissement minime (pas ou peu de frais d'enregistrement en studio, peu de frais de promotion). Un disque facilement rentable en somme, ce qui est loin d'être le cas de tous les albums présents dans les rayons.

Don't Stop 'til You Get Enough

Mais aujourd'hui, pour n'importe quel artiste, les ventes de disques ne constituent pas la part la plus importante des revenus. Il y a les tournées, le merchandising et, bien sûr, la publicité, qui brasse des sommes d'argent colossales.

Lana Del Rey, elle, n'est pas partie en tournée intensive pendant de longs mois. Seulement quelques concerts, dont certains en festivals, une manière plus rentable de faire de la scène. Ses prestations maladroites, pour ne pas dire catastrophiques, et les réactions haineuses qui ont suivi sur Internet l'ont quelque peu meurtrie. Elle se fait donc rare sur scène et ses apparitions semblent devoir être motivées par un petit billet, comme fin septembre, lorsqu'elle a interprété deux chansons pour une soirée organisée par Jaguar, le constructeur automobile dont elle est l'égérie.

Par contre, en mai dernier, Nespresso a bénéficié de son aura de classe, de féminité et de sensualité en utilisant son morceau Blue Jeans dans sa campagne publicitaire.

Elle n'est pas la seule à le faire: Amadou & Mariam (La Poste), Charlotte Gainsbourg (BMW), C2C (Google), la liste est longue et s'étend sur de nombreuses années... C'est un fait, la musique ne fait plus vendre des disques ou des fichiers numériques, elle fait vendre des produits de grande consommation, et dans certains cas, des produits de luxe.

Depuis bien des années, les annonceurs et agences de pub ont bien compris l'intérêt d'utiliser l'image ou la musique d'un ou d'une artiste pour des campagnes publicitaires: ciblage générationnel, ciblage socio-culturel et répercussions positives sur l'image d'une marque. Ce n'est pas un hasard si une célèbre marque de soda américaine a payé un DJ français de renommée mondiale, au fort capital de sympathie auprès des jeunes, pour accompagner la promotion de son produit.

Mais ce que l'on appelle la synchronisation publicitaire constitue également une source de revenus immense, aussi bien pour les labels (20 à 30% des recettes pour Universal Music Publishing, par exemple) que pour les artistes. Cela va de quelques milliers d'euros pour un artiste peu connu à plusieurs millions pour les stars du moment.

Quant aux légendes, vivantes ou décédées, les sommes dépassent l'entendement. Dans cette catégorie figure Michael Jackson, dont le titre Don't Stop 'til You Get Enough a été utilisé pendant quatre ans par la Française des Jeux, ou encore les Beatles, dont la chansonRevolution a habillé les publicités d'Orange. Les montants sont gardés secrets, ça veut tout dire.

Femme-sandwich

Parfois, certains franchissent un pas supplémentaire et deviennent des hommes et femmes-sandwich. Les placements de produits sont omniprésents dans les clips. Un espace de visibilité sur le poignet, sur la main ou posé sur le nez coûte cher aujourd'hui.

Pas moins de dix marques sont par exemple présentes dans les vidéos de Telephone de Lady Gaga ou Sorry For Party Rocking de LMFAO. De vrais spots publicitaires.

Tout récemment, après Mulberry et Jaguar, Lana Del Rey a été choisie pour être l'égérie de la marque suédoise H&M, dont la nouvelle campagne vient de débuter. Autant dire que là, c'est le jackpot: l'Américaine est dans toutes les rues et les stations de métro, en format 4X3.

La marque réalise également un beau placement de produits en faisant le clip de la chanson Blue Velvet, un classique de Tony Bennett dont elle vient d'enregistrer une reprise. Un titre qui permet également à Lana Del Rey de faire la promotion de la réédition de son (unique) album, puisqu'il figurera parmi les nouvelles chansons en bonus.

Une année s'est écoulée entre la parution officielle de son premier single Video Games, le 10 octobre 2011, et cette (probable) fin abrupte, avec, pendant ce laps de temps, la création de ce tremplin médiatique vers le milieu du cinéma qu'elle ambitionne réellement. Une année et une carrière que personne n'imaginait filer à la vitesse de la lumière pour finir ainsi: il faut avouer que, lorsqu'il s'agit d'une pop star au plus haut de sa popularité, on s'attend plutôt à la voir se faire faucher au sommet par des excès chimiques (coucou Amy!).

A l'heure de faire le bilan de cet épiphénomène, le constat est mitigé: artistiquement, l'oeuvre est assez mince avec 23 chansons et quelques concerts dont la qualité est discutable et discutée; économiquement, par contre, Lana Del Rey a su profiter d'activités non-musicales très lucratives. Doit-on voir un lien de cause à effet entre les deux? Est-t-il aujourd'hui possible de concilier réussite artistique et économique? C'est une autre histoire.

La réédition de Born To Die est en tout cas un événement, un baroud d'honneur artistique et commercial, pour une artiste qui a tout intégré de l'univers économique dans lequel elle souhaitait évoluer et su monnayer intelligemment son œuvre. Un univers dans lequel l'industrie de la musique enregistrée voit son modèle économique se détériorer de jour en jour et peine à en retrouver un nouveau, et est pour l'instant dominée par d'autres acteurs, multinationales du numérique ou marques géantes.

Adrien Toffolet


Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Music Business
commenter cet article
8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 16:05

Compte-rendu                         CBR Musique             Pierres-Vives 04 octobre 2012

 

Etaient présents : Fabrice Ballery (Frontignan), Fabrice Bernarda, Hervé Bissonier (St Jean de Védas), Farid Bénameur (Lodève), Héloïse Charasse (CCVH), Eric Druart (Agde), Carine Magnoni (St Chinian), Jean-Jacques Massé, Annick Villota (Lattes), Bruno Taribo (Sète).

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Après une visite de la Médiathèque Pierres-Vives, un point sur nos actualités respectives :

Projet d’une nouvelle médiathèque à Lodève pour 2015-2016

La nouvelle médiathèque de Frontignan devrait ouvrir en 2014-2015

Eric Druart (Agde) a participé à une réunion sur un projet de portail de musiques actuelles en Languedoc-Roussillon animé par le Garage Electrique : (http://legarageelectrique.net/2012/10/01/ag-du-garage-electrique-samedi-6-octobre-17h00-friche-de-mimi/#more-1065). Il nous tiendra au courant de l’évolution du projet.

