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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 16:08

Valise thématique « Les destins brisés du rock »

Elle a été finalisée rapidement pour une utilisation immédiate dans le réseau de la Vallée de l’Hérault.

Jean-Jacques Massé devra cependant vérifier les notices biographiques et le CBR devra choisir les pochettes de disques à utiliser pour l’illustration du support papier de la valise.

La plupart de ces disques étaient présentés lors de cette réunion avec les DVD et les livres.

La valise sera donc jusqu’en septembre à la CCVH puis finira l’année à St Jean de Védas. Contacter la DDLL pour réserver en 2011.

Valise thématique « Le Gothique»

Nous avons pu visionner toutes les couvertures de livres que les éditeurs nous ont autorisé à utiliser pour le support papier, encore merci à eux.

La présentation de l’ensemble des documents de la valise a satisfait tout le monde mais il reste du travail de rédaction pour la rentrée.

Cette valise sera à Lattes d’octobre à décembre 2010 puis à St Jean de Védas jusqu’en mars 2011.

Bilan 2010 :

Malgré l'absence de nouvelles recrues, le CBR Musique a pu mener à bien l'un de ses principaux objectifs pour 2010 :  la création de valises thématiques pour l'animation du réseau.

Force est de constater que les supports traditionnels que sont les imprimés et les phonogrammes musicaux intéressent moins nos partenaires bibliothécaires.

Ceux-ci sont plus préoccupés par la révolution numérique en marche et le CBR Multimédias a le mérite de répondre aux interrogations légitimes de nos collègues.

Après le disque et la vidéo, le prochain média à entrer massivement en médiathèque sera le jeu vidéo mais quid de la notion de support culturel ?

Quoiqu’il en soit, le CBR musique continuera ses activités de veille documentaire et créera deux nouvelles valises pour 2011 : 

«La musique folk : protest songs, folk européen et new folk»

«Sur la route : musiques itinérantes»

N’hésitez pas à participer à l’élaboration de ces valises.

Les prochains CBR :

Le jeudi 7 octobre dans les nouveaux locaux de la Médiathèque de LATTES

Le jeudi 2 décembre à la Maison des Savoirs d’AGDE.
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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 15:11

Vu sur Zdnet :


Business - La SCPP confirme que 10 000 titres musicaux seront surveillés pour le compte de ses ayant-droits. Et affirme qu'elle transmettra les premières adresses IP à la Hadopi dans les prochains jours.

Pascal Nègre est d'humeur joyeuse. Le président de la SCPP* voit enfin aboutir la mise en place du dispositif créé pour lutter contre le téléchargement illégal dont il a été le principal soutien depuis plusieurs années.

A l'occasion de son Assemblée Générale, celui qui va rempiler pour un mandat de trois ans avait convié ce jeudi quelques journalistes pour faire le point sur l'activité de la société de gestion des droits des principaux producteurs français. Dans les faits, pour se réjouir de la mise en marche de la Hadopi .

" L'effet épouvantail de la loi Hadopi a eu lieu. Le chiffre d'affaires du secteur a gagné 7% entre octobre et mai" jubile Pascal Nègre qui cite en exemple le marché suédois qui avait un temps repris quelques couleurs après l'adoption d'une loi similaire. Sauf que le regain  n'avait pas duré, ce qu'il oublie de préciser.

" On est dans une phase où on se réjouit. On va commencer à stocker les adresses IP et on les transmettra à la Hadopi dans les prochains jours" explique celui qui est aussi le patron d'Universal Music France. Un enthousiasme tempéré par Marc Guez, le directeur général de la SCPP, qui évoque un délais de "quelques semaines".

10 000 titres surveillés

Une confirmation : ce sont bien 10 000 titres musicaux qui seront surveillés par Trident Media Guard (TMG) pour le compte des ayant-droits. 5 000 titres (des "gold" et des "standard") ont déjà été sélectionnés. Reste à se mettre d'accord sur les 5000 nouveautés et qui seront régulièrement renouvelées. C'est le volet le plus important du dispositif. " Le top de la piraterie , c'est le top album" confirme Pascale Nègre.

Comment s'effectuera le choix ? "On va définir les règles de répartition avec les producteurs" indique Marc Guez. A priori, un système au prorata des parts de marché de chaque maison de disques devrait être retenu. Ce qui reviendrait à donner "une prime" aux majors.

Interrogé sur le coût du dispositif de surveillance de TMG supporté par les ayants droits ( musique et cinéma), Pascal Nègre l'estime supérieur à 3 millions dont 20 % seraient supportés par la SCPP.

L'autre motif de satisfaction de la SCPP est la carte musique jeune. Annoncée pour juin, elle devrait être lancée en septembre. " Si elle fonctionne, on sera le premier marché européen en ventes digitales. On va participer financièrement à sa promotion" affirme Pascal Nègre.

A moins que les mesures de restriction budgétaire décidées par le gouvernement ne scelle son sort. "Je n'y crois pas. Pendant les périodes de crise, les politiques savent que la culture est un moyen de relâcher la pression. Roosevelt a été le premier à le faire avec le New Deal"  soutient-il.  Reste que si le programme de relance économique américain avait duré cinq ans, le gouvernement n'a pas prévu de financer l'opération au delà de 2012.

* Société Civile des Producteurs Phonographiques



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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 15:19

 

Sélection Télérama et TV

 

 Auteur                                               Titre                                                             Label

 

 John Grant                               The queen of denmark (rock)                                    Bella Union  

The national                             High violet ( rock)                                        Beggars           

Georges Delerue                        Les cavaliers            (BO)                                        Universal Jazz

James Holden                          Compil DJ Kicks                                             IK7

Angus et julia stone                Down the way                                                            EMI

Wilson das Neves              Pra gente fazer mais um samba                    Totolo-Harmonia mundi

Robert Levin            / Dutilleux            D’ombre et de silence                                                  Universal

DreadZone                              Eye on the horizon                                           Dubwiser Records

Lareine Eric                             Et leurs enfants                                     Le chant du monde

Tracey Thorn                           Love and its opposite                                                Strange Feeling Pias


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                                                                              JAZZ

 

TITRE                         INTERPRETE                   GENRE                 LABEL                RECOMPENSES

 

 

Midnight torsion           Eric Watson(piano)           Free Jazz               Emouvance         CHOC Jazzman

 

1910                              Les doigts de l’homme      Jazz manouche      Harmonia Mundi

 

Beyond mountain         Alain Vanenhove               Jazz classique        Yolk Records

 

Joy                                Sylvain Beuf                      Jazz classique         Such production   FFFF Télérama

 

A child again                Titilayo Rachel Adedokun          Jazz vocal       Edition collage

 

Humanidade                 Patrick Favre trio                 Open jazz                La Lichère           CHOC Jazzman

 

Ostinato                        François Raulin(piano)           Open jazz             Forge                    CHOC Jazzman

 

Pas de dense      Daniel Humair, Tony Malaby, Bruno Chevillon              Zig-Zag             FFFF Télérama

 

Room service               Claudia Solal - Spoonbox          Jazz vocal       Le chant du monde   FFFF Télérama

 

Wish                             Wish                                    Electro-jazz                Cristal records         Sélection FIP

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                                   Musiques de films

Auteur                                    Titre                                         Label


Rocca                                     La vida loca                                Polydor

Michel Legrand                    La rose et la flèche                     Universal

Keren Ann                            Thelma, Louise et Chantal         Columbia

Marcelo Zarvos                    Brooklyn's finest                         Varese

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                                      Musique classique

Auteur                                    Titre                                         Label

Bach / Suzuki                          Motets                                      Bis

Bach / Richard Galliano         Bach                                      DG

Jordi Savall : El nuevo mondo, folias criollas, Alia Vox

Rossini / DiDonato   Colbran, the muse  Virgin

Schubert / Kaufman    Di schöne Mullerin  Decca

Purcell / Minkowski    Sainte Cécile          Naïve

JC Bach / Jaroussky    Dolce fiamma        Virgin

  




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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 13:00

Vu sur le site des Festes de Thalie / Orphéon:

 

Cet été, dans la superbe abbaye de Vignogoul, se tiendra un festival de musique ancienne et baroque :

 

 

 

 

 

 

 


 

 

des stages pour musiciens confirmés, des concerts gratuits tous les soirs du 28 juillet au 8 août et une superbe

 

exposition d'instruments anciens :

 

  • amati
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 09:07

Vu sur Topito : (cliquez pour voir d'autres Top 10 rigolos...)

