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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 14:21
Vu sur le site de l'IRMA :


De l’usage des médiathèques pour les musiques actuelles

Discothécaire ? Voici finalement un métier méconnu du secteur musical, surtout depuis la multiplication des usages d’écoute sur Internet ! Pourtant il évolue : les bibliothécaires musicaux innovent, s’approprient les nouveaux outils de la dématérialisation, mettent en place des collaborations avec des salles, des labels, des écoles de musiqueâ?? Si les médiathèques sont d’abord perçues comme un service public facilitant l’accès aux œuvres, elles sont aussi à envisager comme des partenaires du développement de la filière musicale. Itinéraire d’un métier en reconstruction.


Discothécaire ? Kesako ?

Le métier de bibliothécaire musical, plus communément appelé discothécaire, s’est développé au gré de l’implantation grandissante du prêt de supports musicaux (CD, DVD…) dans les bibliothèques/médiathèques. Le premier établissement à prêter des disques -de musiques savantes- fut la Discothèque de France, inaugurée en 1960 au Théâtre Marigny à Paris. Il faudra cependant attendre la fin des années 80 pour que l’offre s’élargisse aux musiques populaires, notamment sous l’impulsion de la Discothèque des Halles (devenue depuis la Médiathèque musicale de Paris) crée en 1986. La profession s’est par la suite fédérée au sein d’une association, l’Acim (Association pour la coopération des professionnels de l’information musicale), , initialement créée pour éditer la revue Ecouter Voir [1], qui permit de réunir les différents acteurs de la documentation musicale (bibliothèques, conservatoires, associations…) autour de problématiques communes. Aujourd’hui, il existe 946 bibliothèques musicales en France [2] dont le catalogue se compose de disques, partitions, revues… Plus de 8 millions de disques ont été acquis par ce réseau et le volume prêté a été estimé à plus de 4 millions d’unité en 2004 [3].
Un "passeur" au service du public

L’existence des médiathèques, majoritairement financées par les communes [4], répond à une volonté politique. Historiquement, ces établissements sont des outils de la démocratisation de la culture, permettant au plus grand nombre d’accéder aux œuvres, en l’occurrence musicales. Si cette théorie ne se vérifie qu’à moitié sur les chiffres de fréquentation (il y a plus d’emprunts mais autant d’emprunteurs [5] depuis 1989), des bibliothèques musicales ont en revanche été implantées dans de nombreuses villes et en zone rurale, formant un maillage territorial au plus proche du public, parfois plus proche que le disquaire du coin !

Les discothécaires jouent donc un rôle d’intermédiaire "de diffusion" [6] entre l’œuvre et le public, rôle qu’ils exercent au niveau local, de manière désintéressée et à des coûts faibles voire nuls pour l’usager. S’ils ne cherchent pas à faire vendre, ils cherchent en revanche à faire découvrir, à former et à éveiller l’oreille, à la manière d’un média. Les médiathèques sont ainsi des espaces contribuant à la découverte d’artistes et de courants musicaux. Le rôle d’un discothécaire est de conseiller un usager, de lui recommander certaines œuvres en fonction de ses goûts et de ses critères. Il n’intervient pas uniquement sur la formation de l’oreille, mais aussi sur celle des musiciens, notamment par le prêt de partition - malheureusement pas assez répandu-, de méthode d’apprentissage, de CD-ROM pédagogique… Par l’organisation de conférences et de forums, il informe également un public plus large sur l’histoire de la musique. Les bibliothèques musicales sont ainsi des relais de proximité contribuant à la diffusion de l’information musicale auprès des citoyens, auditeurs, pratiquants, consommateurs… Mettant à bas le cliché d’un lieu sombre et poussiéreux, les médiathèques ont tendance à devenir des lieux de vie, de rencontres et de flâneries. Ce sont des vecteurs de "musicalité". D’un point de vue sectoriel, le rôle de prescripteur/diffuseur local de ces lieux est une particularité sur laquelle certains artistes, producteurs, écoles… s’appuient. A travers plusieurs exemples, voici comment les médiathèques prennent part au développement de la filière et élaborent des actions communes avec les acteurs des musiques actuelles.
Accompagner les artistes locaux

Les jeunes groupes et artistes "en démarrage" peuvent profiter de plusieurs dispositifs mis en place par les médiathèques pour se faire connaître à l’échelle locale. Les établissements proposant une démothèque sont ainsi de plus en plus nombreux. Ces démothèques sont des espaces de promotion de disques non distribués, la plupart du temps autoproduits par des musiciens locaux. Ce fonds "local" de catalogue est parfois acheté, mais il s’agit plus souvent de dons faits par les musiciens qui peuvent y laisser leurs maquettes, 2 titres ou albums. Certaines médiathèques comme celle de Carrières-sur-Seine signent dans ce cas des contrats de dépôt avec les artistes. Ces disques ne sont pas vendus par les bibliothèques, juste prêtés. Si les artistes ou les micro labels peuvent y réaliser un intérêt commercial (en s’y faisant connaître et en vendant les disques par ailleurs), les discothécaires mettent en place des démothèques dans le but de faire découvrir des musiciens méconnus. D’ailleurs, ils n’exercent en général aucun contrôle de qualité sur les œuvres déposées [7] . Pour développer ces fonds locaux, les médiathèques se sont appuyées sur des labels et surtout des salles de concerts recevant fréquemment des disques : la Médiathèque de Louviers a par exemple passé un partenariat avec la salle municipale La Gare aux Musiques pour que les CD envoyés à la salle soient disponibles à la démothèque. En retour, la salle peut estimer le succès du disque en démothèque pour établir sa programmation d’artistes locaux, et s’appuyer sur cette diffusion [8] préalable pour promouvoir le spectacle. Quant aux musiciens, par cette dynamique de partenariats, ils peuvent se faire connaître d’un public local, se familiariser avec la scène, et promouvoir leur disque qu’ils vendent en parallèle, sur un site Internet par exemple.