 

En 2013, l’Opéra National de Montpellier nous propose « Don Giovanni » de Mozart :

Présentation pédagogique lors du CBR du 21 février

Répétition à l’opéra le jeudi 30 mai à 13h30

Spectacle le mercredi  12 juin à 20h00

 

Les meilleurs labels

Enfance : Didier Musique, Enfance et Musique…

Jazz : Les Allumés du Jazz, ACT, Enja, Budda, IMR, Opus Jazz, Dixie…

Rock :  Sub-Pop, Domino, Fargo…

Chanson : Mon Slip, Frémeaux, Tôt Ou Tard, Macabane…

Hard rock : Roadrunner, Magna Carta, Earache, XIII bis…

Musique classique : Harmonia Mundi, Alpha, Ondine, Naïve, Alia Vox, Mirare, Zigzag, Naxos…

Musiques de film : Milan, Cinevox

 

Fonds Thématique : Le jazz vocal (ou les voix du jazz ?)

Nous établirons une discographie de 100 références à partir des articles scannés de Jazzman : 80 chanteuses et 20 chanteurs. Bien sûr, nos choix personnels peuvent s’intégrer à la liste.

Nous excluons de cette discographie : le blues, le gospel.

Ecoutes :

Michel Portal              « Bailador »                            Emarcy

ONJ                            « Piazzola »                            Jazz Village

Imperial Quartet         « Imperial Quartet »               Instant Music 

Lionel Loueke              “Heritage”                              Blue Note      

Avishai Cohen            “Duende”                               Blue Note

Marcus Miller             « Renaissance »                      3 Deuces

Ravi Coltrane             « Spirit fiction »                     Blue Note

C2C                            « Tetra »                                 On And On

Django Django           « Django Django »                 Because

Smashing Pumpkins   « Oceania »                            Martha’s Music

Zoufris Maracas         « Prison dorée »                     Wagram

Dirty Projectors          « Swing lo Magellan »           Domino

Loch Lomond            “Little me”                             Chemikal Underground

Asha                           “Vol.2”                                   MG Art

Azealia Banks             « 1991 »                                 Polydor

Rizzle Kicks               « Stereo typical »                   Island

Gainsbourg                 « Histoire de Melody Nelson »         Philips

Radiosofa                   « Le souffle court »               Opposit

Exodus                       « Exhibit B »                          Nuclear Blast

Klub des 7                  « La classe de musique »       Encore

 

 

Prochains CBR à St Jean de Védas : les jeudis 6 décembre, 21 février et 30 mai 2013.

 

Repost 0
4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 16:43

Cela fait toujours plaisir de voir le théâtre d'Avignon plein pour de la musique sacrée de Marc-Antoine Charpentier, le mal connu du Grand Siècle !

A vrai dire la distribution n'y est certainement pas pour rien, puisque ce n'est pas moins que le Centre de Musique Baroque de Versailles qui se déplace !

Juste une petite parenthèse sur la formation avec tout d'abord les enfants qui peuvent être pris en charge dès l'âge de quatre ans au sein du Jardin Musical ! Ensuite vient la Maîtrise dont les meilleurs éléments peuvent intégrer le corps des Pages de la Chapelle Royale que nous avons vu sur scène. (Partitions par coeur et en latin....)

Les jeunes adultes peuvent bénéficier d'une formation professionnelle de qualité au CMBV :

Outre les modules musicaux classiques, les étudiants travaillent : l'interprétation baroque, les langues, la déclamation et la gestuelle, la danse baroque et connaissance du milieu de chanteurs professionnels.

C'est donc tout cela qu'il nous est donné à voir lors d'un déplacement du CMBV et je ne parle même pas des solistes !


 

 

À la tête des Pages, des Chantres et des Symphonistes du CMBV, Olivier Schneebeli poursuit son exploration du répertoire sacré des XVIIème et XVIIIe siècles.

 

Après Minoret, Lalande et Desmarest, il retrouve cette fois le fameux Charpentier dont il a choisi quelques-unes des plus ambitieuses histoires sacrées, hautes en contrastes et en drames.

Chassé de la scène une grande partie de sa carrière par le despote Lully, c'est dans le domaine de l'oratorio que Marc-Antoine Charpentier prendra sa revanche. A travers ses douze Histoires Sacrées, le disciple de Carissimi a crée un grand théâtre sacré qui est le pendant des tragédies lyriques du "divin" Baptiste.

 

Les trois Histoires du concert -Judith − Le Jugement dernier − Le Massacre des Innocents

 

offrent une variété saisissante des effets voulus par Charpentier (les échos des choeurs du Jugement !).

 

En résumé, une chance exceptionnelle d'assister à un concert "à la française", un voyage dans le temps immédiat et un travail somptueux !

Le concert du 6 octobre sera enregistré par France Musique.

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Concerts
commenter cet article
26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:43


Bonjour, 


La Médiathèque André Malraux (MAM) de la Communauté d'Agglomération Béziers Méditerranée lance un nouveau site baptisé «MAMusique» qu'elle entend consacrer à la valorisation de la musique en région.


Son projet est, en premier lieu, de parler des musiciens qui vivent et travaillent en Languedoc Roussillon, amateurs ou professionnels, d'annoncer leurs projets, de relayer leurs infos, dates de concerts, sorties CD...


Il propose également un annuaire des professionnels de la musique en région : artistes, labels, studios d’enregistrement, magasins de musique, scènes locales…


Dans la rubrique « parlons musique », c'est à toutes les musiques que les bibliothécaires de la MAM s'intéressent pour partager découvertes musicales et coups de cœur.


En prolongement de ce site, sur le pôle musique de la MAM, des bacs sont consacrés aux CD issus de la scène locale et des showcases régulièrement organisés pour permettre rencontres et découvertes.


Nous espérons que ce site trouvera son public et qu'il deviendra vite un vivant témoignage du dynamisme de la scène musicale locale.


http://mammusique.wordpress.com/



Pour l'équipe de MAMusique 


Dominique FOURCADE

Responsable Pôle Musique Arts Cinéma

Médiathèque André Malraux

Communauté d'Agglomération Béziers Méditerranée

Tel.: 04 99 41 05 50 

 

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Notre métier
commenter cet article
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 13:59

Vu sur Slate.fr, un très bon article d'un ancien de la blogothèque : Alexandre Lenot

http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/node-story/dudamel.jpg

Mon ami Olivier était venu dîner. A son arrivée, j’étais en train de finir de mettre la table en écoutant la Passion selon Saint Matthieu. Il a eu ces mots: «On se rend compte qu’on vieillit lorsqu’on commence 1. à se faire des bons dîners aux vins de Bourgogne chez les potes plutôt que d’aller boire des bières et 2. à s’écouter de la musique religieuse allemande du XVIIIe  siècle».

