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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 14:00

Vu sur le site de l'ACIM :

 

Article de Julian Figueres (Bibliothèque Vapor Vell de Barcelone) paru le 3 juin 2010 sur AMPLI, le blog de l’association des musithécaires catalans : Spotify i les biblioteques, traduit en français par Josep Lluis Villanueva Fontanella, et Nicolas Blondeau.

La Bibliothèque Vapor Vell de Barcelone a souscrit un abonnement à Spotify afin de mettre en valeur et de partager ses sélections au moyen de ce service en ligne performant. Nous allons vous exposer ici la réflexion qui nous a conduit à cette décision. Elle est en partie inspirée par les idées de nos amis et collègues français, au sujet de Facebook et de de Twitter [1] et du streaming dans les bibliothèques [2]

État des lieux

Les intermédiaires traditionnels pour la fourniture de la musique enregistrée (magasins de disques et bibliothèques publiques) ne sont plus incontournables. Il faut compter désormais avec les plates-formes de vente et d’échange de fichiers musicaux, ainsi qu’avec les sites web des producteurs et des éditeurs (artistes ou labels) dont l’audience est devenue massive et préférentielle. Une distribution traditionnelle se maintient pour quelques secteurs de niche et quelques formats. Un engouement par exemple subsiste pour les disques vinyles, c’est d’ailleurs un domaine sur lequel nous avons le projet de travailler prochainement.

La mission du bibliothécaire est d’être un intermédiaire entre l’information et les utilisateurs. Alors qu’en est-il aujourd’hui ?

Les 5 principaux types de plates-formes disponibles à l’heure actuelle :

- Streaming sonore : SPOTIFY. C’est à notre avis le portail le plus complet. Le catalogue est vaste et la qualité sonore excellente. De plus, l’écoute en streaming rencontre un succès grandissant et concurrence l’une des pratiques les plus en vogue pendant longtemps : le téléchargement compulsif. Spotify, et le streaming en général, se présente là comme une alternative légale.

- Streaming vidéo : YOUTUBE. C’est le portail d’hébergement des vidéos par excellence. Avec un contenu très inégal, mais une audience mondiale sans équivalent. (l’image exerce toujours une curieuse attraction face au son).

- Bases de données d’information musicale : on peut citer tout de suite WIKIPEDIA, ou mieux encore ALLMUSIC. L’information est complète avec de nombreux liens, des discographies détaillées, et des fiches biographiques concernant les artistes.

- Promotion des artistes amateurs ou émergents : MYSPACE. Ce site de réseau social remplit le rôle qu’avaient auparavant les démos et les maquettes réalisées sur K7 ou CD. Les musiciens peuvent ainsi diffuser leurs compositions sans engager de frais dans la conception d’un site web ou le pressage d’un CD.

- Services d’achat de musique : ITUNES Music Store, AMAZON

L’ensemble de ces services est devenu le système de stockage et de diffusion des données musicales le plus important et le plus performant de l’histoire. Ces services sont en plus accessibles à domicile et ne requièrent pas d’intermédiaires.

Cependant, les problèmes posés par l’utilisation de ces plates-formes ne sont pas insignifiants :

- Instabilité : à n’importe quel moment, un site comme Youtube peut disparaître, et avec lui tous les contenus qu’il propose. Cette remarque est applicable aux différentes plates-formes précédemment citées. L’expérience des 5 dernières années nous l’a montré. [En France, la fermeture cet été de Jiwa, et dernièrement le rachat d’Imeem, ou de Lala]

- Absence de filtre, de critères de sélection : Ce sont d’immenses réservoirs où tout est accessible, le pire côtoyant le meilleur, tant au niveau de la qualité sonore que de la qualité artistique. On a parfois affaire à un chaos documentaire : le contraire d’une bibliothèque. C’est plus ou moins le cas selon les services, nous avons d’ailleurs choisi Spotify pour la qualité des prestations offertes.

-  Absence de critères d’indexation et classification. Les options de recherche et de navigation sont encore trop sommaires, en raison de la mauvaise qualité des métadonnées. On trouve les œuvres de Tchaïkovski sur Spotify, mais ses pièces musicales ne sont pas présentées de manière organisée, la description des titres n’étant pas uniformisée. On a à disposition une abondance de contenus sans équivalent avec une offre physique, mais là aussi, la base de données paraît souvent chaotique.