 

 

 

remix 1 Top 10 des reprises les plus insolites

Quand vous en avez marre de l’originale, il y a la reprise qui permet parfois de re-découvrir une chanson qu’on avait trop entendu…

  1. Ma Benz (NTM) par Brigitte
  2. Around the world (Daft Punk) par Maxence Cyrin
  3. Faith (George Michael) par The boy least likely to
  4. Telephone (Lady Gaga) par Aston
  5. Beat It (Michael Jackson) par Loris
  6. September (Earth Wind and Fire) par Pomplamoose
  7. Bohemian Rhapsody (Queen) par Jake Shimabukuro
  8. They Don’t Care About Us (Michael Jackson) par De Storm
  9. Dj (Diam’s) par The Brassens
  10. Friends (Thème) par Richard Cheese

Et vous, vous en connaissez d’autres ?

Top écrit par Yapasque, topiteur à l’oreille fine.

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 11:20

Les deux premières valises réalisées par l'équipe du CBR auront pour thèmes : "Les destins brisés du rock" et "Le gothique".

 

Les illustrations de livres sont reproduites avec l'autorisation des éditeurs suivants : Denoël, Les Belle Lettres, Gallimard, Le Castor Astral, Actes Sud, Le Livre de Poche, Le Pré Aux Clercs. Qu'ils en soient remerciés.

 

De semblables demandes d'autorisation ont été formulées auprès d'éditeurs de disques sans réponses à ce jour.


Nous reviendrons sur les manifestations liées aux valises thématiques, pour l'instant en voici le contenu :

 

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                                                  Le Gothique

 

L'Art de la Fantasy Gothique : Le meilleur de l'illustration gothique contemporaine

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

CD :

The Sisters of Mercy : “Floodland “

Editors :  “The Back Room”

Interpol : “Turn on the bright lights”

Cocteau Twins : “Garlands”

Marilyn Manson : “Antichrist Superstar”

Nine Inch Nails : “Pretty Hate Machine”

Ministry  : “The Mind Is A Terrible Thing To Taste”

Dead Can Dance : “Into the labyrinth”

Siouxsie and the Banshees : “Juju”

Bauhaus  : “Burning from the Inside”

The Cure : “Pornography”

Joy Division  : “Closer”

Moonspell : “Darkness and hope”

The 69 Eyes : “Blessed be”

Rammstein : “Herzeleid”

Epica : “Consign to oblivion”

Paradise Lost: “Paradise Lost”

Within Temptation : “The silent force”

Blutengel : “Demon kiss”

Suicide Commando : “Stored images”

Love Like Blood : “An irony of fate”

Das Ich : „Die Propheten“

Christian Death : “A catastrophe ballet with rhapsody of youth and rain”

Cinema Strange : “The astonished eyes of evening”

Alien Sex Fiend : “Who’s been sleeping in my brain ?”


Livres :


« Obsküre, chroniques des musiques sombres » Opus I, K-Inite Editions

Jasmine Becket-Griffith : « L’art de la Fantasy gothique », Le Pré Aux Clercs

« Carnets noirs, musiques, attitudes, cultures gothiques, électroniques & industrielles »

Actes I & II, K-Inite

Gavin Baddeley :  « Gothic, la culture des ténèbres », Denoël X-trême

Christian Eudeline : « Le rock gothique », Fetjaine

Simonetta Santamaria, « Vampires, de Dracula à Twilight », Gremese

Patrick Eudeline, « Le Dictionnaire gothique », Scali

Valérie Palacios : « Le cinéma gothique, un genre mutant », Camion Noir

Frédéric Thébault : « Génération extrême : 1975-1982, du punk à la cold-wave », Camion Blanc

Antoine Durafour :  « Le milieu gothique », Le Manuscrit

Poppy Z. Brite : « Ames perdues », Folio SF

Gaston Leroux : « Le fantôme de l’opéra », Poche

Anne Rice :  « Entretien avec un vampire », Pocket

Edgar Poe : « Histoires extraordinaires », Total

Mary Shelley :  « Frankenstein ou le Prométhée moderne », Folio SF

Bram Stoker :  « Dracula », Actes Sud Babel

Charles Baudelaire : « Les fleurs du mal », Lattès


DVD :


 Terence Fisher : « Le cauchemar de Dracula », Warner

Katherine Hardwicke : « Twilight, chapitre I : fascination », M6

Phil Claydon : “Lesbian vampire killer”, Wild Side

Henry Selick : “Coraline”, Universal

Barry Sonnenfeld : “Les valeurs de la famille Addams”, Paramount

Alan Ball : « True blood – saison 1 », HBO

Tim Burton : “Coffret : Sweeney Todd, Noces funèbres”, Warner

Friedrich W. Murnau : “Nosferatu”, MK2

Tod Browning : „Dracula“, Universal

Terence Fisher : “Le chien des Baskerville”, MGM

James Whale : « Frankenstein », Universal

Mario Bava : „Les 3 visages de la peur“, Editions Montparnasse

Fritz Lang : «  Coffret : M le maudit, Le testament du Dr. Mabuse », Bonzi

 

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Les destins brisés du rock

 

 

                                            

Janis Joplin
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Livres :

 

Bruno de Stabenrath : « Dictionnaire des destins brisés du rock », Points

Jean-Marie Pouzenc : « 50 ans avec Elvis », Editions Didier Carpentier

Sébastien Danchin : « Elvis Presley ou la revanche du sud », Fayard

Stephen Davis : « Jim Morrison », Flammarion

Jean-Yves Reuzeau : “Jim Morrison et les Doors”, Librio

Jean-Yves Reuzeau : « Janis Joplin », Folio

Stéphane Koechlin : « Brian Jones », Le Castor Astral

Charles R.Cross : « Jimi Hendrix, l’expérience des limites », Camion Blanc

Malcolm Butt : « Sid Vicious, chronique d’une rock star suicidée », Camion Blanc

Deborah Curtis : « Ian Curtis & Joy Division », Camion Blanc

 

Les DVD :

 

Mark Rydell : « The rose », 20th Century Fox

Janis Joplin : “ Nine hundred nights”, Eagle

Jimi Hendrix : “Live at Woodstock”, Sony Music

The Doors : “Live in Europe 1968”, Eagle

The Rolling Stones : “Rock and roll circus”, ABKCO Films

Sex Pistols : “Never mind the bollocks”, Eagle

Oliver Stone : “The Doors”, Sony Pictures

Anton Corbijn, “Control”, La Fabrique De Films”

Michael Winterbottom : « 24 hour party people », Naïve Vision

 

Les CD :

 

Joy Division : “Closer”, CentreDate

Joy Division : “Unknown pleasures”, CentreDate

Nirvana : “Live at Reading”, Ume

Jimi Hendrix : “Electric ladyland”, MCA

Jimi Hendrix : “Axis : bold as love”, MCA

Janis Joplin : “Pearl”, Columbia

The Doors : “The Doors”, Elektra

The Doors : “L.A. woman”, Elektra

Elvis Presley : “ 30 # 1”, Sony

Elvis Presley : “56”, Sony

The Rolling Stones : “Between the buttons”, ABKCO

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 14:29

Vu sur owni.fr :

La soucoupe est immensément fière d'accueillir Jean Gonzague Saint Broute, le célèbre futuriste multimédias, diplômé de la JGSB High School of Telematics, « Master of Musical Telematics & Digital Strategy en ligne » et fondateur de la société 3614 Music

À propos de l'auteur Jean Gonzague Saint Broute
Photo CC Flickr The Artifex

Photo CC Flickr The Artifex

La soucoupe est immensément fière d’accueillir Jean Gonzague Saint Broute, le célèbre futuriste multimédias, diplômé de la JGSB High School of Telematics, « Master of Musical Telematics & Digital Strategy en ligne » et fondateur de la société 3614 Music (ouf !). Le CD n’est pas mort, nous apprend-il dans un billet salvateur.