 

J’ai œuvré pendant 4 ans au sein de la Blogothèque, un site Internet qui tente de renouveler les façons de parler de la musique, en utilisant notamment la vidéo mais aussi en se faisant l’apôtre d’une écriture personnelle et décomplexée, débarrassée des diktats des savoirs, juste attachée à la sensation et à la défense de l’idée. A partir d’une base très marquée «musique indépendante à guitares», on y a parlé au fil des années de jazz éthiopien, de rock canadien, de musiques noires, de folk boisé...

 

Malgré cela, l’ouverture a ses limites: je ne crois pas qu’on ait publié ne serait-ce qu’une seule fois un papier stricto sensu sur la musique classique. En fouillant, je ne trouve qu’un seul exemple. La considérant sans doute trop savante, trop impressionnante, trop complexe à appréhender, nous nous auto-censurions en bons prisonniers du cliché qui veut qu’une très solide culture, supposée grande ou supérieure, soit un pré-requis indépassable pour pouvoir la comprendre. Mais est-ce vraiment un cliché?

 

Trop compliqué?

Ça parait tout simplement aberrant à première vue. Ça revient à considérer qu’il faut être capable d’identifier chaque sample d’un morceau de hip-hop pour en comprendre le propos, ou qu’il faut avoir été anthropologue à Tombouctou pour comprendre le jeu de Toumani Diabaté. Et puis quoi encore? Est-ce qu’il faut avoir fait des années d’études en histoire de l’art pour être ému devant une toile de Rothko, une sculpture de Richard Serra, une photographie de Willy Ronis? Est-ce qu’il faut avoir fait du surf pour aimer Pet Sounds? Avoir été esclave dans une plantation de coton pour aimer le blues?

 

Certaines œuvres sont sans aucun doute plus difficiles à décrypter que d’autres, mais la Symphonie N°5 de Beethoven, c’est aussi immédiat, directement compréhensible et renversant que n’importe quel riff de guitare de Keith Richards. Et encore, je suis gentil avec le vieux Keith, et j’omets volontairement Britten et son Young Person's Guide to the Orchestra dont l’ouverture renvoie des générations d’apprentis rockeurs à leurs chères études.

 

Retournez donc voir n’importe quel ensemble, et regardez donc de plus près: les violonistes attaquent leurs instruments bien plus férocement que nombre de guitaristes poseurs, les contrebassistes ont des allures de loups, et surtout, surtout … A l’heure où le rock s’emmerde parfois à essayer de faire revivre la resucée de la résurrection d’un truc déjà entendu mille fois, on a oublié qu’un instrument amplifié, même sur un mur d’amplis avec les potards à 10, ce n’est pas du tout la même chose que 22 violons, et donc 22 interprètes, qui jouent de concert.

 

Si on parle de puissance pure, on est loin d’une délicatesse pour vieilles précieuses dans l’ouverture de Fidelio par Beethoven, qui fait passer n’importe quelle production de Daft Punk pour un aimable coloriage. Je ne parle pas seulement de complexité, ou d’une écriture qui serait plus riche. Elle l’est sans aucun doute, mais elle dépasse aussi et surtout l’œuvre du fameux duo électronique et son pauvret Tron en intensité.

 

Et Sibelius ou certains Russes me direz-vous? Le compositeur finlandais se traîne souvent une réputation de contemplatif chiant. Il n’est pourtant pas moins fascinant que les Canadiens de Godspeed You Black Emperor, et on pourrait même considérer qu’il partage avec eux une certaine esthétique. Les Ecossais des Mogwai ou l’électronique de Boards of Canada demandent eux autant de patience que, au hasard, Stravinsky.

 

Et que dire des airs de la Flute Enchantée ou de Ravel, ou des opéras de Massenet?

 

L’opéra en particulier prouve bien, avec ses intrigues souvent très contemporaines ou sinon familières (prenez Don Carlo, dont le principal problème est qu’il est amoureux de la femme de son père), que l’idée d’une musique savante par essence non populaire n’a rien d’innée. Certaines mises en scène en témoignent: Irina Brook avait choisi comme décor pour sa Cenerentola de Puccini Rossini une pizzeria familiale dont les murs arboraient fièrement un poster de la Squadra Azzura championne du monde en 1982.

 

Trop cher?

Que s’est-il donc passé? Il y aurait bien des choses à dire de l’opéra en particulier, qui tout en étant très largement subventionné par les pouvoirs publics reste très peu accessible aux communs des mortels. Cette catégorie mise à part, l’argument financier est tout relatif: il est moins cher d’aller voir la cinquantaine de musiciens du Chamber Orchestra of Europe jouer l’Hymne à la Joie que d’aller écouter pêle-mêle Neil Young, David Krakauer, Al Green, Keith Jarret, Snoop Dogg ou Tom Waits. On rappellera également qu’aller voir Lady Gaga à Bercy coûtait 90€.

 

Il est sans doute question ici de forme, beaucoup plus de fond. On sait, depuis l’expérience que mena par exemple le Washington Post, à quel point celle-ci peut faire toute la différence. Mettez un violoniste portant jean et casquette de base-ball dans le métro de Washington à l’heure de pointe: un bon millier de personnes passe, 27 donnent de l’argent pour un total de 37 dollars et 7 personnes s’arrêtent pour écouter. Une seule personne le reconnaît. C’est Joshua Bell, qui allie reconnaissance quasi-unanime de plus grand violoniste en activité et physique avenant de jeune beau gosse très éloigné des allures qu’on associe habituellement aux grands interprètes. Dans ses mains, un Stradivarius à 3,7 millions de dollars.

 

C’est une évidence, finalement: le cadre importe, le contexte est roi.

 

Et bien comment la présente-t-on cette musique?

 

Trop élitiste?

Aux Etats-Unis, une polémique est née entre Neal Gabler d'une part et AO Scott (le monsieur cinéma du NY Times) et Alex Ross (1)(le monsieur musique classique du New Yorker, auteur d'un incroyable panorama sur la musique du XXe siècle intitulé The Rest Is Noise) d'autre part. Le premier reprend un vieil argument de wannabe gourous de l'internet mondial.

 

Son idée (oui, en 2011 !) n’est finalement qu’une nouvelle variante de la fameuse désintermédiation: jusqu'à l'avènement de l'internet qui permet à tout un chacun de se faire sa propre opinion (et de l'exprimer) et de s’affranchir ainsi de toute une galerie d’intermédiaires, l'agenda culturel était fixé par une élite médiatique, avec les critiques au premier rang («media executives, academics, elite tastemakers, and of course critics») qui tentaient d'imposer leur goût au grand public. Visées: l'art conceptuel et la musique classique, qu’un public libre de ses choix aurait forcément délaissés. C’est beau, c’est puissant, c’est fascinant, presqu’autant que ce navrant article bien réactionnaire.

