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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:12

Vu sur nouvelobs

 

Certains albums, une fois écoutés, ne vous quittent plus jamais. Et certaines chansons, une fois la première écoute installée, vous hantent à tout jamais. Terry Callier, comme peu d’autres, a réussi à composer trois albums si parfaits qu’ils sont impossibles à oublier. Autre tour de force, il a réussi, aussi, à reprendre le thème d’un film pour en donner une version si belle qu’elle ne peut qu’habiter celui qui la découvre pour ne plus jamais le lâcher.

 

 

 

Ses trois albums indépassables, d’abord, sont aussi ses trois premiers : New Folk Sound, Occasional Rain et What Colour Is Love. Sur le premier, qui date de 1964, Callier chante en s’accompagnant d’une guitare et de deux basses. « C’est une idée que j’ai prise à John Coltrane » nous racontait-il il y a quelques années dans un hôtel de Londres, la veille d’un concert. Terry Callier, en effet, était tombé foudroyé par la puissance d’une des formations de Coltrane, qui employait deux bassistes pour surélever sa musique et en dynamiter le son.

Premier album composé de classiques, aux accents post-blues, New Folk Sound a laissé la place à deux autres disques, sortis 8 ans plus tard en 1972, produits par Charles Stepney, producteur de soul psychédélique, spécialiste des arrangements singuliers. Avec lui, Callier atteint une autre dimension, à la fois très personnelle, intime, mélancolique et très hypnotique aussi. Sa voix, si bien servie par les productions luxuriantes de Stepney, atteint là des sommets, notamment sur What Colour Is Love, chef d’œuvre de la soul des seventies, qui se cherchait une identité plus politique, plus sociale, plus réaliste aussi. Face à cet album mirifique, on ne voit guère que le What’s Going On de Marvin Gaye, voire le premier Curtis Mayfield ou le Check Out Your Mind des Impressions pour tenir la comparaison, à la même époque, entre 1970 et 1972.

 

 

 

Dans les années 80, après une poignée de disques qui n’ont jamais connu le succès commercial, Callier a laissé la musique de côté, pour élever sa fille, prendre des cours d’informatique et de sociologie, travailler anonymement. Mais, avec une voix comme la sienne, il est difficile de se faire oublier et les DJ anglais des années 90, ses premiers et plus grands fans, l’ont vite remis en scène et en studio. Ce qui lui a donné l’occasion d’enregistrer en 1998 un classique : sa reprise de Love Theme From Spartacus, c’est à dire le thème d’amour du film Spartacus de Stanley Kubrick, qui avait été joué par plusieurs musiciens de jazz dès les années 60. On se souvient avec émotion de la version de Yusef Lateef sur l’album Oriental Sounds. Celle de Callier est millémsimée d’époque, avec ses tonalités aux frontières entre le trip-hop et la jungle.

 

 

 

Par la suite, dans les années 2000, Callier jouera souvent, notamment en Angleterre et en France – on l’a vu par exemple au New Morning, lors d’un set renversant de spiritualité, quasi cosmique, au début des années 2000. Rencontré à Londres à cette époque, il avait quelque chose de très apaisé dans le regard, habitué désormais à raconter son histoire, ses heures de gloire et de misère. Sa voix, elle, était immuable, qui portait toujours en elle quelque chose de profondément magique et spectral, d’immédiatement touchant et hantant. Personne ne chantait comme lui et savoir que son chant est désormais celui d’un fantôme, n’en est que plus troublant. L’écouter risque de devenir une religion. RIP.


 

 

Youtube comment :" Has there ever been a more underrated artist than the great Terry Callier? Amazing the number of people who just havent heard of him at all. Such an injustice as he is a towering talent. Such soul and integrity to his music. Wonderful."

So true, RIP Terry

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CBR Musique Hérault - dans Discographies
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