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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:30

Vu sur Lirographe

 

Etre chargé des acquisitions en CD et DVD de musique classique peut avoir de quoi intimider. Choix des œuvres, des interprétations, variété des styles, des époques, des effectifs : le domaine est particulièrement complexe pour qui en est peu familier. Sans prétendre à l’exhaustivité, je profite ici de la demande d’une collègue pour partager quelques outils pouvant aider les discothécaires responsables du rayon classique. Avec l’espoir que, au-delà de la problématique du classique, les outils et les méthodes évoqués pourront être transposés à d’autres genres musicaux.
Afin que ces pistes soient aussi universelles que possible, je n’évoquerai pas les fonctionnalités  de veille proposées sur les sites des fournisseurs de bibliothèques (GAM Annecy, CVS, CD-Mail…). 

1 – Suivre l’actualité discographique
Pour cela, l’agrégateur de flux rss est le meilleur ami de l’acquéreur : les sites de vente en ligne sont les premières ressources à utiliser (voir les fils rss de Qobuz, ou de la fnac). L’installation d’un plugin LibX, dûment paramétré, dans son navigateur Firefox permet de vérifier en un clic les titres d’un musicien déjà présents dans le catalogue de la bibliothèque.
La veille sur les labels, au risque d’être redondante, peut avoir son utilité en cas d’acquisitions spécialisées dans un domaine précis (production locale, etc.). Voir, à titre d’exemple, les fils rss de Naïve Records ou d’Abeille musique.
En complément, si vous êtes utilisateur de LastFm et que vous “scrobblez” depuis suffisamment longtemps, la rubrique “Nouvelles parutions recommandées” peut attirer votre attention sur certains disques récents.
Autre utilisation intéressante des médias sociaux : l’abonnement au compte de certains critiques de disques sur Spotify. Dans le domaine du classique, ils sont encore rares (je pense notamment à Alex Ross, le critique du New-Yorker), mais l’usage semble commencer à se répandre pour la pop (sélections de RollingStone, du Guardian). L’avantage est, pour l’acquéreur pressé, d’avoir une première sélection des “must have” parus récemment, et de pouvoir les écouter aussitôt.

2 – Ecouter
L’une des spécificités du discothécaire est qu’il a tout intérêt à associer autant que possible sa veille sur les nouveautés avec des sites d’écoute. La pratique révèle que les sites de streaming les plus riches dans le domaine du classique sont MusicMe (les nouveautés) et Spotify. C’est d’ailleurs confirmé par l’étude comparative méthodique réalisée par certains collègues discothécaires. Ce sont aussi les sites de streaming les moins mal indexés (toujours le point faible des offres de streaming, pour la musique classique). Spotify ne permet pas de restreindre les nouveautés par genre. A défaut, on peut toujours établir des passerelles entre les pages de nouveautés vues plus haut (fils rss, sites marchands…) et votre site d’écoute en streaming, par exemple avec ce plugin Firefox qui ajoute la recherche sur Spotify dans le menu contextuel du navigateur.
Le média social Soundcloud permet également la veille sur certains labels (Deutsche Grammophon…)
Les outils d’écoute en ligne sont avant tout une formidable source de découverte, car la musique classique est, par excellence, le domaine où l’on découvre sans cesse des choses qui ne relèvent pas de l’actualité (mais après tout, la curiosité est la qualité première d’un bon acquéreur, quel que soit son domaine). Introduisez la sérendipité dans votre pratique d’écoute par l’abonnement à des chaînes Youtube spécialisées, l’écoute de webradios (des logiciels permettent même l’enregistrement voire la programmation), et bien sûr les réseaux sociaux (exemple d’une liste d’utilisateurs à suivre sur Twitter). Le sujet de l’écoute en ligne pour la musique classique est vaste et mérite un traitement en soi.

3 – Lire les critiques
Magazines papier et leurs version en ligne : Diapason, Classica (qui propose également des chroniques de jazz), Télérama…
Sites internet spécialisés : ResMusica, ClassiqueNews, ClassiqueInfo, AltaMusica, Crescendo, etc.
Blogs : dans le domaine francophone, on trouve plusieurs blogs consacrés aux spectacles et aux concerts (parisiens, essentiellement) ; en revanche, les blogs exclusivement consacrés aux parutions discographiques en musique classique sont plutôt rares : une sélection au milieu de cette page.
Les podcasts d’émissions sur les parutions : Changez de disque sur France musique, Le Journal du classique sur Radio classique (inscription sur le site nécessaire mais gratuite)
Enfin, le moteur de recherche de chroniques musicales réalisé par Nicolas Blondeau est à mentionner, même s’il est surtout utile pour les autres genres musicaux.

4 – Sélectionner / vérifier les références
Identifier les œuvres majeures d’un compositeur : pas de solution unique mais le croisement de plusieurs sources. Livres à conserver sur son étagère : le vieux Dictionnaire de la musique de Roland de Candé, les 1001 oeuvres classiques qu’il faut avoir écoutées dans sa vie (Flammarion), et dans le domaine de la musique du XXème siècle, le Jean-Noël von Der Weid et le récent The rest is noise d’Alex Ross.
En ligne, même le très riche Allmusic.com, dans le domaine anglophone, propose un classement des “Highlights” de l’œuvre de chaque compositeur, sur des critères parfois curieux. On peut aussi trouver dans les “best of” très subjectifs de certains blogueurs matière à enrichir son fonds.
Dans le domaine de la musique contemporaine, les notices de la base BRAHMS de l’Ircam (onglet Parcours thématique) sont souvent d’une aide précieuse pour se repérer dans l’œuvre d’un compositeur.

Pour sélectionner une ou plusieurs interprétations d’une œuvre, il est encore bon de croiser différentes sources : les dossiers de Diapason proposent une discothèques idéale (subjective) par compositeur (hélas non disponibles en ligne). Les monographies de l’ancienne collection “Microcosme Solfèges”, rééditée en partie par le Seuil, comportent un cahier discographique dans les dernières pages.
Pour comparer les interprétations d’une œuvre, voir aussi quelques bonnes ressources en ligne, malgré un catalogue encore limité.
Il est aussi utile de consulter les écoutes en aveugle de Classica-Qobuz (le flux rss), et d’écouter les anciens podcasts. Dans le même registre, quelques émissions de radio peuvent guider au coup par coup : Le jardin des critiques sur France musique, par exemple.
En cas de doute, il reste enfin les forums, et bien sûr la possibilité, grâce aux outils de streaming comme Spotify ou MusicMe, de faire soi-même aisément des écoutes comparées.

Le propre de la veille est d’évoluer au gré de la vie des sites, de l’évolution des outils ; ce billet a donc une durée de vie limitée. Les commentaires sont là pour ceux qui souhaiteraient l’actualiser ou signaler leurs propres astuces et ressources.

 

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