- Futuriste Multimédias

- Diplômé de la JGSB High School of Telematics, « Master of Musical Telematics & Digital Strategy en ligne ».

- Fondateur de la société 3614 Music.

-Auteur de :

- « Punk Rock : Savoir Gagner pour Réussir grâce aux nouvelles technologies de l’information. » (JGSB Editions)

- « La télématique de demain au service de l’artiste mutimédia d’aujourd’hui. » (JGSB Editions)

- « Sauver le 45 tours à l’heure du numérique » (JGSB Editions)

- « La pop music face au défi informatique » (JGSB Editions)

- « Protocole Ethernet et Musiques Amplifiées » (JGSB Editions)

Outils sociaux interactifs :

Compte Twitter : http://twitter.com/3614music

J’entends de ci de là, dans les colloques, les soirées entre amis et même dans les surprises parties, des voix s’élever pour annoncer la fin du compact disque.

Je dis non.

Je dis erreur.

Ayant le sentiment que l’échange de bonnes pratiques et le débat d’idées nourrissent la pensée unique (qui s’avère la meilleure, puisque tout le monde pense la même chose, ce qui fluidifie les échanges), je vous livre le fruit de mes réflexions en :

10 bonnes raisons d’acheter des compacts disques

Raison N°1

Si tout le monde achetait des compacts disques, il s’en vendrait beaucoup plus (par voie de conséquence). Une solution simple à la crise de l’industrie du disque ?

Raison N°2

Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le compact disque se raye. C’est une bonne nouvelle, puisqu’il faut alors le racheter, ce qui relance l’industrie du disque.

Raison N°3

Le compact disque est un objet joli. Sous la lumière, il produit d’étonnants rayons multicolores. Comme un mini concert de Jean-Michel Jarre au creux de votre main.

Raison N°4

Il existe désormais de nombreux meubles fort pratiques, permettant de ranger soigneusement ses compacts disques. Le fameux MP3 ne peut pas en dire autant.

Raison N°5

Le compact disque permet à son possesseur de démontrer à son entourage qu’il le possède. En le montrant, tout simplement. Une consommation ostentatoire en phase avec son époque, permettant d’optimiser votre capital sympathie et/ou le taux d’admiration de vos proches. Mieux : rien ne vous oblige à effectivement écouter votre compact disque pour bénéficier de cet intéressant avantage social. Le MP3 ne peut en dire autant.

Exemple :

Sur les conseils d’un ami très au fait de la bienséance musicale, j’ai fait l’acquisition du compact disque « Tago Mago » du groupe de rock expérimental allemand Can. Je ne l’ai évidement pas écouté, puisque je n’y entends rien au rock expérimental allemand.

Néanmoins, ayant eu vent de l’aura de ces artistes, j’ai laissé le compact disque en évidence, pochette installée verticalement sur ma platine laser (il existe nombre de présentoirs en PVC, fort pratiques).

Un ami audiophile me rend visite:

(extrait de la conversation)

- Ami audiophile : Hé bien, Jean Gonzague, je ne me doutais pas que tu appréciais le rock expérimental allemand. Le « Tago mago » de Can : chef d’œuvre !

- Moi : Détrompe-toi, mon ami, j’en ai fait l’acquisition sur le site Fnac.com et depuis je l’écoute « en boucle », pour ainsi dire !

- Ami audiophile : Hé bien, dis-moi, quelle culture musicale. Je suis épaté. Tu es un ami formidable.

- Moi : C’est très aimable à toi, tu veux des chips ?

Cette astuce simple fonctionne également avec les artistes suivants : Captain Beefheart, Frank Zappa, The Residents, et The Zombies.

Et maintenant, admettons que je dispose de l’album « Tago Mago », du groupe de rock expérimental allemand Can en MP3, sur mon « disque dur externe ».

Un ami audiophile me rend visite :

(extrait de la conversation)

- Ami audiophile : Hé bien, Jean Gonzague, tu as un disque dur externe toi aussi ?

- Moi : Oui, j’en ai fait l’acquisition sur le site Fnac.com. Il fait 80 gigabytes. C’est fort pratique.

- Ami audiophile : Hé bien, dis-moi, ça me fait une belle jambe.

- Moi: C’est très aimable à toi, tu veux des chips ?

Les faits parlent d’eux-mêmes.

Raison N°6

La Raison n°5 est déclinable sur une entière collection de compacts disques. Vous pouvez faire très simplement étalage de votre culture musicale en laissant votre collection bien en évidence grâce au mobilier évoqué en Raison n°4.

C’est un avantage à ne pas négliger puisqu’il vous apportera une aura culturelle forte, à condition de prendre soin d’exposer les tranches des compacts disques à fort potentiel (Can, Captain Beefheart, Frank Zappa, The Residents, et The Zombies) et de dissimuler ceux que vous écoutez réellement (Jean-Jacques Goldmann, Vincent Delerm, Bénabar, Calogero).

Cette astuce ne fonctionne évidemment pas avec les vinyles, dont les tranches sont peu lisibles, et encore moins avec les supports dématérialisés, virtuellement invisibles pour tout visiteur.

Raison N°7

Il est strictement impossible d’échanger des compacts disques via l’Internet, pour une raison fort simple : le PVC dont ils sont composés ne peut transiter par les réseaux de télécommunications, y compris les plus avancés. J’ai moi-même tenté l’expérience. Voilà qui fait la nique aux piratins. Un moyen simple de soutenir l’industrie du disque.

Raison N°8

Les voitures de location sont désormais fournies gracieusement avec un lecteur de compacts disques. Très agréable en voyage, en automobile, et même en « bagnole » comme disent les jeunes.

Raison N°9

En achetant un compact disque, non seulement vous soutenez l’industrie du disque, mais vous contribuez à l’effort industriel et aidez les industries pétrolières, puisque l’objet comporte un boitier PVC très bien pensé.

Un beau geste à peu de frais.

Raison N°10

Le compact disque offre une bien meilleure qualité que le vinyle, faute de quoi il n’aurait pas été inventé et encore moins vendu plus cher. Ne soyons pas naïfs.

Jean Gonzague Saint Broute

Futuriste Multimédias

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 14:14

Vu sur owni.fr :

Par Virginie Berger

Oui, on peut encore gagner de l’argent avec sa musique…

….mais différemment.

2,5% de la production musicale représente 70% de la diffusion radio…Et l’an passé, 90 % des revenus des ventes en ligne sont allés à seulement 10 % des groupes. Il devient de plus en plus dur de développer et exposer de nouveaux talents, or c’est là que tout reste à faire.

On entend souvent l’expression “S’adapter ou mourir” concernant les maisons de disques. Je suis d’ailleurs la première à l’utiliser…

Ça peut sembler exagéré, menaçant… mais pour l’industrie musicale, il s’agit des deux seules alternatives. Et elles n’ont jamais semblé aussi réelles. Dans les prochains mois, EMI pourrait très bien disparaître. Et toutes les grandes maisons de disques se jettent à corps perdu dans des batailles perdues d’avance.

Alors que leur principal concurrent est la gratuité, elles ne se focalisent que sur l’éradication du partage de fichiers illégaux alors qu’elles devraient rentrer en concurrence frontale avec le gratuit et proposer des produits à forte valeur ajouté.