Au-delà de ce schéma qui ne marchera pas pour tous les musiciens, il est difficile d’évaluer précisément l’impact des démothèques sur le développement des groupes et des artistes. Cependant, à en croire l’équipe de la Médiathèque de la Communauté de Communes du Pays d’Argentan, l’outil répond à une demande à la fois des musiciens et du public : doté d’un fonds de 344 disques (complété chaque mois par une dizaine d’acquisitions) la démothèque comptabilise 1 671 prêts en quatre ans.
"Petit guide pratique pour la mise en place d’une démothèque musiques actuelles"
L’irma propose une nouvelle fiche pratique, réalisée par le CIR et la médiathèque d’Argentan, qui explique comment monter une "démothèque locale". Cet outil d’accompagnement est à envisager comme une forme de réponse à la sous-exposition des artistes locaux et des initiatives visant à les soutenir. Démothèque, a walk on the wild side !
Accédez à la fiche pratique.
Un partenaire pour le secteur

Certaines médiathèques vont plus loin dans la découverte et l’accompagnement d’artistes. La Médiathèque de Créhange met en place, au-delà d’une démothèque, un projet de promotion des artistes lorrains en coréalisant avec le Centre culturel municipal (salle de 400 places) un festival et un cycle hebdomadaire de concerts durant l’été, accompagnés d’un enregistrement de 2 titres "live" par artiste sélectionné. Ce genre de collaboration salles/médiathèques se pratique fréquemment [9] , de manière plus ou moins formelle, et surtout entre établissements publics. Bien que plus rares, des partenariats avec les entreprises peuvent aussi être envisagés, notamment avec les labels discographiques. Ces derniers peuvent s’appuyer sur les médiathèques pour faire connaître un artiste produit dans la région (on pourrait par exemple imaginer un sticker "Produit dans la région" pour les productions discographiques locales) ou un catalogue spécialisé (les médiathèques étant souvent elles-mêmes spécialisées par genre). Mais ces entreprises peuvent aussi se servir de l’espace de vie que constitue une médiathèque pour développer des projets innovants. Le label Aspic Records (spécialisé en création sonore, electronica, folk), basé à Lyon, collabore ainsi avec la Bibliothèque de Lyon/La Part-Dieu en produisant des "concerts au casque" au sein de l’espace Musique du lieu [10] . Concerts au casque La programmation est établie par le label et la médiathèque. Les musiciens viennent jouer en "live" dans un "kiosque à musique" et devant un public confortablement installé qui écoute le concert à travers des casques mis à disposition.

Le métier de bibliothécaire musical commence aussi à être envisagé au sein même des structures de musiques actuelles. Les écoles de musique, cherchant à pouvoir disposer des documents sonores et imprimés relatif aux enseignements suivis par leurs élèves, élargissent leur mission comme c’est la cas à Ecole nationale de musique de Mantes qui est en train d’ouvrir une médiathèque au sein de l’établissement . Plus largement, un espace où l’on peut découvrir, apprendre, écouter, emprunter… apparaît comme un des éléments d’un lieu de vie musicale. C’est ainsi que la Cité de la Musique a ouvert une médiathèque en 2005 dans un lieu qui est à la fois musée, salle de spectacles, espace de formation, librairie musicale…
Un métier en mutation

C’est en raison de leur ancrage territorial que les médiathèques peuvent jouer un rôle de médiateur entre les publics de proximité et les artistes locaux. Or avec le développement depuis quelques années des usages d’Internet, les publics, comme les artistes, ont a disposition un outil leur permettant de découvrir, promouvoir, diffuser de la musique… à l’international et sans avoir à bouger de chez eux. Autant dire que l’ancrage territorial pèse moins dans la balance ! Par ailleurs, les médiathèques s’appuient sur le marché du disque pour développer leur service. Or la crise du disque et l’avenir incertain de ce support questionnent par ricochet l’avenir du prêt musical en bibliothèque. A l’heure actuelle, le métier de discothécaire se retrouve ainsi en pleine mutation, devant adapter sa mission en fonction des nouveaux outils numériques et des nouveaux usages qui en découlent.
Avancée technologique / avancée professionnelle

De la fin des années 80 au milieu des années 2000, les médiathèques ont certainement été, par leur offre musicale, un acteur important dans la formation culturelle et l’éducation musicale des jeunes publics. Mais depuis quelques années, l’Internet est venu radicalement changer cette donne.

La première raison de ce changement est liée à la pratique massive des réseaux et des logiciels Peer-to-peer. Les systèmes d’échange de musique se sont ainsi fortement développés, les plates-formes de téléchargement (légales ou non) se sont multipliées. Cet accès facile, rapide et qui rend disponible de chez soi 24h sur 24 les contenus musicaux fait concurrence aux médiathèques, fermées après 18h, le dimanche et dont le contenu se trouve limité par des contraintes d’ordre budgétaire ou d’espace… Quel est en effet l’intérêt de payer un abonnement à une discothèque, pour ensuite avoir à se déplacer à des horaires fixés et ne pouvoir emprunter « que » 6 cds ? Et ce alors même qu’il y encore quelques mois le projet de licence globale - et donc d’un accès illimité pour quelques euros par mois à tout un catalogue de musique - était envisagé… En même temps qu’une partie de leur public de mélomanes curieux, les discothèques ont perdu une partie de leur fonction de fournisseur de musique enregistrée [11].

