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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 09:24
Vu dans Qobuz.com :

Depuis février 2008, un ancien disquaire de Pittsburg essaye de vendre, sans succès, sa discothèque composée de plus de trois millions de pièces !

Dans son édition du 25 août, Le Monde, sous la plume de Grégoire Sauvage et Sylvain Siclier, relate l’étonnante saga de la discothèque qui ne trouve guère d’acquéreur… L’affaire remonte à février 2008 raconte le quotidien : l’annonce de l’une des offres les plus importantes jamais réalisées sur eBay. Paul Mawhinney, alors âgé de 69 ans, cesse ses activités dans son magasin de disques Rama Records, à Pittsburgh, et liquide son stock. Soit des milliers de 78trs, plus de 1,5 million de 45trs, plus d’1 million de 33trs et 300.000 CD !!! Jazz, rhythm’n’blues, rock, comédies musicales, chansons de Noël, etc., le mélomane prétend qu’il s’agit là de la plus grande collection de disques au monde !

Conservée dans un hangar climatisé de 1.500 m², il l’estime, selon l’édition du 26 février 2008 du quotidien britannique The Guardian, à 25 millions de dollars. CD Now avait même fait une offre un peu supérieure avant la mise aux enchères, mais ce site de e-commerce a fait faillite. Le prix de départ n’est pourtant fixé sur eBay qu’à 3 millions de dollars, valeur des pièces qui pourraient être recherchées par des collectionneurs et non celle de l’ensemble du stock. Les enchères grimpent à 7 millions de dollars. Mais elles sont dues, toujours selon l’article du Monde, à un farceur qui a piraté le compte d’un internaute dans une bibliothèque…

Depuis, plus rien ou presque, poursuivent les deux journalistes du Monde. Il n’y a plus de fiche Mawhinney sur eBay et au début de l’été 2009, il a reçu une offre de 1 million de dollars pour les seuls 33trs. Sans résultat, à ce jour. Dans un court métrage réalisé par Sean Dunne, The Archive, l’ancien propriétaire de Rama Records explique qu’à défaut d’un acheteur privé il souhaiterait qu’une institution puisse acquérir et préserver ce patrimoine, constitué depuis l’achat, en 1951, de son premier disque, Jezebel de Frankie Laine. En 1968, la femme de Paul Mawhinney lui avait posé un ultimatum : « Soit les 160.000 disques que tu as dans le sous-sol quittent la maison, soit tu ouvres un magasin. » Ce sera Rama Records. Et Mawhinney va conserver au moins un exemplaire de chaque disque qu’il met en vente.

L’article du Monde précise que du côté des institutions, l’une des plus prestigieuses aux Etats-Unis, la Bibliothèque du Congrès, a fait part de son intérêt pour une partie des pièces. « Il possède des disques très spéciaux et de grande valeur, explique Samuel Brylawski, qui dirigea pendant trente ans la section des documents sonores. Mais ce qui intéresse en priorité la Bibliothèque, c’est le son. Paul Mawhinney n’est pas qu’un collectionneur, il fut un marchand de disques, qui possédait cinq à dix copies de chaque disque. Or, la Bibliothèque n’a pas besoin d’autant d’exemplaires d’un même disque. » Car Paul Mawhinney n’en démord pas, l’ensemble ne doit pas être dispersé entre plusieurs acquéreurs. Crise oblige, la réduction des crédits de la Bibliothèque a de toute manière mis fin aux négociations…

Fierté de Mawhinney, « selon une étude menée par la Bibliothèque du Congrès, 83% de mes disques sortis entre 1948 et 1966 sont aujourd’hui introuvables en CD ». Mais conclut Le Monde, il n’envisage pas pour autant de préserver « l’œuvre d’une vie » en l’encodant en fichiers MP3. « Ce son compressé ne pourra jamais être équivalent à celui du vinyle. »


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CBR Musique Hérault - dans Music Business
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