Imaginons que les maisons de disques aient compris cela il y a 10 ans au lieu de faire de la lutte contre le téléchargement illégal le cœur de leur business model. Nous aurions des fichiers DRM Free et un Itunes interopérable depuis des années…

S’adapter ou mourir donc…

Mais il reste de nombreux et différents leviers de monétisation (voir mon article sur http://digitalmusic.tumblr.com/post/330391306/quels-sont-tous-les-canaux-de-revenus-potentiels-pour) et de nouveaux business modèles émergents, permettant aux artistes (comme aux labels) de pouvoir vivre de la musique.

Le marketing direct to fans – ensemble d’actions marketing se concentrant principalement sur la monétisation de la relation artiste et fan – est en plein développement. Ce business model ne dépend plus uniquement de l’air play radio ou les diffusions de clips en TV. Il dépend principalement de la relation entretenue entre les artistes et leurs fans.

Mike Masnick (rédacteur en chef de Techdirt) l’a très bien théorisé avec cette formule :

Connecting with Fans (CwF) + Providing a Reason to Buy (RtB) = $$$

En résumé, trouvez vos (vrais) fans, fidélisez les, donnez leur une raison d’acheter et à cette condition vous gagnerez de l’argent.

De nombreux artistes, maintreams ou indépendants ont radicalement changé de modèle marketing pour utiliser principalement le marketing direct to fan avec succès. Parmi les plus connus, citons les exemples de Nine Inch Nails, Radiohead, Imogen Heap, Amanda Palmer, David Byrne, les Beastie Boys, Weezer, Jonah Matranga, Exsonvaldes ou Cyril Paulus pour la Franc e…

Cela peut sembler assez facile: l’artiste entre en contact avec ses fans, leur donne une raison d’acheter et monétise. Mais comment savoir qui sont ses fans? Comment rentrer en contact avec eux?

Comment attirer leur attention quand il y a à peu près 6 millions d’artistes sur MySpace? Cela peut paraître simple pour NIN et Radiohead, qui ont bénéficié du soutien de leurs labels pendant des années, et qui possédaient un public déjà très important lorsqu’ils ont décidé de quitter leurs labels respectifs. Alors comment un artiste en développement, seul, peut émerger, attirer l’attention et gagner de l’argent?

Est-ce que le marketing direct to fan n’est pas mieux adapté aux artistes établis ou réfugiés des majors ?

En fait, cela est très simple si vous comprenez bien l’essentiel de ce modèle.

Le cas Trent Reznor

Trent Reznor, l’homme derrière le groupe Nine Inch Nails, a fait de très nombreuses expériences qui démontrent bien comment fonctionne ce modèle. Il en est même devenu le véritable précurseur et chef de file.

Reznor a toujours fait en sorte d’être proche de ses fans et a créé un des meilleurs sites d’artiste, avec forums, chat rooms et de nombreuses possibilités d’interaction. Il encourage également les fans a réellement interagir les uns avec les autres.

Alors que Warner Music a bloqué tous les clips de ses artistes sur Youtube pendant des mois, Reznor regroupe sur la home page de son site web toutes les vidéos prises par ses fans lors de ses concerts (il encourage ses fans à prendre photos et vidéos). Il a même créé une application Iphone gratuite qui permet à ses fans de se retrouver, de communiquer les uns avec les autres, et de partager photos et vidéos.

Tout le propos de Reznor est de bien comprendre comment attirer et se connecter avec ses fans et de les aider à mieux se connecter les uns aux autres, comme s’ils faisaient partie d’un club.

Et à partir de là, on a toutes les raisons d’acheter (Rtb=Reason to buy). Et Trent Reznor donne toutes les raisons d’acheter. Récemment, il a décidé de mettre en ligne gratuitement tout ce qu’il enregistrait. En effet, sachant que sa musique sera de toute façon sur les sites de partage de fichier, il ne voit aucune raison de perdre son temps à combattre cet état de fait.

Par contre, il ajoute à sa musique tellement d’options que les gens ont de toute façon envie de l’acheter. Lors de la sortie de son album Ghosts I-IV, il a mis en ligne tous les titres sous une licence Creative Commons permettant à tout le monde de les partager en ligne gratuitement.

Mais il a également mis en place des “raisons d’acheter” très simples. Vous pouviez acheter le CD 2 disques pour 10 $. Vous pouvez également acheter le Deluxe Edition pour 75 $ (coffret, CD, DVD, Blu-ray et un album photo).

Il a également mis en vente 2500 exemplaires d’un coffret Ultra Deluxe limited Edition à 300 $. Avec le coffret, vous aviez CD, DVD, Blu Ray, Vinyls de haute qualité et album de photos très rares sur une impression haute qualité. Mais, le plus intéressant est que Reznor a signé lui-même tous les coffrets. De sa main.

Au final, il a vendu en moins de 30 heures les 2.500 coffrets pour un total de 750.000 $.

Si l’on regarde de près les chiffres de Reznor, on s’aperçoit qu’il donne sa musique, soit, mais que cela ne signifie pas qu’elle est gratuite.

En étant toujours au plus près de ses fans, il leur a donné une raison d’acheter. Et c’est ce qu’ils ont fait !

Dans la seule première semaine de sortie de son album, Trent Reznor a engrangé 1,6 million de dollars.

L’idée que l’on ne peut pas rivaliser avec le gratuit ou que le gratuit signifie qu’il n’y a pas de business model est un mythe. Quand la musique devient gratuite, cela ouvre de nouvelles opportunités pour des business modèles efficaces.

Le dernier album de Reznor, « The Slip », sorti il y a quelques mois, était également gratuit. Mais il est sorti le jour même de l’annonce de la tournée de la prochaine tournée de Nine Inch Nails. Ce que Trent Reznor demandait ? De lui laisser une adresse email si vous téléchargiez son album. Dès que vous aviez donné votre email, vous pouviez ensuite télécharger ses titres, en format FLAC (meilleur que le simple MP3).

Mais comme vous aviez laissé votre adresse email, vous avez donc reçu un email vous informant de la tournée, dans votre ville ou pas loin… et les tickets sont partis à toute vitesse.

La musique gratuite n’a pas nui à la capacité de Reznor à gagner de l’argent. Elle l’a même renforcée.

Alors oui me direz-vous mais Reznor n’est vraiment pas représentatif. Car après tout, sa fanbase, il l’a construite alors qu’il était encore signé sur un label. Et c’est ce « vieux modèle » qui lui a permis de sortir des albums, d’en faire la promotion, de construire sa fanbase et devenir une star du rock.

Alors même si on peut ergoter sur la conséquence réelle de sa signature dans un label dans la réussite actuelle de Reznor, il est intéressant d’étudier comment ce modèle marche pour de nombreux artistes, très différents, des superstars aux artistes en développement.

John Freese: une stratégie radicale

Josh Freese est un batteur, qui apparaît sur plus de 100 albums et se produit avec de nombreux groupes. Il a joué avec Nine Inch Nails, Guns N’Roses, Sting, Devo, The Vandals, The Offspring. Pourtant, en dehors des cercles spécialisés, il n’est pas vraiment connu. Quand il sort son deuxième album solo, Since 1972 , en mars 2009, il décide de mettre en place un système similaire à ce qu’avait fait Reznor sur Ghosts I-IV mais adapté à sa propre personnalité – En résumé, un peu extrême…

 

Il y avait donc la possibilité d’acheter la musique et les CD pour vraiment pas cher. Mais pour 50 $, John Freese vous appelait directement et vous pouviez lui parler 5 minutes, en lui posant toutes les questions que vous vouliez sur lui ou ses amis. Pour 250 $ vous pouviez déjeuner avec lui et pour 500 $ vous déjeuniez dans un restaurant très haut de gamme. Les déjeuners se sont vendus en une semaine environ.