La deuxième avancée technologique est aussi sociale. Ces dernières années ont vu le boom des réseaux communautaires et du système de recommandation avec des web radios comme Last-fm, Radio blog club, Pandora. La prescription, le conseil, le furetage se pratiquent à présent en ligne. Le principe de "sérendipité" (moyen de tomber sur quelque chose par hasard) ne se fait non plus d’une étagère à l’autre, mais d’un lien hypertexte à un autre. Le Web 2.0 permet en effet la constitution de réseaux sociaux et communautaires, où l’interactivité, l’échange, la mise en exposition, la co-création font lois. Dans un tel monde, quid du rôle de conseil et d’aide à la découverte du bibliothécaire musical ? Comment peut-il encore conserver sa place de "gourou musical" qui nous guide dans ce labyrinthe musical qui s’agrandit chaque jour ? Le "média" bibliothécaire a-t-il su anticiper l’évolution des usages ?

Face à Internet et la dématérialisation des supports, c’est donc toute une profession qui s’interroge sur son rôle dans la société, ses missions et les nouveaux outils dont elle dispose. Preuve de cette remise en question : les nombreuses journées d’information et séminaires organisés autour des questions de la dématérialisation, de l’évolution du métier [12]. Le constat est souvent le même, face à la concurrence de la technologie, utilisons la technologie !

A travers l’utilisation de celles-ci, ce n’est plus le côté technicien du métier (indexer les documents) qui est mis en avant, mais c’est une vision plus globale, d’une profession moderne et non plus fermée ou "peu aventurière" comme on a pu l’entendre. Les discothécaires innovent et expérimentent en proposant à leurs usagers de nouveaux services non-documentaires [13].
De nouveaux outils

Les discothécaires s’adaptent donc, ils évoluent et s’approprient petit à petit les nouveaux outils du web. C’est ainsi que la médiathèque du quartier se retrouve sur le net, au même titre que la discothèque du village ou la BNF. Cette "dématérialisation" des médiathèques les amène à s’ouvrir à un public plus large. Via les technologies Internet, elles passent de structure physique à vocation locale à une entité virtuelle dont la portée s’élargit considérablement. Concrètement, le premier pas vers cette dématérialisation a consisté pour nombres d’établissements en la mise en place d’un site Internet dédié, pour se poursuivre par la mise en ligne de catalogues. Parallèlement au site de la bibliothèque, qui est souvent un espace réservé à la culture sur le site web de la ville, les bibliothécaires sont de plus en plus nombreux à créer des blogs leur permettant de gérer plus personnellement l’espace les présentant. Cet outil leur offre un espace de communication pour annoncer les conférences, les comptes-rendus et tous les événements organisés à la médiathèque. On peut citer à titre d’exemple le blog musical de la médiathèque de Dole qui annonce puis reprend les différentes manifestations qui y ont lieu. Certains n’hésitent pas à profiter de l’engouement pour les réseaux communautaires et se créent leur page Myspace, pour ainsi bénéficier d’un " réseau d’amis ", comme la médiathèque d’Agneaux . D’autres vont même jusqu’à faire la preuve en image, puisque l’on retrouve également des vidéos en ligne grâce à l’utilisation de Dailymotion.

En outre, les blogs offrent la possibilité aux bibliothécaires musicaux de diffuser des contenus multimédias : vidéos des concerts, des conférences et de toutes les animations organisées par la médiathèque. De nombreux logiciels simples d’utilisation permettent de créer et diffuser facilement une vidéo. C’est l’exemple d’Audacity, un logiciel offrant la possibilité d’éditer des fichiers son. Mais il est possible d’aller plus loin encore et d’élargir les propositions tout comme le contenu accessible. La Médiathèque de l’Agglomération de Troyes propose ainsi à ses abonnés, et en partenariat avec Arte, un accès préférentiel aux programmes de la chaîne (films, fictions, documentaires, spectacles et magazines).

Dans la continuité de cette réflexion sur l’accès au fonds, les médiathèques se sont toujours abonnées à un certain nombre de parutions en presse musicale spécialisée et en les proposant à leur public, lui ont permis ainsi de se tenir au courant des sorties d’albums, des nouveautés. Mais certaines s’approprient les moyens du web 2.0 et facilitent le travail de repérage ; attirant l’attention de leur public sur l’actualité du secteur en utilisant la technologie des flux RSS [14]. Sans la communication de la médiathèque, il est évident qu’un certain nombre de visiteurs ne connaîtraient pas l’existence de tel ou tel artiste, noyé dans le flux incessant des productions musicales. L’idée est pourtant simple : proposer des fils d’informations permettant à l’utilisateur de recevoir dans un agrégateur de flux (de type Netvibes ou autre) les nouveautés du catalogue. Le rôle des professionnels est en effet de faire du push [15] : c’est-à-dire de pousser l’information vers le public, sans que celui-ci n’ait besoin de tirer l’information à lui (le pull), d’aller faire une recherche sur le catalogue.
Expertise et connaissance vs surinformation et déluge informationnel

Nous parlions plus haut du rôle de gourou musical des discothécaires, qui face à l’infobésité [16] ambiante, guident, conseillent, recommandent la découverte de tel artiste. Il est évident que le rôle de conseiller est important pour un médiathécaire, qui fait la médiation entre l’œuvre et le public (au-delà du cliché du technicien souvent retenu). La profession s’interroge actuellement sur les possibilités de recommandation offertes par Internet et son système de navigation. Ils imaginent ainsi proposer un système similaire à celui des librairies en ligne telles qu’Amazon : "si vous avez aimé ce disque, les bibliothécaires vous proposent aussi". (On se rapportera à la discussion à ce sujet dans la liste discothécaires ).