 

Alex Scott lui s'interroge en retour :

 

What media executives have lately been foisting classical music on the masses? Please tell me — I'd like to send them a fruit basket.

 

En France, on peut sans doute nuancer le propos, principalement du fait des radios du service public et des quelques pages du Figaro ou du Monde sur le sujet, mais la façon dont la musique classique est présentée reste le plus souvent austère, démodée, une affaire de spécialistes et comme attachée à maintenir des  frontières autour d'une culture qui se vivrait donc par opposition aux autres, et refermée sur elle-même.

 

Certains médias plus «tendance» pourraient parfaitement aborder ce terrain mais y renoncent pour des raisons plus ou moins évidentes. Dans un entretien sur sa pratique de critique musicale, l’éditorialiste Gilles Tordjman évoquait ainsi la politique de son ancienne maison qui laisse volontiers la musique classique à Télérama et n’en fera jamais état dans sa fameuse courbe de la hype:

 

«Le simple fait qu’un magazine comme Les Inrocks se soit toujours défié de la musique classique, au seul motif que c’était de la “culture dominante” (entendez ici: élitiste, réactionnaire, guindée, etc.) dit beaucoup sur le conformisme de l’anti-conformisme. (…) La “musique classique” reste “un truc de vieux” aux yeux des faux jeunes encore plus vieux. Le jeunisme est décidément une passion de vieillards.»

 

Trop guindé?

Il faut dire que le milieu ne les aide guère, à première vue. On le sait, cette musique est exigeante avec ses interprètes. Ils passent par des écoles extrêmement compétitives qui feraient passer l’X ou MIT pour des aimables cours de récréation ouvertes aux premiers venus.

 

Ils se présentent en public en conséquence, sanglés dans des costumes stricts, ne souriant en général que rarement – et encore uniquement en fin de représentation, mettant en avant les deux qualités qu’on leur demande avant tout: la discipline et la rigueur. Lorsque la pianiste Yu Kosuge se permet de grands sourires démonstratifs en pleine représentation à la Folle journée de Nantes, tout le monde s’extasie sur son incroyable fraîcheur.

 

Les grands chefs n’ont pas l’air plus marrant, qu’il s’agisse de Pierre Boulez qui bougonne, du hiératique Paavo Järvi, du notoirement peu expressif Myung-Whun Chung qui dirige depuis 10 ans l’Orchestre Philharmonique de Radio France. On pourra toujours arguer, avec raison, qu’ils sont sur le point de diriger un ensemble symphonique, ce qui doit en termes de concentration et de construction d’un rapport de force (comme on dit dans le syndicalisme) être l’équivalent de conduire une formule 1 d’une main en relisant le manuel de l’autre (sauf Chung qui mémorise les partitions de tous les instruments et dirige sans, genre dans une autre vie j’étais chevalier Jedi, et qui parle très joliment de son travail).

 

Le cérémonial qui encadre les représentations de cette musique est tout aussi étouffant, entre cocktails privatifs réservés aux grands mécènes privés (la Société Générale est le mécène principal de la Salle Pleyel) et salons loués à la Banque Postal Asset Management.

 

Le public est en conséquence généralement âgé, on y voit plus de cheveux blancs que de dreadlocks, et il arrive fréquemment qu’à la moindre pause les tonnerres d’applaudissements d’éternuements instillent une savoureuse ambiance de sanatorium. Ceci dit, lorsque Leonard Cohen a fini par reprendre la route des grandes salles européennes, les parterres mettaient eux aussi des heures à se vider à la fin de chaque concert, la faute aux cannes, déambulateurs et autres escaliers abrupts à n’aborder que très précautionneusement quand on n’a plus ses jambes de soixante ans.

 

Mais on peut néanmoins reconnaître que le cadre n’est pas le plus ouvert qui soit: un ami qui souhaitait voir son premier opéra en était revenu incapable d’émettre le moindre jugement esthétique sur la musique qu’il avait entendu. «J’étais bien trop impressionné par le dispositif », me dit-il. Mais est-ce si spécifique? Se frayer un passage dans le public d’un concert du Wu Tang à Staten Island n’était pas nécessairement une promenade de santé.

 

Il y aurait pourtant bien des choses à dire et à montrer, et les bonnes raisons de désenclaver la forteresse ne manquent pas. Pour qu’elle ne devienne pas la chasse gardée d’une élite sponsorisée par Rolex, pour que tout le monde ait le droit de pleurer en écoutant Gorecki.

 

Viens, on sort du cadre

Le flamboyant Dudamel, son disciple Bringuier ou l’anglais Daniel Harding obéissent aux codes de la représentation, mais ils sont aussi nettement plus flamboyants. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il faut être spectaculaire pour flatter le public, mais enfin on sent là une explosion de vie qui va très nettement à l’encontre des clichés habituels.

 

D’autres musiciens classiques sentent aussi la nécessité de sortir du cadre de manière encore plus radicale. Un jeune producteur d’une trentaine d’années a lancé Fugues avec l’idée de faire sortir de grands interprètes contemporains de leurs repaires habituels : tour à tour, le quatuor Dotima joue donc à l’hôpital Sainte-Anne, les pianistes Edna Stern et Alexander Gurning à la patinoire Pailleron et plus récemment le quatuor Artemis sur les quais de la Gare d’Austerlitz. Ils se heurtent certes aux mêmes difficultés que Joshua Bell dans le métro, mais c’est une initiative. 

 

Elle est loin d’être nouvelle. Lorsqu’en 1976 Jean-Claude Casadesus recrée l’Orchestre National de Lille sur les cendres de l’orchestre de l’ORTF de Lille, il met très vite en pratique un programme en apparence simple: l’ensemble ira à la rencontre de son public. Dans les archives de l’INA, on peut donc voir les musiciens jouer dans les entrepôts du métro lillois ou à l’Imprimerie Nationale. Depuis 1995, ils jouent également chaque année… en prison.

 

Aujourd’hui, on pourrait citer dans une autre veine l’orchestre Divertimento, fondée en Seine Saint-Denis par la chef Zahia Ziouani. Globalement, la plupart des grands orchestres ont compris la nécessité de s’ouvrir à tous les publics et beaucoup se servent du web pour accélérer ce mouvement qui s’est longtemps résumé à des actions scolaires et une politique tarifaire spéciale sur un quota de places.

 

L’Orchestre National de Lille (encore lui), l’Orchestre Philharmonique de Radio France et l’Orchestre de Paris sont tous les trois présents, plus ou moins régulièrement, sur ARTE Live Web, le site de retransmission de spectacles vivants dont je m’occupe par ailleurs. La Philharmonie de Berlin a quant à elle mis en place un portail payant, une politique sur laquelle son directeur serait en train de revenir. Le MET Opera de New York a quant à lui passé des accords pour être diffusé dans des cinémas à travers le monde. 