À 2.500 $ (dans la limite de 5 packages), il vous donne une leçon de batterie (et vous pouvez garder une de ses caisses claires). Vous pourrez également visiter le musée de cire de Hollywood avec Freese et un de ses amis rockstar (à choisir dans une liste). Et puis vous pourrez aussi choisir 3 vêtements dans sa garde robe et les garder.

A 10,000 $, vous dinerez avec Freese et un de ses amis rockstar, avant d’aller à Disneyland toujours avec Freese. Et à la fin de la soirée, vous garderez la Volvo break de Josh – après l’avoir déposé chez lui. Evidemment, il n’y avait qu’un seul package de disponible.

Il y avait aussi des packages à 20.000 $ et à 75.000 $ avec des offres comme avoir Freese comme batteur dans votre groupe ou l’avoir comme assistant personnel pendant quelques semaines. Vous pouvez aussi partir en tournée avec lui. Il pourra même écrire et enregistrer une chanson sur vous. Un adolescent de Floride avait acheté l’option à 20.000 dollars, et a passé une semaine avec Freese, dont une nuit sur le Queen Mary, une soirée pizza chez et avec Mark Mothersbaugh (de Devo) et un mini-golf avec le chanteur de Tool.

C’est quoi être un artiste maintenant?

Alors là, on me dira, oui, mais est-ce qu’un artiste doit faire ça, ce n’est vraiment pas son métier… Oui mais d’abord, c’est quoi être un artiste maintenant? ne doit-il pas se poser la question constamment de comment monétiser, de comment se rendre visible, aller chercher du public..Et puis enfin, personne n’a obligé Freese à quoi que ce soit. Il a composé ses packages et s’est amusé tout seul. Et il ne conseille à personne de le faire. ET je ne le conseille pas non plus, ce qu’a fait Freese est plutôt radical.

Mais en se faisant connaître, en créant sa base fans, en leur donnant quelque chose qui avait réellement de la valeur (et qui lui plaisait), il a crée un business model qui a marché.

Bon, alors oui, d‘accord me dira t’on, mais Freese est un produit de la vieille industrie, il a des amis rock stars, ce n’est pas juste…

Jill Sobule: être proche de ses fans pour financer son album

Parlons alors de Jill Sobule, qui avait produit un hit en 1995 avec “I Kissed A Girl” (non non pas celui de Katy Perry). Depuis, elle a été virée par 2 majors puis 2 labels indépendants. Elle a donc décidé de faire appel à ses fans pour financer son nouvel album. Elle était déjà proche d’eux via Facebook, en lançant des concours tous les jours, en chattant, répondant aux questions…

Elle a donc lancé son site web «Jill’s Next Record» en offrant, comme Reznor et Freese de nombreux packages pour inciter ses fans à financer son album. En payant 200 $, ils avaient par exemple un accès gratuit à tous ses concerts. Ils pouvaient même avoir leur propre chanson de remerciement. Pour 5000 $, elle fait un concert chez vous, et n’a aucun problème à ce que vous fassiez payer l’entrée. Elle a fait environ 6 concerts. Pour 10,000$, vous pourrez chanter sur l’album. En fait, au départ, elle avait proposé ce package comme une blague, mais une femme au Royaume-Uni l’a acheté. Jill l’a donc fait venir à Los Angeles pour lui faire faire les chœurs sur son album.

Son objectif était de recueillir 75,000$, sans avoir aucune idée de ce qu’elle pourrait récupérer. Au final, elle a levé 80.000$ en 53 jours. Grâce à ça, elle est rentrée en studio, elle a enregistré son album et a pu embaucher un producteur.

Encore une fois, là vous pourrez me dire « oui, mais bon, elle avait enregistré un titre en 1995, alors ça compte pas.. », sauf que bon, depuis 1995, elle a été virée de 4 maisons de disques…

Corey Smith: donner sa musique peut rapporter gros

Alors, parlons de Corey Smith. Début 2000, Smith était un professeur de lycée, et artiste nuits et week-ends. Il a décidé de se consacrer uniquement à la musique. Il a commencé à tourner, en se concentrant particulièrement sur la construction de sa fan base en utilisant son site et réseaux sociaux.

Il donnait toute sa musique gratuitement sur son site web pour ramener des gens à ses concerts. Il offrait également des tickets en pré-vente à seulement 5$ (pour ses concerts), ce qui incitait ses fans à justement élargir le cercle en incitant famille, amis à en acheter. Il a donc considérablement développé sa fanbase. Il a également essayé différentes expériences et notamment celle de ne plus donner gratuitement sa musique sur son site web. Résultat: ses ventes sur Itunes ont diminué.

En 2008, Corey Smith a gagné près de 4 millions$, en grande partie grâce aux concerts qu’il a initié grâce à son site et réseaux sociaux. Et tout en donnant sa musique gratuitement, il a tissé des liens avec les fans en leur donnant une raison d’acheter.

Fanfarlo + Stratégie numérique réussie = succès

Fanfarlo est également un très bon exemple de l’utilisation du marketing direct to fan pour un groupe en développement. L’album du groupe, alors seulement travaillé par leur maison de disque sur Itunes s’est vendu à 850 exemplaires.

Le groupe, en reprenant la main sur son marketing et en s’associant avec TopSpin Media a alors vendu 13 000 albums. Sans compter l’accroissement très important du public à leur concert et l’augmentation des ventes de merchandising.

Ils ont appliqué différentes techniques, très simples, déjà utilisées avec succès par les vétérans du Direct to Fan (Nin, Weezer, Beastie Boys…): site web constamment remis à jour, points d’accès digitaux multiples mais très simplement gérés Flickr, YouTube, Facebook…), newsletters, emails, recommandation de groupe plus connus (Sigur Ros en l’occurrence a beaucoup recommandé Fanfarlo comme avait pu le faire John Mayer avec Passion Pit), offre de promotion spéciale sur l’album vendu à 1$ pendant quelques jours, applications et widgets…

Donner leur musique à 1$ n’a pas fait baisser les ventes. Bien au contraire. Cela a attiré de très nombreuses personnes sur le site. Qui ont écouté la musique. Puis acheté l’album et différents packages.

Alors bien sûr, tout le monde ne peut pas se payer le luxe d’être recommandé par Sigur Ros.

The Lights Out et le hashtag magique

The Lights out, groupe basé à Boston souhaitait développer leur visibilité et acquérir de nouveaux fans pour leurs tournées. Ils ont donc décidé d’organiser des concerts flash mob via twitter. Ils ont demandé à leurs followers quels étaient les meilleurs endroits, ont créé un événement sur Facebook, puis un hashtag sur Twitter pour regrouper tous les messages. Ce qui a décuplé l’intérêt des followers de leurs followers qui voulaient en savoir plus sur le pourquoi de l’hashtag, et ce hashtag s’est vite transformé en générateur de viralité. Le groupe a continué à twitter de l’événement et après, en repostant des photos, des commentaires. Au final, 70,000 impressions (couverture medias, twitter, twitpic) sur eux.

Jonathan Coulton: un morceau gratuit par jour

Jonathan Coulton était un programmeur informatique. En septembre 2006, il a décidé d’écrire, d’enregistrer et de sortir une nouvelle chanson par semaine pendant un an – toutes publiées sous licence Creative Commons, (ce qui veut dire que n’importe qui peut les partager). Et ça a bien été partagé.

Coulton est devenu une vraie sensation sur le web, et de plus en plus de fans le suivaient. Certains ont même créé des vidéos pour ses titres. Il vit maintenant de ses tournées, qu’il a initiées via le web. Il est également connu pour ses petites phrases comme “…you’ve got a more advanced recording studio in your laptop than the Beatles had when they made Sgt. Pepper’s, so record your music yourself.” Ou “Send out a million pieces of yourself to interact with potential fans. If they’re out there, they’ll find you — and hopefully sometime after that, give you money.”