Promotion du fonds, meilleure communication, public plus large, tout serait donc aussi simple ? Mais cette dématérialisation pose aussi une question : jusqu’où ? Jusqu’où aller dans cet accès de plus en plus important ? Toutes les médiathèques doivent-elles proposer un accès illimité à tout leur fonds et surtout à toutes les personnes qui surfent sur leur site ? Il reste encore de nombreuses questions à élucider et à préciser. Si la médiathèque dématérialisée diffuse la plupart du temps des informations, certaines réflexions vont dans le sens de la diffusion de la musique en ligne. Le projet "l’e-music box" proposé par la bibliothèque de Limoges, va dans ce sens. Cette démothèque en ligne offre un accès privilégié aux productions locales et permet ainsi "de mettre en avant les potentialités musicales existant en région".

Les discothécaires réfléchissent à de nouvelles offres et de nouveaux services à proposer à leurs usagers et expérimentent des propositions innovantes, avec souvent comme contrainte les dispositions liées aux droits d’auteur et aux droits voisins. Il règne encore une grande incertitude sur ce qu’il est permis ou non de tenter dès lors que l’on souhaite développer une offre de musique numérique en ligne. Les discothécaires et acteurs des musiques actuelles doivent donc travailler ensemble. On a pu le voir à travers la préparation de cet article : les projets de partenariat entre thécaires et musiques actuelles existent mais ne font pas l’objet d’une grande publicité. L’idée mise en évidence lors des discussions avec des membres de l’Acim a été le manque de connaissance réciproque et donc de communication entre les deux mondes. Et un des meilleurs moyens pour les acteurs des musiques actuelles de prendre des contacts et comprendre les problèmes du métier est de lire et recevoir les messages de la liste de discussion discothécaires [17]. Ne serait-ce que pour que les professionnels de la musique puissent savoir quelles relations ils peuvent avoir avec les discothécaires.

Les bibliothécaires musicaux et la filière musicale partagent non seulement un support (le disque), mais aussi tout ce qui l’entoure : une certaine passion pour la musique, un contact avec un public mélomane : artistes ou non, professionnel ou amateur… même s’ils ont une attirance et une connaissance d’un ou plusieurs genres musicaux, leur atout majeur dans un univers numérique de niche c’est d’être des généralistes de la musique. Reste à lier les deux mondes, dont les intérêts sont communs, pour que de nouveaux projets voient le jour. Ce qui manque souvent, comme le précise Xavier Galaup, « c’est un contact, des infos, un espace intermédiaire de mise en contact de la scène locale avec les bibliothèques. Si on pouvait écouter les cds ou des lives de concert car on ne peut pas être partout c’est encore mieux… » Car ces deux secteurs rencontrent les mêmes problèmes : si les discothécaires ont débuté il y a longtemps une réflexion sur leur métier, ils sont aussi partie prenante dans le débat sur la dématérialisation des supports et les problèmes de la filière musicale. Les nombreuses discussions engagées montrent le rôle et l’importance de la prescription : les discothécaires , dans ce domaine, font mieux que Pandora ou Lastfm qui font mieux que des moteurs de recherche normaux. Via la liste discothecaires, ces professionnels de la recherche échangent et proposent des discographies thématiques pointues concernant un domaine ou une émotion : on retrouve par exemple dans les archives de la liste les réponses aux recherches telles que " chansons de mai 68", " disques sur l’eau, le froid", "morceaux sur le thème du chanvre" ou encore "les écrivains mélomanes".

On s’était habitué à rencontrer des médiathèques dans chaque ville où l’on ne trouve pas forcément de disquaires ou de salles de concerts. On s’était persuadé que discothécaire était un métier à l’abri de tout soupçon de « dégâts collatéraux » dans la crise de l’industrie du disque. Et bien non. Charge à nous de revenir, ici aussi, sur certaines certitudes. Le métier de bibliothécaire musical est en pleine évolution. A l’heure de la dématérialisation, la médiathèque est plus que jamais un lieu de vie, un lieu de rencontres, d’échanges, qui, par ses actions, participe à la découverte et à l’apprentissage de la musique. Surtout à une époque où l’axiome « la musique est un marché de l’offre, pas de la demande », n’a jamais été aussi douloureusement vérifié. Alors, il échoît à quelques-uns de nous aider à nous sortir d’une forme de marasme musical ; et de nous apporter leur expérience et leur connaissance. Et en particulier de musiques « validées » par des oreilles expertes. Ces mêmes experts qui fonctionnent en réseau et s’interrogent sur leur avenir et le futur de leur mission de service public et de proximité. Pour pouvoir sortir de la situation difficile que nous traversons en ce moment, il convient d’utiliser toutes les ressources possibles et disponibles. Il est donc dans l’intérêt des différents acteurs des musiques actuelles, qu’il s’agisse de salles, de labels, des écoles de musique ou autre, de lier leurs actions à celle du monde des médiathèques.

C’est un sujet difficile, et peu d’acteurs envisagent la totalité des enjeux. Particulièrement dans un univers où leur intérêt est centré sur leurs activités propres. D’où le manque de réponses. On souhaite à travers cette plongée dans le monde des discothèques, inviter les uns à se rapprocher des autres : utiliser la liste discothecaires, participer aux journées d’info et aux débats de l’Acim (voir encadré), de l’Irma ou encore du Réseau Ressource …
 !!! DERNIÈRE MINUTE !!!

Le label Priskonovénie nous a annoncé le lancement pour 2008 d’une plateforme numérique dédiée aux discothécaires. Patricia Delalande nous présente dans son interview (à lire ici) ce nouveau projet, qui s’inscrit dans la logique de rapprochement du label avec les médiathèques. "Il s’agit d’une plateforme numérique Prikosnovénie, avec une page personnalisée pour toutes les médiathèques et bibliothèques adhérentes. […]L’adhérent pourra se connecter sur notre plateforme et entrer sur la page personnalisée de sa médiathèque avec les conseils et chroniques de ses discothécaires, la liste des disques du label Prikosnovénie qui sont disponibles à la médiathèque… "
Dossier réalisé par
Jean-Noël Bigotti , Floriane Lotton et Mathias Milliard pour l’Irma
avec l’aide de Nicolas Blondeau et Xavier Galaup, bibliothécaires musicaux, membres de l’Acim.
Bibliographie :

Bibliothèques musicales à l’heure des réseaux numériques : quels nouveaux services ?, Nicolas Blondeau, Acim, 2006.