 

L’Orchestre de Paris va même plus loin dans son usage du web, puisqu’il a ouvert un blog (je sais, dis comme ça, ça parait dingue) consacré à la vie de la formation et au répertoire qu’elle joue. Il est pourtant assez exceptionnellement riche, tenu tour à tour par certains des musiciens mais aussi par le journaliste et réalisateur Christian Leblé. Récemment, on s’y essayait même à de la vidéo, avec un violoncelliste de l’orchestre filmé dans une salle de classe. 

 

On pourrait également emprunter les multiples passerelles qui relient aujourd’hui plus que jamais cette musique dite savante et des pratiques plus contemporaines. En remontant la piste de tous ces musiciens qui revendiquent allègrement les influences et techniques de la musique minimaliste, on trouvera un compositeur comme Max Richter, à la croisée du classique et de l’électronique, qui outre son travail solo a par exemple composé la bande-son de Valse avec Bachir. 

 

On parle aussi beaucoup d’Erik Satie (et pas que pour parler du Yann Tiersen période Amélie Poulain) et la figure de Steve Reich est souvent centrale: The Dodos l’invoque, The Notwist publie un EP intitulé «Different Cars & Trains» en hommage, alors que Bryce Dessner de The National, qui mène une double vie de compositeur classique et de guitariste de rock, affirmait en interview lui envoyer ses compositions.

 

Sur les dernières compositions de son groupe, on retrouve ainsi souvent des arrangements signés du compositeur Nico Muhly, qui écrit pour l’English National Opera, arrange Antony & The Johnsons, et collabore avec Philip Glass et Bjork. Du côté des musiques sérielles, l’Islandais Skuli Sverisson ou la techno minimale d’un Ricardo Villalobos doivent eux énormément à John Cage.

 

Sortir des carcans

Toujours au rayon des passerelles, Libération consacrait il y a peu un long article aux disques In Finé. Figure de proue du label français, le concertiste Francesco Tristano, formé à la Juilliard School, avait coutume de glisser lors de ses récitals des interprétations de classique techno entre Bach et Dusapin. Il officie depuis des deux côtés de la barrière. En plus de sa participation au trio Aufgang, il a depuis publié trois albums en solo, tous à mi-chemin de la virtuosité pianistique et du «plaisir des clubs électroniques».

 

Sur France Musique, on soulignera également l’émission Rapido Con Brio, qui emprunte les multiples ponts qui existent entre toutes les formes de virtuosité, associant ainsi Jimi Hendrix, Serge Gainsbourg, Dizzy Gillespie, Béla Bartok et Taraf de Haidouk. Aux commandes, un jeune journaliste qui anime également le beaucoup plus traditionnel Matin des Musiciens et qui, à force de côtoyer des concertistes beaucoup plus curieux et éclectiques que l’image qu’ils donnent habituellement, a lui aussi voulu sortir des carcans. Il y donne à entendre des correspondances et des associations souvent savoureuses et toujours intéressantes. On peut la podcaster ici.

 

Au-delà de ces quelques exemples, l’essentiel c’est que les initiatives pour rendre cette culture plus vivante et plus actuelle existent. Alors si une étude récente affirme que les hommes amateurs de musique classique sont moins attirants que les fans de Slipknot, rassurez-vous messieurs: ce ne sera pas la première étude supposée scientifique sur la musique à se planter magistralement. D’ailleurs, voyez plutôt ce qu’un honorable confrère écrit à propos d’un récent enregistrement de Jonas Kauffman, le ténor montant des années 2000:

 

«Oh, Kaufmann nous ressort le grand jeu. Il a une envergure vocale fantastique, en tant que lirico spinto, et il est l’un des rares ténors lyriques à pouvoir mettre à l’amende n’importe quel orchestre symphonique en un glapissement. Sa voix est à la fois forte, puissante et virile comme un bûcheron, et souple et fluide comme un prof de yoga. Imaginez ce que ce genre de mec peut faire comme crapuleries salaces au pieu.»

 

C’est dans … Vice Magazine. Puisqu’on se tue à vous le dire: le classique, c’est rock’n’roll et c’est cool. Il suffit d’ouvrir un peu les yeux et les oreilles.

 

Alexandre Lenot

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Internet
commenter cet article
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 13:46

Vu sur Slate.fr : 

 

                                               http://i.huffpost.com/gen/740553/thumbs/s-MUSIC-BRAIN-large.jpg

 

Vos parents vous ont proposé (forcé) de prendre des leçons de piano à dix ans. Vous avez tenu un an et, à force de supplications, vos géniteurs ont cédé et vous ont laissé arrêter. Depuis, votre pauvre Yamaha prend la poussière dans le salon et vous avez un peu honte. Relativisez: même si vous n’êtes pas le nouveau Mozart, selon une étude scientifique vos douze mois de gammes ont donné un coup de pouce à votre cerveau.

 

Nina Kraus, directrice du Laboratoire de neurosciences auditives à l'Université Northwestern, a dirigé une étude afin de déterminer si les leçons de musique ont une influence sur le cerveau. Citée par ABC News, elle explique que cette étude, publiée dans The Journal of Neuroscience, est la première à s’intéresser aux personnes ayant arrêté la musique:

 

«Il y a de bonnes preuves que jouer d'un instrument de musique peut profondément affecter le système nerveux, mais la plupart des études ont porté sur des gens qui jouent encore. […] Cette étude est la première, à ma connaissance, à s'intéresser au scénario le plus typique des personnes qui prennent des leçons de musique enfant.»

 

En utilisant des électrodes minuscules, les chercheurs ont observé la réaction du cerveau face à un son chez quarante-cinq étudiants de Northwestern avec des degrés de formation musicale différents. Ils ont ensuite calculé le QI des étudiants et ont découvert que les personnes ayant pratiqué au moins un an d’un instrument ont une plus grande capacité d’apprentissage que les autres.

 

The Huffington Post explique que les leçons de musique entraînent une meilleure capacité de concentration: il est plus facile, par exemple, d'écouter une conversation dans des lieux bruyants. La concentration durant la lecture est renforcée et la mémoire est elle aussi bien meilleure.

 

Les enfants ayant reçu une formation musicale ont généralement de meilleurs résultats à l'école et développent de fortes compétences en mathématiques et en langues. The Huffington Post souligne que savoir jouer d'un instrument semble même améliorer le développement social: lorsqu’on est bon dans un domaine, l’estime de soi s’en retrouve renforcée.

 

Prochaine étape pour l’équipe de Nina Kraus: découvrir combien de temps les effets bénéfiques des leçons de musique sont ressentis.