Moto Boy: l’avenir est dans les boîtes à musique

Moto Boy est un auteur-compositeur interprète suédois sur le label « Songs I Wish I Had Written ».

Moto Boy et son label ont décidé de mettre tous ses titres sur les sites de partage de fichiers y compris The Pirate Bay. Mais dans le même temps, Moto Boy travaille beaucoup pour se connecter et interagir avec ses fans. Sur son site web, il encourage les fans à interagir avec sa musique. Quand ces fans ont commencé à filmer ses concerts et à les poster sur Youtube, son label a été cherché les meilleures pour les regrouper et en faire un « maxi concert YouTube ». Rien à voir avec certains labels qui forcent les artistes à retirer le contenu.

Même si sa musique est gratuite, il continue à se connecter de manière étonnante avec ses fans. L’année dernière, il a vendu sa musique dans des coffrets boites à musique. Il a même lancé des boites à musique en édition limitée (25) fabriquées à la main, signées par lui-même, avec un CD , les partitions et paroles. Tisser des liens avec les fans et leur donner une raison d’acheter au-delà de la musique a fait de Moto Boy un artiste reconnu en Suède.

Amanda Palmer: Do It Yourself 2.0

Amanda Palmer est la chanteuse des Dresden Dolls, un « duo punk cabaret » et a enregistré un album solo sur le label Roadrunner (filiale de Warner Music). Comme elle a trouvé qu’ils géraient plutôt mal sa promotion, elle a décidé de prendre les choses en main.

Elle a donc été chercher ses fans directement sur les réseaux sociaux, en étant notamment très active sur Twitter. Elle a ensuite offert des concerts flash un peu partout où on l’appelait. En Juin 2008, elle a fait un concert flash sur une plage de Los Angeles en proposant un titre qu’elle avait écrit le matin même suite à la suggestion d’un fan sur Twitter.

Ça a donné un super clip vidéo tourné par un fan. Elle a réussi à créer également son propre business model. Un soir, en discutant avec ses fans sur Twitter, elle a lancé l’idée de faire du merchandising avec des t-shirts qu’elle customiserait personnellement. Elle a tout mis en place en quelques heures (via des sites de merchandising sur internet) et a vendu pour 11.000 dollars de merchandising en quelques jours. Une autre nuit, via sa webcam, elle a lancé en direct une vente aux enchères en ligne pour différents articles de sa tournée, qu’elle personnalisait. En trois heures, elle a gagné 6.000 $.

Il y a encore quelques semaines, elle disait n’avoir toujours pas touché la moindre redevance de la part de son label sur son album.

Elle vient de quitter son label, et a écrit de nombreux articles sur sa nouvelle liberté et sa volonté de travailler et monétiser différemment sa musique.

Matthew Ebel: l’abonnement pour vivre de sa musique

Matthew Ebel est un chanteur de Boston qui a commencé à construire sa fanbase en jouant en live et en étant très actif sur les réseaux sociaux. Il a ensuite décidé de lancer son propre abonnement « backstage ». Pour 5$, 10 $ ou 15 $ par mois, les fans ont accès à différentes prestations, dont l’accès à des nouveaux titres toutes les semaines.

Selon leur abonnement, ils ont accès à des concerts, des cadeaux surprises, du merchandising ou des prestations uniques. Au final, Ebel réussit à vivre de sa musique à plein temps. Les abonnements représentent près de 40% de ses revenus, le reste provient de ses concerts, ventes de CD et ventes digitales. Tisser des liens avec les fans et leur donner une vraie raison d’acheter a fait en sorte qu’il peut avoir une carrière de musicien.

Moldover: l’avenir est dans les boîtes à musique

Moldover est un musicien électro de San Francisco. Il a eu une idée rigolote pour son nouvel album. Faire de la boite du CD un instrument de musique à lui tout seul. En cliquant sur un bouton, on a accès à tous les titres, avec possibilité de modifier et jouer avec. Il y avait même des capteurs de lumières et la possibilité de brancher la boite à son PC ou à un système audio.

Au final, alors que les CD étaient vendus à 50$, la demande a été beaucoup plus forte que l’offre. Donc même si on nous dit que personne ne paie pour la musique, en proposant quelque chose de très différent, cet artiste moins connu a réussi à attirer l’attention sur lui et à vendre.

Cyril Paulus: en France, Internet marche, aussi

Cyril Paulus est un chanteur compositeur, ayant sorti un album chez Sony en 2006, et remercié par sa maison de disque en Février 2009. Il a lancé sa propre plate-forme.

Le postulat de base était qu’il voulait faire en sorte que ses fans entendent son album. Il a donc décidé de ne pas le vendre mais de vendre un abonnement à son site. Il y a 3 formules 1 mois, 6 mois, et 12 mois, celui d’un mois coûte 6,99€ (ce qui revient à dire que rien que pour l’album, c’est 30% moins cher que sur les itunes et autres).

Il offre donc à ses abonnés le nouvel album, tous ses anciens titres en écoute illimitée, ses nouveaux titres au fur et à mesure, et d’autres avantages, comme une webtv qui diffuse en continu et propose des émissions spéciales 2 fois par mois, une messagerie vidéo pour que ses fans puissent se filmer et envoyer des messages, à lui ou à la communauté (encore une fois interaction entre les fans et lui et entre la communauté), et par la suite, des tarifs réduits sur les places de concerts…

Pour ça Cyril s’est formé à Final Cut pour la vidéo, a investi dans de bonnes caméras, a financé l’enregistrement de son album, s’est greffé une case “chef d’entreprise” et a rationalisé chaque centime investi…

Résultat : ouverture le 15 décembre 2009 et ça marche. Comme il dit, il est 10 fois plus heureux quand un abonné décide de renouveler son abonnement pour un an, que quand il vendait 100 albums en 2007.

Tout ça ressemble beaucoup à ce que fait Trent Reznor me direz-vous. Oui, sauf que Cyril Paulus n’avait jamais entendu parler de ce que faisait Trent Reznor. Preuve que ce Direct To fan semble naturel à beaucoup d’artistes.

Charly et sa drôle de dame: le saut dans l’Internet

Charly et sa drôle de dame est un artiste en développement, mais en vrai de vrai développement. Il a commencé il y a quelques années et toujours pas de label, de tourneur, de manager, de fans…

Qu’est ce qu’il a fait?  Il s’est remis en question et s’est dit que sa communication n’est peut-être pas la meilleure. Il investit donc Twitter, arrive à se construire une petite communauté de fans, construit un site à son image, se bâtit une histoire…  le résultat : il n’a toujours pas de tourneur, de manager, mais il a des fans. Et son nom commence à circuler, sa signature commence à être reconnue… en quelques mois, il a fait plus qu’en quelques années.

Exsonvaldes dans ton salon

Exsonvaldes est un jeune groupe rock folk français. Troisième album soit, mais pas beaucoup de visibilité media. Qu’importe, inspiré par l’exemple de Jonah Matranga aux Etats-Unis, déjà très actifs sur Internet (ils sont sur Twitter, Facebook, ont leur propre site et un Bandcamp), ils décident de développer leur visibilité et leur fan base en faisant des concerts en appartements.

Ils lancent une invitation un peu comme une boutade à la fin d’un concert (« Hé, on va dans telle ville, quelqu’un pour nous accueillir chez lui pour un concert ? »), et au final ont fait un peu plus de 40 concerts en appartements maintenant (en plus de leur tournée). Le résultat : augmentation de leur notoriété, visibilité, et de leur fans base (oui car celui qui invite invite des gens qui ne connaissent pas forcément Exsonvaldes) et des ventes de leur merchandising.