Eléments pour une charte musique en bibliothèque publique, Geneviève Salmon et Frédéric Darricades, article préparatoire à une charte musique en bibliothèque, Acim, 2006.

Synthèse de l’enquête sur la politique documentaire musicale, Nicolas Blondeau, Acim, 2003.

La médiathèque et la musique : Une étude de sociologie appliquée, François Berthier, BBF, 2002, n° 2.

Avatars de la musique dans les bibliothèques, Michel Sineux, BBF, 2002, n° 2.

La place de la musique en bibliothèque publique, Christian Massault, BBF, 2002, n° 2.

L’animation en discothèque, Interventions discothécaires d’Alsace et de Pol Gosset. Acim, 2001.

L’avenir des bibliothèques musicales, Interventions de Xavier Galaup, Suzanne Rousselot et Kayowa Mukundi-Bipungu. Acim, 2001.

[1] Qui paraîtra jusqu’en 2003

[2] Parmi les 2 913 bibliothèques municipales du territoire

[3] Chiffres du DEPS

[4] Aidées des départements pour la déserte dans les zones rurales, et de l’Etat pour les missions patrimoniales d’archives sonores

[5] Voir les chiffres du Credoc

[6] Par le prêt mais aussi par le biais de système d’écoute au casque

[7] Les critères de sélection (quand ils existent) sont liés aux genres musicaux, à la provenance géographique des musiciens et à la qualité d’autoproduit du disque.

[8] Certaines médiathèques ont des systèmes d’écoute (au casque) sur place

[9] Comme à Grenoble, Martigues, Conflans Ste Honorine, St Amand les Eaux, etc

[10] Plus d’infos : http://www.bm-lyon.fr/expo/07/nautilus/musiqueenboite.html

[11] Même si paradoxalement, l’étude du Crédoc pointe que l’usage sur place a doublé depuis 1997

[12] Journée "La médiathèque dématérialisée" dans le Val d’Oise, les journées professionnelles de l’Acim à Lille …).

[13] Voir à ce sujet le mémoire de Xavier Galaup, qui présente les différents services non-documentaires que la bibliothèque peut proposer à ses usagers.

[14] "Ce système est habituellement utilisé pour diffuser les mises à jour de site dont le contenu change fréquemment : typiquement les sites d’information ou des blogs. L’utilisateur peut s’"abonner" aux flux ce qui lui permet de consulter rapidement ces dernières sans avoir à se rendre sur le site". Wikipédia

[15] Push de l’anglais pousser, par opposition à pull, tirer. Le professionnel pousse l’information, alors que le public tire l’information à lui.

[16] Le mot infobésité est utilisé dans la synthèse de l’étude "Les nouveaux horizons de l’infodoc" Étude prospective sur l’évolution des différentes fonctions de l’information-documentation : documentalistes, archivistes, veilleurs, bibliothécaires médiathécaires, knowledge managers, records managers. IDP Archimag, Paris, 2006.

[17] Une liste de discussion est un système permettant à l’inscrit de communiquer avec toute une communauté (appelée par extension "liste") sur un sujet défini. Un simple mail suffit pour s’abonner, faire partie de la liste et recevoir les mails des participants. Un ou plusieurs modérateurs surveillent le contenu des messages envoyés à la liste. Certains modules, comme celui de la liste discothecaires, proposent même un accès aux archives de la liste.


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CBR Musique Hérault - dans Notre métier
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 11:45

Vu sur Fluctuat :

 

Peer To Peer, torrent, streaming... tout ça ne vous évoque rien mais vous avez tout de même envie de pouvoir écouter de la musique sur internet. L'essentiel pour tout comprendre, les différents moyens pour écouter ou télécharger de la musique...tout est dans le guide du téléchargement de la musique sur internet.

Télécharger et Ecouter de la musique sur internet

Les ventes de CD reculent au profit de nouveaux formats et modes d'écoute de la musique. Internet propose aujourd'hui une variété de genres musicaux et une multitude de modes d'écoutes.

Ecouter de la musique au bureau. Remplir l'iPod (vide) reçu en cadeau de mp3. Faire des découvertes musicales. Ecouter le dernier single du dernier artiste dont tout le monde parle... Vouloir écouter de la musique sur le net peut s'apparenter à une entreprise difficile.

Lire aussi

Fluctuat a essayé et testé tous les moyens inimaginables pour écouter de la musique actuellement : téléchargement légal et illégal (gratuit ou payant) de fichiers mp3, streaming audio, webradios et sites communautaires de partage de musique. Notre guide du téléchargement et écoute de la musique sur internet n'a gardé que le meilleur de toutes ces offres. Chaque profil d'auditeurs et d'internautes y trouvera son compte.
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CBR Musique Hérault - dans Internet
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 11:30

Vu sur Ecrans.fr :

Projet musical collaboratif, basé sur YouTube, le site « in Bb 2.0 » s’est enrichi, nous offrant l’occasion d’en reparler.

par Astrid Girardeau

tags : musique , youtube

Les 20 vidéos/pistes

Il y a deux mois, on présentait « in Bb 2.0 », un intéressant projet musical collaboratif, basé sur YouTube, et lancé par le musicien Darren Solomon. Amené à évoluer, il s’est depuis enrichi, nous offrant l’occasion d’en reparler.