 

 

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Internet
commenter cet article
30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 13:11
Vu sur le blog de Mediamus :

Eyes Wide Blind Test #10 - Un quizz portant sur les reprises, emprunts, citations, remix, références et adaptations, d'un genre musical à l'autre, d'un média à l'autre, d'une langue et d'un continent à l'autre...

photo Claude Truong-Ngoc (CC BY-SA 3.0)


Un blind test pas "dégueu"
Serge Gainsbourg aimait à qualifier de classieux ce qu'il trouvait tout à la fois classe et gracieux. Nous nous intéressons aujourd'hui à ce qui a contribué à donner de la classe à plusieurs de ses chansons : l'emprunt de thèmes au répertoire de la musique classique.

Saurez-vous retrouver le titre des 8 chansons de Serge Gainsbourg dont les mélodies sont empruntées aux œuvres de grands compositeurs classiques et romantiques ?
Les solutions du quizz sont en bas de page.

1. Ludwig van Beethoven - Sonate pour piano n°23 en fa mineur "Appassionata" op57 n°2 - (1er mvt)


2. Johannes Brahms - Symphonie n° 3 en fa majeur, op. 90 - 3ème mouvement



3. Frédéric Chopin - Prélude pour piano n° 4 en mi mineur , Op. 28


4. Aram Khachaturian - Andantino (Ivan sings) in Children's Album, Book 1


5. Frédéric Chopin - Etude en Mi majeur n°3, Op. 10 "Tristesse"


6. Antonin Dvorak - Symphonie n°9 "Nouveau Monde" - 1er mouvement


7. Edvard Grieg - Peer Gynt, Op.23 No.19. Solveig's Song


8. Albert Ketelbey - Sur un marché persan


Solutions :

1. Ludwig van Beethoven - Sonate pour piano n°23 en fa mineur "Appassionata" op57 n°2 - (1er mvt) :
Ma lou Marilou (L'homme à tête de chou - 1976)


2. Johannes Brahms - Symphonie n° 3 en fa majeur :
Jane Birkin : Baby Alone in Babylone (1983)


3. Frédéric Chopin - Prélude pour piano n° 4 en mi mineur :
Jane Birkin - Jane B (1969)


4. Aram Khachaturian- Andantino :
Serge et Charlotte Gainsbourg - Charlotte Forever


5. Frédéric Chopin - Etude en Mi majeur n°3, Op. 10 "Tristesse":
Serge et Charlotte Gainsbourg - Lemon Incest


6. Antonin Dvorak - Symphonie n°9 "Nouveau Monde" - 1er mouv :
Serge Gainsbourg - Initials BB


7. Edvard Grieg - Peer Gynt, Op.23 No.19. Solveig'song :
Jane Birkin - Lost song


8. Albert Ketelbey - Sur un marché persan
Serge Gainsbourg - My Lady Héroïne
Sources et références :
Sur le site de l'ACIM : Les thèmes classiques dans la chanson française
Vous aimerez peut-être:
Eyes wide blind test. #2, Musique classique et cinéma
La pop music des années 70 en version française : Eyes Wide ...
Eyes wide blind test. #1, Musique classique et jeux vidéo
Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Discographies
commenter cet article
29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 17:25

 


Vendredis du savoir + conférence concert autour de la musique chinoise

Conférence

21/09/2012 - 20:00 - 

Montpellier - pierresvives

 - 

L'Amphithéâtre

  http://pierresvives.herault.fr/sites/default/files/styles/evenement_image_fullpage/public/assos_yin_echos.png

Conférence et concert avec l’association Yin qui propose une découverte de la musique chinoise avec une conférence suivie d’un concert.

Yin signifie "Résonances". Ce nom parle de musique mais aussi de toute "vibration", qu'elle soit celle des instruments, cordes, celle du souffle, flûtes, celle de la voix avec le chant ou la poésie et celle de la danse, qu'elle soit expression du rythme du corps ou de celui de l'écriture.

Conférence : La Musique Chinoise. La musique, souffle, vibration, intonation…Les musicologues ont coutume de dire «Aujourd’hui, la musique chinoise est soit vivante, soit perdue.» Qu’en est-il ? Et nous, Occidentaux, qu’entendons nous de la musique, ou des musiques chinoises ?

Depuis 2007 L’association Yin-Echos, basée à Marseille, souhaite nous familiariser avec des pièces classiques et traditionnelles, dans leur authenticité, en les replaçant dans l’Histoire et dans leur contexte culturel, en résonance avec la poésie, la calligraphie, la peinture.

La musique, souffle, vibration, intonation, est un des arts premiers de la culture millénaire chinoise. Elle est encore à même d’être la source de la plus haute harmonie.

 


 

Concert de Mathieu Boogaerts

Concert

16/01/2013 - 19:00 - 

Montpellier - pierresvives

 - 

L'Amphithéâtre

                    http://pierresvives.herault.fr/sites/default/files/styles/evenement_image_fullpage/public/visuel-mathieu-boogaerts-i-love-you.png

Auteur de 5 albums studio, il officie dans la chanson intimiste depuis les années 90.

Récemment il a collaboré avec Camélia Jordana pour l'écriture de son premier opus. Il a également publié un livre aux éditions la Machine à cailloux « Je ne sais pas » dans lequel il évoque son rapport à la chanson et sa manière de travailler.

Après un mini-concert acoustique, Mathieu Boogaerts répondra aux questions du public et reviendra notamment sur son parcours et ses influences musicales.

 


Projection d'un documentaire sur "Dark side of the moon" de Pink Floyd

Suivi d'un échange avec le public

27/02/2013 - 20:00 - 

Montpellier - pierresvives

 - 

L'Amphithéâtre

  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/63/Dispersion_prism.jpg

Après un rappel du contexte social et musical, le documentaire vous dévoilera tous les secrets de l'enregistrement du fabuleux album référence du rock progressif paru en 1973.

Un débat / échange entre nos animateurs clôturera la soirée. Que vous ayez vécu la sortie du disque ou que vous soyez simplement fan de Pink Floyd, toutes les expériences sont à partager...

 

 

Opéra de poche : "Le téléphone" de Menotti

Concert

05/04/2013 - 20:00 - 

Montpellier - pierresvives

 - 

L'Amphithéâtre

  la-croisiere-le-telephone

 

Le Téléphone ou L’Amour à trois. Qu’on ne s’y méprenne pas : il n'y a pas d'amant dans le placard. Le troisième, c'est le téléphone, ce monstre à deux têtes de la Modernité qui vient empêcher un homme de déclarer sa flamme à celle qui l’aime. Menotti regretterait-il le temps des lettres qui laissaient si bien s’épanouir l’amour dans les romans ? Au contraire, en compositeur de son temps, il a bien compris que l’art devait s’emparer d’urgence de ces objets apparemment insignifiants qui nous entourent, parce qu’ils nous en disent un peu plus que nous-mêmes sur la Nature humaine... A partir de là, le compositeur mène avec son brio habituel un drame savoureux, à tel point qu’on se prend à rêver des comédies dont il nous aurait gratifiés à l’heure d’Internet et des téléphones portables...