En effet, ils vendent du merchandising à la fin de chaque concert en « pay what you want » (vous donnez ce que vous voulez). Au final, ils gagnent 20% de plus sur le merchandising que sur des prix fixés. Pourquoi? Grâce à l’interaction. Assister à un concert gratuitement, qui vous plaît, avec un artiste à quelques mètres de vous, ça crée un vrai lien émotionnel. Et ça se voit sur les ventes…

Bien sûr, ce ne sont que des artistes, mais tous ces nouveaux modèles sont en train d’impacter l’écosystème.

Des entreprises innovantes pour soutenir ses artistes 2.0

De nouvelles entreprises se sont créées, comme TopSpin, Nimbit et Kickstarter pour soutenir les artistes (et/ou les labels) dans ces évolutions. TopSpin aide les artistes (et/ou labels) à mieux communiquer avec leurs fans et à monétiser. Et on constate que quand c’est bien fait, les gens achètent. Par exemple, un artiste travaillé par TopSpin voit le panier moyen de ses fans atteindre les 100 $, et plusieurs artistes ont un panier moyen de fans à 50 $.

Dire que les gens ne veulent que la gratuité n’est pas corroboré par ces exemples. Dans l’ensemble les artistes utilisant TopSpin ont panier moyen d’achat par les fans à 20 $ …donc plus que le prix d’achat d’un CD.

Et, bien sûr, les labels ont un rôle à jouer. Il s’agit d’un business model pour les artistes et pour les labels. Le futur est le direct to fans. Et ce futur est le même pour les labels.

D’ailleurs, certains labels comme Universal Motown indique que les artistes qui ne comprennent la nécessité et la responsabilité de communiquer avec leurs fans ne sont probablement pas des artistes qu’ils signeront:

There may be some indie hipper-than-thou artists who want to let the music speak for itself, they are probably not for us. We believe an artist has a responsibility to communicate with their audience…We embrace the world of technology and the vast improvements in communication.

Cameo Carlson, executive vice president at Universal Motown Republic Group.

Dans ces domaines, Universal Music vient d’ailleurs de finaliser un partenariat avec Mozes et Big Champagne et Warner Music avec Cisco. Certains gros artistes majors n’ont pas attendu ces partenariats pour se lancer dans le direct to fan. Mariah Carey, Lady Gaga, Prince ou Bowie l’utilisent depuis longtemps.

Un album de remix fait par des fans

Terry McBride est le patron de Nettwerk, un label canadien qui utilise ces business models avec beaucoup d’artistes différents. Il a déclaré que le droit d’auteur ne voudrait plus rien dire d’ici une décennie, et qu’il essaie donc d’agir en conséquence. Son objectif prioritaire est de s’assurer que chaque action lui permet de réellement communiquer avec les fans de ses artistes.

Avant la sortie l’album de l’artiste K-OS (Hip hop), ils avaient lancé sur internet toutes les pistes de l’album, permettant aux fans de faire leur propre mix. Ce n’était même pas un remix car les titres n’avaient même pas encore été mixés.

Plutôt que de s’angoisser à cause des fuites éventuelles sur l’album, ils ont préféré laisser les fans faire ce qu’ils voulaient des titres, sans s’en inquiéter. Ils ont proposé ensuite aux fans de mettre leurs mix sur un site, de voter et les meilleurs mix ont été mis sur un album. L’album pro et l’album fan ont été lancés en même temps.

De nombreux fans ont achetés les deux albums qui se sont retrouvés en même temps dans le top 50.

Il faut donc arrêter la nostalgie du « avant c’était le bon temps » pour se concentrer véritablement à développer ces business models. Ce marketing n’a rien de nouveau. Il s’agit simplement d’un retour aux racines. L’artiste qui va s’adresser directement à ses fans. Et Internet permet maintenant de le faire rapidement, facilement et mondialement…Je ne dis pas que le marketing direct to fan est la seule olution. Je pense simplement qu’il s’agit d’une des solutions, parmi d’autres, à ne pas négliger.

Le connect to fans: un retour aux sources

D’ailleurs dans le milieu des années 1970, le groupe folk canadien “Stringband” réunissaient les noms et adresses de ses fans à chaque concert et leur envoyaient des cartes postales pour les informer des concerts, des fêtes, nouveaux albums….Pour leur 3ème album (1977), ils ont demandé à leurs fans de les aider (10 $ ou 15 $). Ceux qui les aidaient étaient invités à faire les chœurs en studio avec le groupe pour compléter l’album, et l’album a été appelé «Merci aux personnes suivantes….” avec les noms des centaines de gens qui les avaient aidés imprimé sur la pochette du disque, et quelques centaines d’autres sur la page d’insert … le disque a été envoyé à chaque donateur (frais de port avait été payé avec les dons).

Donc cette formule du CwF + RtB peut être valable n’importe quand.

Encore une fois, toutes les campagnes marketing sont différentes, et doivent être pensées en vue d’améliorer les forces et opportunités de chaque artiste. Les outils vont également continuer à évoluer mais le principe de déterminer ses objectifs principaux (« Je veux que mon widget soit sur 100 sites cette année » ou « 50 000 visiteurs uniques ce mois ci » ou que « mon titre soit écouté 10 000 fois » ou que » j’arrive à collecter 5000 emails de fans » ou que « le panier moyen d’achat de mes fans soit de 30 € sur mon site ») et de travailler à développer sa fanbase pour les atteindre ne changera pas. Nous n’en sommes qu’au démarrage du direct to fan.

Des maisons de disques aux maisons de musique

Le rôle des maisons de disques doit également évoluer. Son rôle de base, indispensable, ne changera pas, en facilitant la commercialisation et la distribution des artistes. Imaginons maintenant que les maisons de disques deviennent des maisons de musique, vendent des gammes de produits beaucoup larges que des CD, permettent aux artistes de proposer des packages à valeur ajouté et donnent également une chance réelle à la distribution digitale en comprenant qu’Internet n’est pas qu’une plateforme de distribution, mais un moyen réel de diffusion et de monétisation.

Imaginons également qu’elles comprennent pleinement le rôle du consommateur, améliorent sa connaissance et son suivi (un consommateur n’est pas seulement un acheteur ou un pirate).

Imaginons qu’elles utilisent un music marketing créatif, utilisant les nouvelles technologies, nouveaux outils et réseaux sociaux, mixant la musique,graphisme, social, communautaire et recommandation….

Plus que jamais, la musique est et doit rester une expérience et non un produit…

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CBR Musique Hérault - dans Music Business
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 10:08

Vu sur Discobloguons :


Le secteur culturel a ceci d'utile qu'il constitue une cible toute désignée lorsqu'il s'agit de réaliser des économies en période de crise, et les hausses locales des statistiques de prêt constituent un bouclier bien dérisoire pour contrarier ce phénomène. Les budgets d'acquisition étant déjà annuellement revus à la baisse, c'est désormais au tour des animations de contribuer à l'effort de guerre par le biais de ratios coût / fréquentation à respecter en guise d'objectifs.

Soucieux du devoir d'obéissance propre à tout fonctionnaire et tout à fait décidé à être bien considéré par les instances dirigeantes, je propose ici quelques suggestions destinées à rendre enfin les médiathèques "rentables" afin de les intégrer au mieux dans la vie économique de notre société. Pour ce faire le modèle des compagnies aériennes dites "low-coast" parait tout indiqué. Il convient ainsi, contrairement aux usages, de maintenir les tarifs d'inscription au plus bas niveau possible afin d'en faire un produit d'appel pour la clientèle. Attirée par ce critère ainsi mis en avant, elle sera mieux disposée à accepter la création de nombreuses surtaxes.