Le principe : permettre de générer un morceau de musique en manipulant et combinant un ensemble de vidéos, chaque vidéo correspondant à une piste vocale ou instrumentale en Si bémol (Bb) majeur. A l’origine au nombre de dix, les vidéos, et donc pistes, sont aujourd’hui vingt. Toutes envoyées par des internautes désireux de participer au projet. Ainsi aux guitare électrique, trompette, contrôleur d’effets, basse, piano électrique et DS, se sont ajoutés piano, violon ou encore mélodie d’ambiance sur des extraits du film Le ballon rouge.

« Jouez-les ensemble, quelques-unes ou toutes, lancez-les à n’importe quel moment, dans n’importe quel ordre... », indique Darren Solomon. On ne saurait dire mieux.

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 10:31
Vu sur Fluctuat.net :

Du tube à t'en tartiner tout le corps


A chaque année son tube de l'été, les Beach Boys en 1964, Lipps Inc en 1980, OutKast en 2003. De 1958 à aujourd'hui qui a fait danser et rêver nos parents, grand-parents et qui nous fera tripper cette année ? Liste de 50 ans de tubes de l'été en vidéo.

Du tube du l'été il y en a chaque année et dans chaque style musical. Le tube de l'été peut parfois se cacher dans le folk, le disco, le rock rageur ou la variété des années 80. Flu balance sa liste ultime des tubes qui ont été les BO idéales de tous les étés de 1958 à aujourd'hui. En 2009, ça n'a pas tellement changé, l'été existe toujours et ses tubes aussi...oui, mais le tube de l'été 2009 c'est quoi pardi ?

Une histoire des tubes de l'été commentée et illustrée en vidéo :

2009 : diaporama video Tubes de l'été 2009
2008 : Dizzee Rascal - Dance Wiv Me
2007 : Klaxons - Atlantis To Interzone
2006 : Hot Chip - Over and Over
2005 : Gwen Stefani - Hollaback Girl
2004 : Franz Ferdinand - Take Me Out
2003 : OutKast - Hey Ya!
2002 : Electric Six - Danger ! High Voltage
2001 : Kylie Minogue - Can't Get You Out Of My Head
2000 : The Avalanches - Since I Left You
1999 : Beck - Mixed Business
1998 : Fatboy Slim - The Rockafeller Skank
1997 : Chemical Brothers - Block Rockin Beats
1996 : Dj Shadow - Organ Donor
1995 : Supergrass - Alright
1994 : Blur - Girls and Boys
1993 : Snoop Doggy Dogg - Who Am I (Wha'ts My Name) ?
1992 : House of Pain - Jump Around
1991 : REM - Shiny Happy People
1990 : Deee Lite - Groove Is In The Heart
1989 : Pixies - Here Comes Your Man
1988 : The La's - There She Goes
1987 : Beastie Boys - (You Gotta) Fight for Your Right (to Party!)
1986 : New Order - Bizarre Love Triangle
1985 : Madonna - Into The Groove
1984 : Cyndi Lauper - Girls Just Want To Have Fun
1983 : Michael Jackson - Beat It
1982 : Dexys Midnight Runners - Come On Eileen
1981 : Depeche Mode - Just Can't Get Enough
1980 : Lipps Inc - Funkytown
1979 : The Buggles - Video Killed The Radio Star
1978 : Boney M - Rasputin
1977 : The Bee Gees - Stayin' Alive
1976 : ABBA - Dancing Queen
1975 : KC And The Sunshine Band - That's The Way (I Like It)
1974 : Kool and The Gang - Jungle Boogie
1973 : Stevie Wonder - Superstition
1972 : America - A Horse With No Name
1971 : Marvin Gaye - What's Going On)
1970 : The Carpenters - Close To You
1969 : Serge Gainsbourg - Je t'aime moi non plus
1968 : Simon & Garfunkel - Mrs. Robinson
1967 : The Beatles - All You Need Is Love
1966 : The Mamas and The Papas - California Dreaming
1965 : Sonny and Cher - I Got You Babe
1964 : The Beach Boys - I Get Around
1963 : The Ronettes - Be My Baby
1962 : Little Eva - The Loco-Motion
1961 : Ray Charles - Hit The Road Jack
1960 : Sam Cooke Wonderful World-
1959 : Elvis Presley - Big Hunk'O Love
1958 : Chuck Berry - Johnny B. Goode

Rita Carvalho


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CBR Musique Hérault - dans Music Business
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 10:23
Vu sur Numerama :

Dans les années 1930, les maisons de disques avaient d'abord combattu la radio avant de les utiliser comme moyen de promotion. Refusant désormais de produire des albums, le groupe britannique Radiohead utilise aujourd'hui Mininova pour diffuser gratuitement son dernier "single", These are my twisted words. Mais sans maison de disques.

Radiohead l'a annoncé la semaine dernière. Le groupe anglais, qui s'était fait remarquer en proposant aux internautes de donner la somme qu'ils souhaitaient pour télécharger leur dernière production, a annoncé qu'ils arrêtaient de produire des albums. "Aucun de nous ne veut recommencer ce cirque créatif qu'est un album. C'est devenu une véritable corvée", a expliqué au magazine The Believer le leader du groupe, Thom Yorke. A la place, Radiohead veut distiller ses morceaux au coup par coup, sur Internet, sans s'imposer de rythme de sortie.

Un choix on ne peut plus logique à l'ère numérique, mais qui devrait aussi pousser à une réflexion artistique. Si les groupes ne produisent plus d'albums, comment assurer une cohérence artistique à un chapelet de chansons qui ne sont pas liées dans un même ensemble ? C'est une nouvelle ère musicale qui s'ouvre, et il faudra de nombreuses années avant de distinguer un début de réponse. Mais il y a déjà bien longtemps que le format album ne répondait plus à la moindre logique artistique dans l'industrie du disque...