 

 

 

                                      

 

 

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Concerts
commenter cet article
3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 09:10

Vu sur ArteLiveWeb :

 

Le festival de Beaune et le chef Christophe Rousset poursuivent leur exploration des opéras français avec Phaëton de Lully (après Persée et Bellérophon).

Phaëton fut l’un des grands succès du compositeur restant à l’affiche pendant sept mois. L'action est fondée sur le récit mythologique des aventures du fils d'Apollon qui, par vanité, voulut conduire le char du soleil à la place de son père.Dans sa course folle autour du monde, il provoque des incendies sur tous les pays qu'il survole. Jupiter pour arrêter cette catastrophe envoie la foudre sur le char du malheureux qui meurt précipité au sol.

Cette oeuvre, une des plus belles de Lully, bénéficie de choeurs splendides et de passages pittoresques tel celui du “palais des heures”. Elle décrit sous forme d'allégorie la témérité punie pour celui qui voulut s'élever aussi haut que le soleil (référence au Roi Soleil), et plus particulièrement la chute de son intendant, Nicolas Fouquet, après l’ostentation des splendeurs du château de Vaux le Vicomte.

 

Jean-Baptiste Lully : Phaëton (Tragédie lyrique en cinq actes et un prologue. créée à Versailles à l’Académie Royale le 6 janvier 1683. Livret de Philippe Quinault.)


 

 

                          

 

 

 

 

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Concerts
commenter cet article
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 16:43

Vu sur Slate.fr

 

Un article hallucinant de Disier Lestrade sur la fabrication des tubes "pop" : 

 

David Guetta: F*** You I'm Famous

Contrairement à ce que veulent faire croire certains puristes, le DJ français est bon. Sinon il ne cartonnerait pas autant.

David Guetta, à Los Angeles, en décembre 2011. REUTERS/Phil McCarten

- David Guetta, à Los Angeles, en décembre 2011. REUTERS/Phil McCarten -

David Guetta est la personne la plus «segmentante» de la scène house. Depuis dix ans, les amateurs de clubbing s'opposent à tout ce qu'il fait et nul autre n'a subi autant de critiques. C'est une pinata humaine, tout y passe: son passé de pimp social avec Cathy Guetta, son absence de scrupules pour atteindre le succès mondial, les caricatures des Guignols qui le présentent comme le compositeur à 1 note, sa manière de mixer les bras en l'air (parfois sans brancher la table de mixage!) et grosso modo, tout ce qu'il représente.

Dans la presse, c'est celui que l'on aime ridiculiser (exemple dans GQ). Dans les commentaires de vidéos sur YouTube, c'est le bashing des haters, très violent. Chez les autres artistes, c'est de la jalousie pure et simple. Certains disent qu'il s'en fout car il ne regarde que son compte en banque. Mais il y a de quoi s'interroger: comment fait-il pour supporter un tel antagonisme?

Réponse: 3 ans après When Love Takes Over, David Guetta est l'artiste musical solo français le plus connu au monde. Et même si ça va faire hurler les puristes, je le dis tout de suite: je préfère, n'importe quel jour, danser sur un de ses titres que sur n'importe quel autre artiste du Top 50 français. David Guetta est parvenu à ses fins car il pond des tubes à un rythme frénétique et chacun de ses morceaux vous rappelle la plus grande époque de la house écervelée de 1990.

C'est du béton armé, une aberration du bon goût, le genre de machine préfabriquée pour vous faire crier. A travers le monde, des Etats-Unis à Singapour en passant par le Montenegro, tout le monde danse sur sa daube. Qui n'est plus de la daube du tout.

Une daube qui n'est plus de la daube

Ah ça y est, je vous entends. Je suis vendu, quelle honte, mon âme ira en enfer. Yes but no but yes but no. Laissez moi vous raconter une histoire super drôle. Il y a 4 ans, j'ai définitivement arrêté de passer des disques en temps que selector à cause... de David Guetta. J'avais été invité par Guido Minisky (@ Chez Moune) à passer des disques avec Patrick Vidal, juste après Guetta, au Rex club.

Il était tôt mais en une heure, Guetta avait déjà tout le club sur le dancefloor avec ce mur de house commerciale qui est le sien, les gens étaient hystériques dans ce temple de la techno pure et dure. Déjà, pour n'importe quel DJ ou pas, c'était très casse gueule d'enchaîner après lui. Moi j'y suis allé franco, en cassant le set, demandant à Vidal de commencer par une forme de suicide nocturne, un morceau que j'aime depuis 1986, The Way It Is de Bruce Hornsby.

Pour ceux qui ne savent pas, ce n'est pas du tout de la house, c'est un grand classique FM du Middle West des USA, un titre magique soutenu par une ligne ensorcelante de piano qui est devenue une référence des grands espaces agricoles américains, avant d'être repris par TuPac dans Change. Et évidemment, en l'espace de 5 SECONDES à peine, j'ai totalement vidé le dancefloor.

Un mouvement massif de clubbers s'est jeté sur le bar et je ne vous mens pas, Guetta n'avait pas encore quitté la cabine du DJ que le club était vide. On était passé d'Ibiza à Fukushima.

Mega FAIL.

Honteux, ridicule, je suis rentré chez moi avec la révélation que les temps avaient réellement changé et j'étais un has-been.

La base d'un quiproquo

Depuis plusieurs mois, le magazine The New Yorker semble étrangement s'intéresser à la musique électronique. Le média le plus chic de la Côte Est se met à parler intelligemment des ordinateurs, tout ça illustré de cartoons et de dessins. Le dernier article en date, le 26 mars dernier, signé par John Seabrook, déchiffre sur 7 longues pages le phénomène de l'urban pop, la musique qui truste les charts mondiaux depuis que Rihanna, Kathy Perry, Flo Rida et David Guetta s'en sont emparés.

Car le succès de ce dernier est exactement dans cette mouvance. Guetta ne fait plus de la house, il fait de la pop. C'est la base du quiproquo à son encontre. C'est un DJ qui vient de la house qui a changé d'identité en s'associant à Drake, les BlackEyedPeas et Usher. Les artistes globaux ne font plus du R&B, ni de la house, ni du hip hop, ni de la musique latine. Ils visent sans vergogne la domination planétaire à partir d'un nouveau genre, l'urban pop.