Toute action répondant à une demande particulière doit ainsi faire l'objet d'une tarification supplémentaire, telle qu'elle se pratique déjà partiellement dans certains lieux (ex : bibliothèques de Montréal). Le tarif  psychologique d'un euro par acte sera d'autant mieux accepté que l'on fera miroiter une meilleure satisfaction de la demande par le biais de la sélection financière. Seront ainsi considérés comme payants tous les services ne relevant pas du prêt, à savoir :

    * les réservations de documents
    * les suggestions d'acquisition, dès lors que celles-ci auront été exaucées
    * les prolongations de prêt
    * le prêt de documents au delà du strict quota de base [forfait de 15€ par kg supplémentaire]
    * le prêt de documents en absence de carte d'abonné et sur présentation d'une pièce d'identité
    * les demandes de renseignements et recherches particulières [grille de tarification à élaborer en fonction du temps consacré par le professionel]
    * l'accès aux services en ligne
    * l'utilisation des places assises
    * tout service non mentionné susceptible d'être développé à court, moyen et long terme


Financièrement votre,



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CBR Musique Hérault - dans Notre métier
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 09:44

Vu sur Numerama :


Le dernier rapport de l'IFPI note une progression du marché de la musique dans plusieurs pays clés, comme la Suède ou le Royaume-Uni. Cependant, si l'organisme en charge de défendre les droits des maisons de disque affirme que le durcissement législatif est à l'origine de ce "retour à la croissance", il oublie de mentionner d'autres facteurs, comme le développement des offres légales alternatives et de la montée en puissance des autres moyens de piratage.

 

 

 Comme chaque année, l'IFPI a publié son rapport sur l'état de l'industrie du disque à travers le monde. Et comme à chaque fois, l'organisme chargé de préserver les droits des maisons de disques a cherché à saisir les raisons qui, selon lui, affecte depuis plusieurs années ce marché. Cependant, la dernière publication de l'International Federation of the Phonographic Industry sur ce sujet tranche sensiblement avec les précédents rapports.

Et pour cause. Selon les conclusions de l'IFPI, pas moins de treize pays ont enregistré un "retour à la croissance" dans le secteur musical. Cela concerne des pays aussi divers que l'Australie, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique, le Royaume-Uni ou encore la Suède. Une situation évidemment vue avec plaisir des ayants droit, qui estiment que c'est bien le durcissement législatif qui a permis le retour des consommateurs.

"Les marchés de la Corée du Sud et de la Suède en particulier sont marqués par un fort retour à la croissance, montrant ainsi qu'un renforcement de l'environnement juridique peut aider favorablement les ventes légales de musique" note l'IFPI sur son site web. Deux exemples que l'organisme n'a pas choisi par hasard. En effet, ces deux pays ont par le passé fait passer des lois anti-piratage particulièrement draconiennes.

 

La Suède par exemple a transposé l'année dernière une directive européenne sur le renforcement des droits de propriété intellectuelle (IPRED pour Intellectuel Property Rights Enforcement Directive). Celle-ci donne de nouveaux moyens aux ayants droit, en leur permettant d'exiger certaines informations personnelles sur les individus suspectés d'enfreindre le droit d'auteur afin de les poursuivre à travers le système judiciaire.

Le durcissement de la politique anti-piratage en Suède s'était également manifesté à travers le procès contre les administrateurs de The Pirate Bay. On se souvient des lourdes peines prononcées en première instance, puisque les quatre accusés avaient été condamnés à un an d'emprisonnement et trois millions d'euros de dommages et intérêts. Le motif était clair : ils avaient fourni illégalement un service de recherche de contenus contrefaits.

À l'inverse, l'IFPI a souligné que les pays qui n'ont pas "mis à jour" leur droit national ont continué d'enregistrer une baisse des ventes dans le secteur de la musique. C'est le cas de l'Espagne et du Canada, deux pays souvent présentés comme particulièrement laxistes en matière de protection des droits, et ayant une tendance trop marquée à protéger les droits des internautes, même lorsqu'ils s'adonnent à du piratage.

 

Comme nous l'avions expliqué auparavant, l'Espagne n'est pas vraiment le chantre de la lutte anti-piratage. La situation est telle que des ayants droit locaux ont menacé de poursuivre le gouvernement pour négligence. Une forme de jurisprudence s'est également installée, puisque de nombreuses décisions de justice ont été favorables aux internautes, comme le jugement d'un magistrat espagnol légalisant le partage via P2P ou encore l'opposition des opérateurs téléphoniques et de certaines personnalités politiques espagnoles et européennes au principe de la riposte graduée. Sans parler du projet gouvernemental de  faire de l'accès à Internet en haut-débit un droit, histoire de couronner le tout.

 

Cependant, l'IFPI s'est bien gardé de présenter les choses ainsi. L'organisation a plutôt décrit ces pays comme n'étant pas alignés sur les "standards internationaux". Un clin d'oeil involontaire au projet de traité international ACTA ? Depuis la publication de la version consolidée du texte (notamment la section concernant Internet), les choses se sont accélérées pour installer l'accord commercial anti-contrefaçon dans les législations nationales. Il est prévu qu'un texte final soit signé par les négociateurs dès cette année, et qu'il soit présenté à la Commission Européenne et au Conseil européen fin 2010, pour une ratification courant 2011.

Cependant, l'étude de l'IFPI est encore une fois à sens unique. Certes, il n'est pas impossible que les modifications législatives aient entrainé une relance de la consommation de la musique dans certains pays. Cependant, ce retour à la croissance ne peut pas être que le fait uniquement d'un durcissement législatif. Preuve en est, de nouveaux modèles sont apparus ces dernières années, comme Spotify en Suède ou Deezer et Jiwa en France.

Spotify, par exemple, repose sur un modèle économique très spécifique, puisqu'il s'agit du freemium. Concrètement, il propose à la fois un accès gratuit à un service et une offre payante (à 9,99 euros par mois) pour bénéficier de fonctionnalités et avantages supplémentaires (mode hors-ligne, meilleure qualité d'écoute, fonctionnalités pour téléphone portable, absence de publicités sonores...).

Si le modèle économique reste fragile, il n'en demeure pas moins qu'un accès gratuit, légal, de qualité et soutenu par les ayants droit est la meilleure façon d'inciter les internautes à se tourner à nouveau vers des solutions légales. Pour Spotify, le pari est réussi, même s'il cherche à convertir encore plus d'utilisateurs (7 millions à ce jour) en abonnés (320 000 à l'heure actuelle), pour assurer sa pérennité.

 

De plus, l'IFPI semble omettre que si les législations deviennent plus dures, cela ne signifie pas pour autant que le piratage se casse la figure. L'année dernière, pour prendre à nouveau l'exemple de la Suède, l'IPRED avait entrainé une chute d'environ un tiers du traffic global d'Internet en Suède dès le lendemain de l'entrée en vigueur de la loi. Cependant, cette baisse ne dura qu'un temps puisque le trafic a rapidement retrouvé son cours normal.

Ce durcissement a entrainé des conséquences collatérales néfastes pour l'IFPI et les ayants droit en général, puisque cette loi a accéléré le succès du Parti Pirate aux élections législatives européennes. Les internautes suédois n'ont rapidement plus eu peur de la loi, dont ils contestent la légitimité sociale, et ont adopté massivement des techniques alternatives de téléchargement, notamment en payant des abonnements à des VPN qui les mettent à l'abri des chasseurs d'adresses IP.

 

Certes, plusieurs études et sources ont mis en avant que le partage de fichiers a sensiblement augmenté, tantôt que la consommation légale de musique ou de vidéos a elle-aussi sensiblement augmenté. Mais à quel prix ? Tout ce que pouvait dès lors faire l'IFPI, c'est d'applaudir des deux mains l'augmentation de 10 % des ventes de musique en Suède en 2009. Et ce constat peut se voir dans d'autres pays, comme la France.

Début mars, nous évoquions une étude conjointe du laboratoire M@rsoin et de l'université de Rennes, qui affirmait que le piratage avait augmenté significativement suite à la promulgation de la loi Hadopi. Selon les conclusions des chercheurs, le nombre des utilisateurs des techniques de piratage ignorées par l'Hadopi a nettement progressé, délaissant les réseaux peer-to-peer classiques.



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