En attendant, Radiohead commence sa nouvelle vie. Après avoir sorti début août une chanson en hommage au dernier et désormais défunt survivant britannique de la première guerre mondiale, Harry Patch (dont les bénéfices doivent être reversés à la Royal British Legion), Radiohead propose aujourd'hui de télécharger gratuitement "These are my twisted words", leur dernière chanson.

Ils l'offrent sur leur boutique Waste, et proposent eux-mêmes un lien vers le site de liens BitTorrent Mininova.org. De quoi agacer un peu plus la maison de disques EMI, que le groupe a quitté en 2004, et qui combat Mininova pour tenter de contrôler la distribution des oeuvres sur Internet...

 

 

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 09:24
Vu dans Qobuz.com :

Depuis février 2008, un ancien disquaire de Pittsburg essaye de vendre, sans succès, sa discothèque composée de plus de trois millions de pièces !

Dans son édition du 25 août, Le Monde, sous la plume de Grégoire Sauvage et Sylvain Siclier, relate l’étonnante saga de la discothèque qui ne trouve guère d’acquéreur… L’affaire remonte à février 2008 raconte le quotidien : l’annonce de l’une des offres les plus importantes jamais réalisées sur eBay. Paul Mawhinney, alors âgé de 69 ans, cesse ses activités dans son magasin de disques Rama Records, à Pittsburgh, et liquide son stock. Soit des milliers de 78trs, plus de 1,5 million de 45trs, plus d’1 million de 33trs et 300.000 CD !!! Jazz, rhythm’n’blues, rock, comédies musicales, chansons de Noël, etc., le mélomane prétend qu’il s’agit là de la plus grande collection de disques au monde !

Conservée dans un hangar climatisé de 1.500 m², il l’estime, selon l’édition du 26 février 2008 du quotidien britannique The Guardian, à 25 millions de dollars. CD Now avait même fait une offre un peu supérieure avant la mise aux enchères, mais ce site de e-commerce a fait faillite. Le prix de départ n’est pourtant fixé sur eBay qu’à 3 millions de dollars, valeur des pièces qui pourraient être recherchées par des collectionneurs et non celle de l’ensemble du stock. Les enchères grimpent à 7 millions de dollars. Mais elles sont dues, toujours selon l’article du Monde, à un farceur qui a piraté le compte d’un internaute dans une bibliothèque…

Depuis, plus rien ou presque, poursuivent les deux journalistes du Monde. Il n’y a plus de fiche Mawhinney sur eBay et au début de l’été 2009, il a reçu une offre de 1 million de dollars pour les seuls 33trs. Sans résultat, à ce jour. Dans un court métrage réalisé par Sean Dunne, The Archive, l’ancien propriétaire de Rama Records explique qu’à défaut d’un acheteur privé il souhaiterait qu’une institution puisse acquérir et préserver ce patrimoine, constitué depuis l’achat, en 1951, de son premier disque, Jezebel de Frankie Laine. En 1968, la femme de Paul Mawhinney lui avait posé un ultimatum : « Soit les 160.000 disques que tu as dans le sous-sol quittent la maison, soit tu ouvres un magasin. » Ce sera Rama Records. Et Mawhinney va conserver au moins un exemplaire de chaque disque qu’il met en vente.

L’article du Monde précise que du côté des institutions, l’une des plus prestigieuses aux Etats-Unis, la Bibliothèque du Congrès, a fait part de son intérêt pour une partie des pièces. « Il possède des disques très spéciaux et de grande valeur, explique Samuel Brylawski, qui dirigea pendant trente ans la section des documents sonores. Mais ce qui intéresse en priorité la Bibliothèque, c’est le son. Paul Mawhinney n’est pas qu’un collectionneur, il fut un marchand de disques, qui possédait cinq à dix copies de chaque disque. Or, la Bibliothèque n’a pas besoin d’autant d’exemplaires d’un même disque. » Car Paul Mawhinney n’en démord pas, l’ensemble ne doit pas être dispersé entre plusieurs acquéreurs. Crise oblige, la réduction des crédits de la Bibliothèque a de toute manière mis fin aux négociations…

Fierté de Mawhinney, « selon une étude menée par la Bibliothèque du Congrès, 83% de mes disques sortis entre 1948 et 1966 sont aujourd’hui introuvables en CD ». Mais conclut Le Monde, il n’envisage pas pour autant de préserver « l’œuvre d’une vie » en l’encodant en fichiers MP3. « Ce son compressé ne pourra jamais être équivalent à celui du vinyle. »


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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 09:01
Vu sur Qobuz.com :


Et maintenant Classica s’écoute. Retrouvez Bertrand Dermoncourt et ses invités pour un débat passionné autour de 10 interprétations d’une œuvre fameuse. Podcasts à télécharger :

- La « Troisième Symphonie » de Gustav Mahler
- Manuel Falla Nuits dans les jardins d’Espagne
- Johann Sebastian Bach Passion selon saint Jean (Écoute en aveugle)
- Le Concerto pour violon n° 1 de Serge Prokofiev
- Les Images pour piano de Claude Debussy
- Ecoute comparée : Le Concerto pour flûte « Il gardellino » de Vivaldi (décembre 2008) ...
- La Symphonie n° 10 de Dimitri Chostakovitch
- Le Quintette avec clarinette de Mozart
- etc...




La « Troisième Symphonie » de Gustav Mahler
Classica Répertoire
Par Stéphane Friédérich | CLASSICA | ÉCOUTE COMPARÉE CLASSICA | 4 juin 2009

Une discographie exigeante : comment embrasser tous les aspects de cette « symphonie monde » ? La Troisième de Mahler est une alliance de sublime et de naïveté, très difficile à réussir.
Suivez l’intégralité du podcast de cette écoute comparée commentée par Bertrand Dermoncourt (BD), Xavier Lacavalerie (XL), Stéphane Friédérich (SF) et Eric Taver (ET).