Pour résumer, le New Yorker prend l'exemple du team de producteurs norvégiens Stargate et explique que le temps d'attention du public désormais, et surtout des jeunes, se résume à 7 secondes. Il y a dix ans, Henri Maurel m'expliquait que Radio FG ne pouvait plus se cantonner à la house classique car il fallait s'assurer que l'auditeur FM reste accroché toutes les 30 secondes. En une décennie donc,l'attention span est passé de 30 à 7 secondes.

Cela veut dire que chaque morceau composé aujourd'hui exige toutes les 7 secondes un riff, un hook, un effet sonore, un sample vocal, n'importe quoi même un miaulement de LOLcat qui parvienne à empêcher l'auditeur de changer de radio.

Trente ans après l'invention du format Top 40, où les 40 morceaux du hit parade sont programmés en rotation lourde tous les jours pour abreuver le public des mêmes tubes, ce format règne à nouveau sur toutes les radios populaires du monde. Beyoncé est partout. Ça peut paraître effrayant mais techniquement, c'est fascinant. Les tubes ne sont plus «composés» par une ou deux personnes, comme à l'époque de Motown, de Stock Aitken & Waterman ou même du Chicago de la house.

Première division mondiale

Ils se font par couches successives de compositeurs, mixeurs, éditeurs, qui se répartissent chacun un élément très précis de la chaîne de montage. Il y a ceux qui créent la base du morceau, d'autres qui mettent les paroles dessus, d'autres dont le seul travail consiste à créer des effets et l'artiste n'arrive qu'en fin de course pour mettre sa voix en Autotune sur une maquette déjà toute faite, déjà vendue à la maison de disques.

Ces artistes modernes ne composent plus leurs propres tubes désormais. Le New Yorker raconte cette anecdote symptomatique: en 2009, la même chanson a été vendue par mégarde à deux chanteuses rivales, Beyoncé et Kelly Clarkson. Les deux versions sont sorties à quatre mois de différence. Le même morceau. À la surprise générale, le public n'a rien remarqué et a accordé aux deux chanteuses un hit single, sous deux titres différents : Halo  pour Beyoncé et Already Gone pour Kelly Clarkson.

David Guetta est le seul en France à réussir à ce petit jeu au niveau mondial, mieux que ses concurrents directs Bob Sinclar et Martin Solveig. Il a désormais deux ou trois disques en permanence dans le Top 40 de Billboard parce qu'il a compris qu'à notre époque de boulimie musicale, la quantité est plus importante que la qualité.

En s'associant à des stars américaines à leur sommet comme Akon, Jennifer Lopez ou Adele, il multiplie les featurings qui lui ont permis d'imposer sa pénétration domestique USA. Parallèlement, il fricote aussi avec des chanteuses moins connues tout en leur offrant une entrée sur la scène européenne, qui reste un des plus gros marchés musicaux. C'est win-win pour tout le monde.

Sa décision récente d'arrêter de tourner en tant que DJ lui permet même de se décharger du poids épuisant des tournées, ce que les autres artistes plus mainstream doivent toujours s'imposer. Si les chanteuses à succès ne composent plus leurs propres titres et n'ont plus à passer du temps en studio, elles s'épuisent à promotionner leurs disques en enfilant 80 concerts par an.

D'où le turn-over des carrières qui s'épuisent car seules les plus fortes parviennent à supporter le choc, ou disposer des fonds de promo assez importants pour présenter des shows qui tiennent la route. Ce qui explique, en partie, pourquoi certaines stars comme Justin Timberlake quittent la pop: elle est trop toxique en termes de carrière.

David Guetta a vendu 3 millions d'albums et 15 millions de singles mais son influence est beaucoup plus grande. Le tournant de sa carrière s'est effectué en 2009, quand One Love, son 4e album, est sorti au même moment que celui de Bob Sinclar. La hype prévoyait un combat de trônes mais Guetta a remporté la battle.

La star de l'urban pop

L'année suivante, Guetta et sa société Guetta Events récoltent 3,38 millions d'euros. Le magazine anglais DJ le considère comme meilleur DJ au monde en 2001. Sa page Wiki est assez équilibrée et montre bien à quel point son seul nom est source d'antagonismes. Son slogan F*** Me I'm Famous a été collé sur les plus grands billboards d'Ibiza, juste en sortant de l'aéroport. C'est un homme pas particulièrement sexy mais tout le monde connait son visage. Et qu'importe?

Comme je l'écrivais déjà en 2007 pour Têtu, l'importance est dans la répétition. Vous tombez une fois par hasard sur Shining Star de Get Far. La première fois, vous vous dites «Mmm pas mal». La deuxième fois, vous mettez le son plus fort. La troisième fois, vous mettez le feu au village. Et ce sont les ados de 13 ans qui décident du rythme de la planète et celle-ci tourne sur elle-même toutes les 7 secondes.

Et le plus beau dans tout ça? C'est que les puristes de la house ont toujours eu du retard sur les vraies attentes du public. dans les années 90, ils ont fini par admettre l'irrésistible appel de Pump Up The Jam de Technotronic, de What Time Is Love? de KLF ou de Go de Moby, qui fonctionnent déjà sur ce format radio, un gimmick toutes les 5 secondes (vérifiez). Et When Love Takes Over de Guetta, si vous réfléchissez bien, c'est exactement l'équivalent moderne de ce qu'on admirait il y a 20 ans.

C'est quoi l'urban bop? Une très forte dose de Hi-NRG gay des années 80, de la house d'Ibiza et 3 kilos de Madonna slash Lady Gaga. Dans 10 ans, les kids aujourd'hui considèreront les disques de Guetta comme nous avons vu Planet Rock d’Afrika Bambaataa, Groove Is In the Heart de Deee Lite ou même Promised Land de Joe Smooth.

Oui, il fallait que les gens puissent exprimer toute leur colère face à un développement de la house qui a perdu une grande partie de ces principes, surtout venant d'un blanc. (Car la house, encore une fois, a la particularité d'avoir été inventée par des Noirs, exactement comme le hip hop.)

Mais la seule vraie émotion dont on se rappellera, c'est quand le disque est passé au peak time dans un club d'Istanbul, quand vous rencontrez un mec ou une nana totalement torride ou que la marée haute a atteint une rave sur une plage du Chili et que le MDMA était digne de l'Ile de Pâques, que vous avez fait pipi dans votre froc parce qu'un DJ du Sonar a passé un morceau de Guetta devant 10.000 personnes qui n'en revenaient pas de ce crime de lèse majesté et paow!, David Guetta est dans votre cerveau. Par la grande porte. C'estcheesy mais incroyablement bon.

Didier Lestrade

Repost 0
CBR Musique Hérault - dans Music Business
commenter cet article