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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 18:02

Vu sur Libération.fr :

 

Le premier album de Fool’s Gold corrobore une tendance nette : l’intégration de la recréation musicale africaine des années 60-70 - et, dans une moindre mesure, sud-américaine et orientale -, à la culture pop et rock occidentale, via des labels dédiés à la réédition de catalogues négligés.

 

La liste des artistes touchés par le virus est copieuse : les récents disques de Local Natives, The Whitefield Brothers, Vampire Weekend, Oh No et Four Tet (cf. le mix Much Love to the Plastic People) ; auparavant, The EX, le Tigre des platanes, Dengue Fever… Autant de musiciens qui se sont nourris à leur façon - via le Net - du travail patient de quelques maisons de disques.

 

On citera pour l’Afrique la collection des Ethiopiques, Syllart ou Soundway, qui ont remis un peu de fun dans ce qu’on n’appelle plus les musiques du monde et fait oublier l’austère collection Ocora, à la démarche ethnomusicologique. On y ajoutera Soul Jazz, relais des dialogues entre musiques urbaines, voire Finderskeepers, qui se consacre au psychédélisme turc et dernièrement iranien ou pakistanais.

 

Autour, on trouve aujourd’hui une nuée de rééditions plus ou moins bien faites et honnêtes (notamment sur la rétribution des ayants droit), preuve que ce marché de niche attire, même si on n’y parlera jamais de ventes impressionnantes. «Les best-sellers de la série des Ethiopiques, cela représente 30 000 exemplaires en dix ans, tempère ainsi Francis Falceto, qui compile la série modèle depuis 1997. Mais j’entends ces groupes, de plus en plus nombreux à écouter nos sorties, et je pense qu’il s’agit d’une deuxième vague world. La première [dans les années 80, ndlr] marquait un épuisement de l’imaginaire musical occidental.» Les producteurs avaient alors plaqué leurs techniques sur les musiques du monde. «Aujourd’hui, c’est le contraire, ceux qui s’y intéressent sont avant tout des auditeurs.»


Chacun de ces labels garde jalousement ses sources secrètes. Chez Soundway, Miles Cleret fait office de gourou maniaque et contrôle tout, du travail sur le terrain au nettoyage numérique des vinyles. Il dispose surtout d’amis précieux parmi les «crate diggers», une communauté taiseuse de collectionneurs de disques rares, qui ont notamment fait de l’Afrique leur terrain de jeu.

L’une des rares figures affables du genre est Frank Gossner, qui raconte ses expéditions depuis cinq ans sur le blog Voodoofunk : les petites annonces passées dans les journaux, son «réseau d’acheteurs locaux» Notamment au Ghana et au Nigeria, où une mini-industrie s’est vite constituée autour de ces disques oubliés devenus tout à coup précieux pour le monde riche (les rééditions sont peu ou pas disponibles sur place, le marché noir ayant plombé les tentatives de distribution), mais qui déjà s’épuisent. Car la caution «exotique» de ces sonorités ne doit pas l’emporter sur leur intérêt musical…

 

SOPHIAN FANEN

 


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CBR Musique Hérault - dans Discographies
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