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 12:18
Vu sur Zdnet.fr :


L'écart entre ventes physiques et dématérialisées se réduit de trimestre en trimestre. Sur le terrain des ventes en ligne, iTunes règne en maître absolu. Les Majors ont beau se lamenter sur la chute des ventes de CD, une chose est sûre, la croissance des ventes en ligne demeure soutenue.

Aux Etats-Unis, elles représentaient l'an passé 35% (+16%) des ventes totales à 1,7 milliard de dollars, contre 20% en 2007, selon une étude de NPD Group. Selon le cabinet d'analyses, la croissance du numérique est proportionnelle à la baisse des ventes de CD. Résultat, les deux courbes devraient se croiser dans les prochains trimestres. Un disque sur 4 vendu sur iTunes "Avec des ventes de musique numérique qui progressent de 15 à 20% et des ventes de CD qui se contractent dans les mêmes proportions, les ventes de musique numérique devraient égaler les ventes de CD fin 2010", commente Russ Crupnick, analyste chez NPD.

Si la musique dématérialisée explose, le phénomène semble profiter à un seul acteur : Apple. Son service iTunes concentre en effet 69,1% des ventes en ligne au premier semestre de cette année ! La pomme peut donc se targuer de représenter 25% des ventes globales de musique aux Etats-Unis. "iTunes conforte donc sa place de premier disquaire aux pays de l'Oncle Sam. "Le développement des téléchargements numériques légaux et la capacité d'Apple à contrôler ce marché ont augmenté la puissance générale d'iTunes dans la distribution de musique", poursuit l'analyste de NPD.

Le géant de la distribution Wal-Mart, pourtant présent à la fois en ligne et 'en dur' avec ses milliers de magasins ne génère que 14% des ventes totales de musique. Quant à Amazon, qui s'est auto-proclamé challenger numéro un d'iTunes depuis le lancement de sa plate-forme en ligne, il réalise 7,6 % des ventes numériques au premier semestre. Mais si on ajoute ses ventes physiques, le géant du commerce en ligne atteint néanmoins une part de 9% au global. Les suivants n'obtiennent que les miettes : Rhapsody détient une part de marché de 3,7 % et Zune Marketplace de Microsoft atteint péniblement les 2,6 %.

Par Olivier Chicheportiche, ZDNet France
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 16:21

La chronique de Carine Magnoni (BM St Chinian) sur le concert des Arènes :


Tout le monde était là pour Seal, mais moi je n’attendais que le seul, l’unique Raphael Saadiq, qui en 2 chansons , a su conquérir tout le monde. Il faut dire qu’il était bien entouré par ses musiciens. Comme toujours, les concerts ça vous transcende l’album, il allait de la version très rock’n roll à la version rap-r’n’b assez inattendu. Bref un régal pour les oreilles.

 

Par contre, Ayo, m’ a un peu déçu, elle nous a chanté du Jackson Five, du Lauren Hill, beaucoup de blabla mais on a peu entendu le dernier album, c’était cent fois mieux il y a 2 ans à Marseillan. Il semblerait qu’elle ait eu des problèmes personnels.

 

Quant à Seal, il a fait le show pendant 1h30, ça s’écoute.

 


 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 09:23
La chronique de votre serviteur sur le concert de la pianiste Brésilienne :

Eliane Elias passait par Uzès, soutenir la sortie de "Bossa nova stories", son dernier album hommage au genre musical qui lui a permis de lancer sa carrière internationale.

Comme elle le rappelle elle-même dans un français approximatif mais charmant, c'est à l'âge de 17 ans qu'elle est repérée dans un club de Sao Paulo par Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Les deux fondateurs de la bossa nova l'embarquent immédiatement pour leur tournée mondiale et Eliane s'installe à New York où elle épouse dans la foulée le trompettiste Randy Brecker.

Sa carrière de pianiste-chanteuse jazz est lancée en 1984 et elle signe bientôt chez Blue Note (13 albums à ce jour).

C'est donc un retour à ses premières amours qui nous permet de voir Eliane et son super-groupe en concert :
à la guitare : Oscar Castro-Neves, à la contrebasse : Marc Johnson (Ex-Bill Evans trio) et enfin le fabuleux Paolo Braga à la batterie et aux percussions.

Après une introduction samba frénétique, Eliane entre sur scène, crinière blonde au vent et mini-robe noire affolante.
Elle enchaîne avec "Chega de saudade" de Jobim/Moraes et la magie opère tout de suite : son jeu physique oriente la suavité du rythme bossa vers la folie du boogie-woogie. Le final de Paolo Braga aux percussions est fantastique.

Impression boogie confirmée avec le début  du "A ra" de Donato qu'elle martèle comme une furie avant de faire retomber la tension avec "They can't take that away  from me" de Gershwin.

Le groupe entame ensuite le "Jammin'" de Bob Marley, véritable délice à la sauce carioca. Pour "Falsa Baiana", Eliane rechausse ses talons hauts (elle joue pieds nus) et viens chanter et danser au devant de la scène : je confirme, la robe est vraiment mini !

Vient ensuite le "Jazz 'n samba" de Jobim où chaque musicien prend un solo et là le jeu de Brago prend toute son ampleur : c'est la batucada du carnaval à lui tout seul ! Eliane jubile, elle danse sur son piano et dirige son groupe à coups de "One, two, three, four" hors-micro que le public un peu coincé de la Cour du Grand-Duché d'Uzès entend quand même.

Au final, le concert de ce soir nous rappelle que les liens entre bossa et jazz sont plus qu'étroits et que l'esthétisme du groove américain se marie parfaitement à la fabuleuse polyrythmie "do Brasil".

"Bossa nova stories" pourrait donc bien être la bande son parfaite de notre été.

Merci Eliane !

Cédric Libuda


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