- Contrôle arbitraire des accès : Les entreprises qui dominent le marché peuvent imposer ou inversement retirer des contenus en raison d’accords ou de conflits commerciaux. Exemple : Warner Music retire les vidéos de tous ses artistes sur YouTube (dépêche Agence France Presse)

Présence de la bibliothèque dans l’environnement virtuel

La bibliothèque Vapor Vell souhaite mettre en valeur et faire connaître ses collections, ses activités et ses supports de communication en étendant sa présence sur les différentes plates-formes précédemment évoquées. Il est nécessaire de prendre en compte les dispositions légales que nous avions présentées dans un article précédent La llei i la música a les biblioteques públiques [La loi et la musique dans les bibliothèques].

Nous avons pris l’option d’abonner la bibliothèque à Spotify. Son coût est de 9,99€ par mois, mais il y a une option à 4,99€ qui permet aussi de consulter le fonds sans avoir à subir la publicité. Cet abonnement permet d’accéder à une des plus vastes bases de données de musique enregistrée et avec une bonne qualité sonore. Cela permet aussi de diffuser et de consulter nos listes de sélection (playlists), de les partager via Facebook, et depuis des appareils mobiles tels que l’IPhone ou l’IPad.

Les playlists Nous avons formalisé l’usage de cet abonnement Spotify par la bibliothèque.

Notre profil est celui-ci : vaporvell

Cet abonnement permettra de proposer différentes sélections musicales :
- Playlists de nouveautés,
- Playlists liées aux activités que nous mettons en place avec des musiciens et des critiques musicaux,
- Playlists de ce qui est le plus écouté à la bibliothèque,
- Playlists des bibliothécaires musicaux ("musictecaris")
- Playlists thématiques et commémoratives,
- Playlists générées par la communauté des utilisateurs de la bibliothèque.

Tout ceci nous apportera, nous l’espérons, davantage de visibilité, et élargira la diffusion notre travail qui consiste à mettre en évidence et apporter une valeur ajoutée à la maremagnum, au malstrom d’informations musicales du monde actuel qui menace de nous assourdir.

Cela nous permettra aussi d’avoir plus de statistiques d’usage, de consultation. Nous pensons que notre travail doit être validé par l’obtention de nouveaux indicateurs d’usage. Celle-ci pourrait être une bonne proposition.

Nos playlists et recommandations, via Spotify, sont présentées sur :
- le site web de la bibliothèque
- la page facebook de la bibliothèque
- une liste de diffusion spécialisée (plus de mille destinataires, déjà)
- sur AMPLI, le blog des musictecaris catalans, AMPLI (http://www.musictecaris.org)

Vous pouvez déjà les consulter ! La première playlist est ici : http://open.spotify.com/user/vaporvell/playlist/0VJQLdCGr34CfVYScxpWZE

Il s’agit d’une compilation qui rassemble les artistes programmés au festival GREC 2010.

Une dégustation pour savoir quelles nuits de ce festival peuvent correspondre le mieux à nos sensibilités.

Voici nos tentatives. Nous bougeons dans l’incertitude, mais nous bougeons.

À suivre !

[1] Sophie Cornière, Utiliser Facebook et Twitter en bibliothèque, Contribution à l’atelier du 1 avril 2010 : "Besoin d’échanger ? La coopération professionnelle à l’ère numérique : évolution des outils et des besoins. " Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux (RNBM) du 31 mars au 2 avril 2010 à Aix-en-Provence.

[2] Nicolas Blondeau, Musique dans les nuages : Des catalogues de musique enregistrée à l’ère du cloud computing, une opportunité pour les bibliothèques ? Deezer, musicMe, Bibliomédias, Spotify : une première analyse de l’offre.. Nous estimons qu’elle est applicable à n’importe quelle autre bibliothèque publique, en lien avec sa collection musicale. Contribution à la table-ronde du vendredi 2 avril 2010 : "Comment les bibliothèques peuvent-elles exister sur la scène numérique ?" Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux (RNBM) du 31 mars au 2 avril 2010 Aix-en-Provence

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